LatourneeG. H. Fretwell est un auteur anglais qui vient de publier un nouveau roman, « Sans K ». Sa renommée reste limitée et son éditeur l’envoie faire une tournée de dédicaces dans des librairies à travers le pays. Il quitte sa femme, qui ne semble pas bouleversée par son absence, muni d’un sac pour ses affaires personnelles et d’une valise où il a stocké plusieurs exemplaires de son livre. Mais dès son arrivée à la gare de son premier arrêt, un homme, se faisant passer pour un porteur, lui dérobe sa valise. Fretwell va porter plainte à la police puis rejoint la librairie où il doit signer son roman. Mais la foule ne se presse pas, peut-être à cause de la pluie, et il a donc l’occasion de discuter avec la jeune femme de la librairie, qui se fait une joie d’aller manger dans un restaurant couru dans la soirée, ayant reçu plus tôt une invitation inattendue. Mais le lendemain, alors qu’il est dans une autre librairie où sa séance de dédicaces n’a pas plus de succès, Fretwell reçoit la visite de deux policiers et apprend que la jeune librairie de la veille a disparu …

Avec mon résumé, on pourrait penser qu’il s’agit d’une histoire policière mais en fait, c’est bien plus que ça. En fait, je n’avais aucune idée du sujet mais en voyant sur cette couverture ce petit bonhomme tout seul au milieu de ces énormes piles de livres, je n’ai pas pu résister ! En plus, j’aime beaucoup ce que fait Andi Watson, même si j’ai été déçue par Points de chute alors que j’avais été charmée par Slow news day, Breakfast after noon et Ruptures. On retrouve ici son nouveau style graphique mais qui a encore évolué depuis Points de chute … ici, il n’y a plus que du noir et blanc, des traits simples, des personnages représentés de façon un peu naïve et des décors très anglais (des rues pluvieuses, de vieilles maisons, des librairies croulant sous les livres). C’est étonnant de voir que des visages aussi simplifiés peuvent montrer sans problème des sentiments. Si je n’avais été convaincue précédemment, cette fois, le dessin me convient plutôt bien et j’ai tout de suite été touchée par le personnage de Fretwell et sa face lunaire. Il paraît tellement gentil, tellement respectueux. Mais ce pauvre homme effacé n’a vraiment pas de chance : après le vol de sa valise, sa tournée de dédicaces ne marche pas du tout, les gens le traitent plus ou moins bien et son voyage est terni par des disparitions de femmes et l’enquête qui en découle. Même la météo semble lui mettre des bâtons dans les roues ! Le récit qui débute de façon classique va prendre un tour un peu étrange qui m’a vaguement rappelé le film Brazil … les choses tournent mal et les interprétations des choses peuvent pourrir la vie de quelqu’un d’innocent (ou pas ?). On se croirait plongé dans un cauchemar à part que c’est la réalité vécue par Fretwell et celui-ci reste pourtant toujours respectueux et essaie de rendre service à tout le monde. Au fil des pages, j’ai espèré voir les choses s’arranger pour cet auteur poissard et j’avais donc envie d’avancer dans l’histoire, de savoir ce qui allait se passer. Mais arrivée à la fin, je suis restée un peu perplexe : je n’ai pas trouvé la réponse à plusieurs de mes questions (à moins que je n’ai rien compris à l’histoire) et c’était un peu frustrant ! Mais l’attitude de Fretwell est très british et l’absurde est encore bien présent dans le dénouement donc ça compense un peu ma frustration. En tout cas, j’ai beaucoup aimé voyager à côté de ce charmant auteur anglais très gentleman.