ThekingmakersdaughterEn mai 1465, la jeune Anne Neville, fille du Comte de Warwick, que l’Histoire surnommera le Faiseur de Rois, assiste avec ses parents et sa sœur ainée Isabelle au sacre d’Elizabeth Woodville comme reine, épouse du roi de la maison d’York Edward IV. Anne connaît bien la famille du roi : son père est celui qui a œuvré pour l’arrivée d’Edward sur le trône en lieu et place du roi lancastre Henry VI et les jeunes frères d’Edward ont été élevés par Richard Neville, Comte de Warwick. Richard, le plus jeune des princes, était d’ailleurs le compagnon de jeu d’Anne. Mais l’arrivée de la famille Woodville, de petite noblesse, dans la sphère royale ne plait pas à Neville : le roi s’est marié sans son autorisation alors que Neville essayait de négocier un mariage de paix avec la famille royale française. Elizabeth, dans toute sa beauté blonde et froide, semble avoir envoûté Edward et très vite, de nombreux Woodville se retrouvent placés à des postes importants ou mariés avec des nobles de vieille souche et Warwick va entreprendre de contrer ce qu’il voit comme une invasion en tentant d’organiser le mariage de sa fille Isabelle avec George, le frère d’Edward, dans le but d’imposer ensuite George comme roi …

J’aime énormément les romans de Philippa Gregory et comme en plus, je suis une fan de Richard III, j’étais impatiente de découvrir la vie de son épouse Anne Neville dans ce roman faisant partie de la série Cousins’ war (La guerre des cousins), couvrant la guerre des Deux-Roses en se basant sur la vie et le point de vue des femmes importantes de cette période agitée. Hélas, ce titre m’a plutôt déçue ! Tout d’abord, les personnages n’apparaissent pas comme très sympathiques. Je n’ai jamais eu beaucoup d’atomes crochus avec le Comte de Warwick mais le peu que je savais de la vie d’Anne me la faisait paraître comme une victime et une jeune femme timide et très amoureuse de Richard. Dans le roman de Philippa Gregory, elle peut effectivement apparaître ainsi au départ mais elle finit par s’affirmer mais cela n’est pas à son avantage : elle m’a paru névrosée, obsédée par les possibles talents de sorcellerie d’Elizabeth Woodville, et surtout, elle est elle aussi non exempte d’ambition et c’est donc elle qui pousse un peu Richard à s’imposer comme roi à la mort d’Edward. D’accord, elle est effectivement amoureuse de Richard mais elle est aussi très éprise de son statut social ! Et puis, il y a énormément de rabâchage autour des possibles conspirations, le plus fomentées par Elizabeth Woodville que ça finit par en devenir risible. Sans oublier la mauvaise foi dont fait preuve Anne qui reproche aux Woodville leur attitude ambitieuse alors que sa propre famille faisait exactement la même chose, le père d’Anne rêvant de voir une de ses filles devenir reine et prêt à tout pour cela. Anne m’a donc souverainement agacée et j’avais presque honte de voir mon cher Richard marié à une telle femme ! Avec toutes les longueurs et le manque d’attachement de ma part envers les personnages, il m’a fallu plus de deux mois pour venir à bout de ce roman qui ne comporte même pas 500 pages … ce n’est jamais un bon signe mais c’est le premier de cette auteure qui me laisse cette impression de superficialité et de désintérêt donc cela ne m’empêchera pas d’en lire d’autres d’elle ! Mais ce n’est pas ce titre que je conseillerai à quiconque veut se lancer dans la Guerre des Deux-Roses vue par Philippa Gregory.

*Lu en anglais*
Titre français : La fille du Faiseur de Rois