LenvoldupapillonAlice Howland, à peine cinquantenaire, est une brillante professeure de psychologie à l’université d’Harvard. Son métier l’amène à donner des cours sur le campus, de mener des recherches, de publier des articles et de donner de nombreuses conférences à travers les Etats-Unis et même parfois à l’étranger. Le couple qu’elle forme avec son mari John, travaillant lui aussi comme chercheur dans le domaine médical, a trouvé une certaine routine depuis que leurs trois enfants, Anna, Tom et Lydia ont quitté la maison pour vivre leur vie. Mais lors d’une conférence à Los Angeles, elle oublie un mot qui lui est pourtant familier. Et quand elle arrive chez Lydia, qui essaie de percer comme comédienne, elle a plusieurs heures d’avance, même si elle est convaincue d’avoir donné la bonne heure d’arrivée à sa fille. Mettant ces petites erreurs sur le compte du surmenage, Alice se rend néanmoins compte qu’au fil des jours, les trous de mémoire ne disparaissent pas. Au contraire, ils semblent même augmenter et elle décide de consulter son médecin sans en parler à personne. Après de nombreux examens et beaucoup d’angoisse, elle apprend qu’elle est atteinte précocement de la maladie d’Alzheimer …

Ce livre trainait dans ma PAL depuis un certain temps, quand j’en avais entendu parler lors d’un de mes clubs lecture. Et comme les choses finissent par bien s’enchainer, il a été choisi comme un des titres à lire dans le cadre du club de lecture de mon village (d’accord, je fais partie de celles qui choisissent les titres à lire mais ce n’est pas moi qui l’ai proposé !). J’ai hésité entre la version originale en anglais et la traduction française et j’ai finalement opté pour cette dernière, ayant un peu peur des termes médicaux en anglais (quoi que cela ne m’a jamais gênée pour regarder des séries médicales). Finalement, je pense que j’aurais pu opter pour le lire en anglais car l’auteure n’a jamais été trop technique ou scientifique dans ses descriptions. On sait donc dès le départ qu’Alice est malade mais elle ne le sait pas et on va suivre son cheminement au début des premiers symptômes qui passent inaperçus car ils peuvent arriver dans la vie courante de tout le monde : qui n’a pas cherché une fois un mot qui ne lui revenait pas, qui n’a pas oublié où il avait posé ses affaires. D’ailleurs, l’auteure joue tout de suite le jeu en faisant chercher ses clés à John, qui ne sait ce qu’il en a fait alors qu’il n’est pas malade. On voit peu à peu comment les choses évoluent, comment le doute s’installe, le déni et la peur de savoir qui font qu’Alice n’en parle à personne tant qu’elle n’y sera pas obligée. On voit ses petites stratégies pour organiser sa vie de façon à contrer ses pertes de mémoire, à ne rien oublier : des listes de taches, son précieux téléphone et ses rappels organisés à heure fixe mais tout ça n’empêche malheureusement l’évolution de la maladie. Celle-ci est d’autant plus terrible qu’elle touche une femme particulièrement intelligente, qui avait une excellente mémoire et dont la vie s’articulait énormément autour d’activités intellectuelles. Pour elle qui étudiait le langage et ses liens avec le comportement humain, c’est un cauchemar de perdre le moyen de communiquer avec les autres de façon sensée. J’ai trouvé qu’il était facile de se mettre à la place d’Alice car l’écriture est fluide et les personnages bien décrits. J’ai fait les tests de mémoire en même temps qu’elle (histoire de se rassurer car l’histoire est quand même un peu effrayante), j’ai essayé de penser à des techniques pour améliorer encore plus la vie quotidienne, j’ai pesté contre son mari John, qui ne s’est pas amélioré au fil des pages et j’ai apprécié la relation qui se consolide entre Alice et ses enfants. Malgré un sujet grave et quelques forts moments d’émotion, j’ai quand même trouvé cette lecture positive car elle est sans pathos et essaie de montrer que certaines choses restent malgré la maladie (d’où le titre en anglais, Still Alice, que je préfère largement au titre français). En tout cas, je trouve que c’est une lecture utile, qu’on soit confronté ou non à cette maladie car elle peut aider à mieux comprendre les malades et leur entourage.