JusteavantloubliFranck est infirmier aux urgences et adore son métier. Il est en couple depuis plusieurs années avec Emilie, une jeune femme en train de rédiger une thèse sur un auteur de romans policiers, Galwin Donnell, dont les romans désabusés ainsi que sa mort mystérieuse et prématurée en ont fait un auteur réputé et très étudié. Il faut dire que l’homme s’était isolé sur une île perdue, abandonnée et déserte des Hébrides après son divorce et qu’il avait la réputation d’être un véritable misanthrope. Depuis sa disparition, une chute d’une des falaises de l’île, le lieu était devenu un mémorial à sa gloire et tous les trois ans, une série de conférences sur l’auteur et son œuvre se tenaient sur l’île, attirant les spécialistes de Donnell. Cette année, c’est Emilie qui est en charge de l’organisation de ces journées d’études internationales. Après avoir passé trois mois sur l’île pour des recherches dans le cadre de sa thèse, Emilie va enfin revoir Franck qui doit la rejoindre sur place pour l’inauguration de l’événement. Ce dernier compte la demander en mariage et lui proposer de fonder une famille mais cette île battue par les vents, l’omniprésence du fantôme de Donnell, l’arrivée des participants aux conférences et la rencontre du gardien de l’île vont influer sur les plans de Franck …

Comme l’auteure vient à ma médiathèque mais aussi pour une lecture musicale dans une ville voisine, le thème d’un de mes clubs lecture a donc été ses romans. Je n’avais jamais rien lu d’elle bien que j’ai entendu souvent parler de ses livres et toujours en bien. Du coup, j’ai choisi ce titre en premier car je voulais quelque chose qui ne soit pas très long et que le thème de l’île isolée et de l’auteur culte disparu mystérieusement m’attiraient bien (je l’avais d’ailleurs noté à sa sortie … il y a déjà un bon moment !). L’histoire est racontée du point de vue de Franck, même si ce n’est pas lui le narrateur : c’est donc lui qu’on découvre en premier et on sent bien qu’il a une estime de lui-même assez limitée (il trouve son prénom nul par exemple et trouve qu’il a « déteint » sur son caractère). On apprend peu à peu des choses sur sa relation avec Emilie, sur l’histoire assez dramatique de l’île (imaginaire) de Mirhalay, sur le fameux écrivain Galwin Donnell qui, bien que décédé il y a de nombreuses années, est omniprésent et semble fasciner de nombreuses personnes. Il y a des extraits de son œuvre, des citations de journaux et d’interviews qui sont là pour batir ce personnage absent, comme s’il avait vraiment existé et tout le roman est construit de façon à faire douter le lecteur sur la réalité des choses. L’ambiance sauvage et désertique de l’île est particulièrement bien rendue et m’a beaucoup plu. Par contre, je dois dire que Franck m’a très vite agacée … quel boulet, ce type !!!! Il est bien gentil mais un peu trop mou et trop indécis pour me plaire. Du coup, je n’ai pas été surprise par les développements du récit. En même temps, Emilie ne m’a pas paru très sympathique non plus ! Elle est froide, communique assez peu et semble très éloignée de Franck (qui, s’il communique bien à son travail se voit totalement incapable de le faire dans son couple … il se pose beaucoup de questions, doute beaucoup mais est incapable d’agir). A partir du moment où les deux principaux protagonistes m’ont laissée froide, difficile de s’intéresser vraiment à leur devenir. L’histoire se relance un peu quand Franck fait la connaissance du gardien de l’île et quand les participants aux conférences arrivent. Mais malgré tout, cela reste assez lent et sans surprise. J’aurais aimé voir l’auteure égratigner plus les universaitaires et spécialistes, montrant la superficialité de certaines analyses mais si on sent qu’il y a un effort de ce côté-là, je n’ai pas trouvé la critique suffisament grinçante et mordante. Dans l’ensemble, tout m’a paru assez fade, trop gentil et prévisible et comme je n’avais pas d’atomes crochus avec aucun des personnages, je me suis plutôt ennuyée lors de cette lecture, qui me promettait pourtant un bon moment.

Les avis de Gambadou, George, Sandrine, Cuné.