CommunityCharles Cookers est en plein divorce et vend son restaurant situé sur l’île de la Réunion quand on lui offre un emploi inattendu, suite à l’accident d’un ami. En remplacement de ce dernier bloqué au lit par une triple fracture, il doit travailler comme cuisinier pour une base scientifique située sur la petite île australe de New Aberdeen. Bien qu’il soit d’origine néo-zélandaise, l’équipe française va vite l’adopter car il est impossible de trouver un autre cuisinier en moins de quinze jours, surtout qu’il s’agit d’une mission d’un an. Cookers, sans véritables attaches, accepte et le voilà parti en compagnie de sept hommes et deux femmes pour le petit bout de terre isolé. Sur le bateau, ils font connaissance les uns des autres et tous son impatients de passer les prochains douze mois en totale isolation, à étudier la faune et la flore de l’île. Mais l’aventure va dépasser tout ce à quoi ils peuvent s’attendre et le séjour va devenir une question de survie et non une question d’étude …

Tout ce qui se passe en Antarctique ou dans les îles australes proches me passionne à cause de l’isolement et des conditions de vie (l’Arctique aussi m’intéresse !) alors quand j’ai vu le sujet de ce roman, il a fallu que je le note et je l’ai finalement réservé à la médiathèque. Dans ce livre, on retrouve donc une équipe de scientifiques et de techniciens (plusieurs étant des anciens militaires) en partance pour l’île imaginaire de New Aberdeen. Ce lieu ressemble beaucoup à l’île Amsterdam où l’auteure a écrit ce roman et donc, on peut dire qu’elle était bien immergée dans le genre d’ambiance qu’elle décrit : les études scientifiques, les prélèvements, le baguage des animaux locaux et la vie quotidienne d’une base isolée, elle connaît donc bien pour l’avoir vécu et avoir aussi fait des recherches sur les sujets scientifiques qu’elle ne connaissait pas. L’ensemble est donc bien détaillé, bien mené et on s’y croirait vraiment. Cookers est le narrateur et est un peu un observateur extérieur des relations entre les différents « habitants » de la base car il s’implique peu émotionnellement et il ne fait pas partie des équipes scientifiques et ne « travaille » donc pas avec eux. Après la traversée sur le Baron Dufresne (clin d’œil au vrai navire), on voit l’installation, la découverte de la base et de l’île, on apprend le travail de chacun, comment tout le monde maintient le contact avec les familles et les amis restés en France et on voit s’installer la routine, illuminée par les conditions de vie exceptionnelles. Mais voilà qu’un grain de sable va venir enrayer cette belle machine et tout va devenir une question de survie dans un milieu isolé et peu accueillant. L’ambiance bascule donc et les relations humaines vont être mises à mal. C’est bien amené, avec une évolution progressive et le suspense reste entier jusqu’aux dernières pages (voire même après car on peut continuer à se poser des questions). J’ai trouvé logiques et humaines les réactions de chacun des protagonistes mais j’ai été étonnée de voir surgir ce fameux grain de sable relativement tard dans l’histoire alors que je trouve que le nouveau contexte se prêtait à d’excellents développements. J’aurais sûrement préféré qu’il arrive plus tôt pour mieux savourer « l’après » et voir certaines choses creusées encore plus en profondeur. Mais l’ensemble est original et se lit avec intérêt. On a envie de savoir ce qui va se passer, les descriptions des paysages sont superbes et la psychologie des personnages bien menée. Mais j’ai aimé aussi l’aspect post-apocalyptique (sans pour autant avoir une apocalypse) qui fait de ce roman une lecture susceptible de plaire à beaucoup.