Lecaravage1

Lecaravage2Tome 1 : La palette et l'épée
Tome 2 : La grâce

A la fin de l’été 1592, Michelange Merisi, dit Le Caravage, arrive à Rome. Il espère trouver une place comme apprenti dans l’atelier d’un peintre réputé mais à peine est-il rentré dans la ville que le jeune homme se bat pour protéger un mendiant. Il faut dire qu’il est épris de justice et ne supporte pas que des gens se fassent exploiter ou qu’on leur manque de respect mais il a aussi la colère facile. Alors, quand il sent agressé à la taverne où il est venu se restaurer, il fait la connaissance, un peu brutale, de prostituées et d’un groupe de jeunes hommes riches et sans gêne, qu’il prend en grippe. Hébergé provisoirement par un des apprentis du maitre Antiveduto Grammatica, il en profite pour laisser libre court à son art et se fait remarquer par son talent et son originalité …

J’ai relativement perdu l’habitude de lire des BD de format classique comme le sont les tomes de ce dyptique mais le tome 2 était listé pour mon club lecture spécial BD. Du coup, je ne pouvais pas me contenter de lire le deuxième volume sans lire le premier ! Et puis, j’aime bien les albums sur les peintres et sur l’art et comme c’est quand même Milo Manara, je savais que ça allait être de qualité. Effectivement, le graphisme est sublime : réaliste, précis, soigné, avec des personnages bien campés, des décors fabuleux et flirtant vaguement avec la vague gothique romantique (avec des ruines et autres ambiances un peu sombres). Les couleurs sont aussi très bien choisies, avec des tons en fonction des moments mais toujours doux. Quant à l’histoire, c’est celle du peintre Le Caravage, construite à partir des quelques informations historiques qui nous sont parvenues, mais aussi à partir de ses toiles dont on découvre la réalisation. On voit la conception qu’a le peintre de l’art et de la peinture mais on voit aussi ses relations avec son entourage et son caractère bouillant qui lui vaudra maints problèmes. Bien sûr, l’auteur a été obligé de « remplir » les blancs, d’imaginer certaines choses mais l’ensemble est très crédible et se lit très facilement. Le peintre n’est pas représenté comme un homme au caractère de cochon mais comme qulequ’un toujours prêt à aider les opprimés et qui ainsi, se crée des ennemis prêts à tout pour se débarrasser de lui … c’est peut-être là que j’ai eu un petit bémol ! Manara en fait donc une sorte de héros romantique et je ne suis pas sûre que cela a été forcément le cas. Par contre, j’ai beaucoup aimé les explications sur les compositions des tableaux, sur la conception de l’art et de son utilité, de la place de celui-ci dans la vie d’un peintre et dans la vie de la société de l’époque. Forcément, avec ce format classique, je trouve souvent que l’ensemble est trop court et jamais suffisamment creusé mais dans ce cas, l’essentiel est bien présent et Manara ne s’est pas contenté de faire une biographie du Caravage … il en a aussi profité pour nous plonger dans une époque riche en grands peintres tout en abordant les relations que les gens entretenaient avec la peinture de la Renaissance. C’est donc un moment de lecture éducatif et un régal pour les yeux !