PrendrerefugeDans le Berlin de nos jours, Karsten, célibataire, passe une soirée entre amis chez Elke, qui lui plait beaucoup. Il découvre dans sa bibliothèque un livre, « Prendre refuge », qui parle du bouddhisme. Cela fait écho au voyage de deux jeunes femmes en Afghanistan en 1939, où elles rencontrent un couple d’archéologues dans une vallée isolée où de nombreuses statues de Bouddha sont à flanc de montagne et où des niches pour les moines ont aussi été creusées. Mais lors d’une kermesse où Karsten tient un stand en compagnie d’Elke, il rencontre Neyla, une réfugiée syrienne à qui il va donner des cours d’allemand. Petit à petit, des liens forts se tissent entre eux, similaires à la relation naissante entre une des voyageuses et la femme de l’archéologue en Afghanistan …

J’avais beaucoup aimé les précédents albums de l’auteure dessinatrice libanaise Zeina Abirached, qui s’inspiraient souvent de sa vie et de sa propre expérience et qu’elle avait écrits seule. Cette fois, elle fait équipe avec l’écrivain français Mathias Enard pour raconter deux histoires d’amour qui, bien que se déroulant à des époques et des lieux différents, se font l’écho l’une de l’autre. J’ai retrouvé avec plaisir le style bien reconnaissable de Zeina Abirached, avec son noir et blanc franc et tranché, ses personnages typiques et sobres et des décors stylisés. Bon, j’ai eu un peu de mal à différencier les personnages féminins au départ car ils se ressemblent (mais c’est fait exprès dans certains cas pour accentuer le lien entre les deux récits). Donc, au niveau graphisme, je n’ai rien à redire : c’est parfait et il y a aussi beaucoup de poésie visuelle dans certaines scènes. Par contre, au niveau histoire, je n’ai vraiment pas accroché ! Tout d’abord, on plonge dans les deux récits sans aucune explication, on change d’époque et de lieu brusquement et sans vraie transition et les premières fois, c’est un peu perturbant … ensuite, on le sait et on s’y habitue. Mais je n’ai vraiment pas été convaincue par ces deux romances, qui m’ont paru plates, sans émotion et sans grand intérêt. Pourtant, l’une d’elle s’inspire du voyage de Annemarie Schwarzenbach et Ella Maillart qui est pourtant un témoignage important pour l’époque (deux femmes seules qui voyagent en Afghanistan en 1939, c’était plutôt rare). Mais non, rien à faire, je me suis ennuyée profondément en lisant l’album, c’est lent, très contemplatif, il ne se passe pas grand chose et avec la conclusion, cela n’a pas arrangé mon ressenti (quoi, tout ça pour ça ?!?). Il y a bien une tentative de montrer le déracinement des réfugiés, la difficulté de s’intégrer dans un nouveau pays, même avec l’aide des autres mais je n’ai ressenti aucune émotion. Cela ne me donne pas envie de lire les romans de Mathias Enard en tout cas ! Heureusement, cela reste vite lu mais c’est sûr que ce sera tout aussi vite oublié !

L'avis plus positif de Meséchappéeslivresques.