BlackrabbithallHEARTS2

 

 

 

Lorna sillonne les petites routes de Cornouailles avec son fiancé Jon à la recherche de l’endroit parfait pour leur mariage. La jeune femme, professeur des écoles, habite Londres et se remet à peine de la perte soudaine de sa mère quelques mois auparavant. Les visites des propriétés dont elle a établi avant de partir sont presque terminées et le couple cherche désespéremment Pencraw Hall, qui n’est signalé nulle part. Mais après avoir été renseignés par un habitant du coin qu’il appelle le lieu Black Rabbit Hall, ils finissent par arriver au portail de la propriété et pour Lorna, qui recherche une vieille maison, c’est le coup de foudre malgré le mauvais état général des lieux. En 1968, Black Rabbit Hall était le lieu de vacances de la famille Alton. La mère, américaine, avait épousé un noble anglais désargenté et leurs quatre enfants, les jumeaux adolescents Toby et Amber, Barney, passionné de nature malgré ses six ans et la petite dernière, Kitty, adorent quitter Londres pour sillonner la lande et se baigner à Black Rabbit Hall. Mais cette année-là, suite à une blessure de la mère, les vacances de Pâques risquent d’être compromises. Mais pour toute la famille, cette bouffée d’oxygène est indispensable et le départ a lieu quand même. Mais un drame va bouleverser la vie de la famille Alton …

Je n’avais aucune attente particulière au sujet de ce roman, ayant évité de lire des critiques à son sujet et seule son histoire et le titre qui me plaisait bien m’avaient attirée. Je n’étais donc pas influencée par des références au Rebecca de Daphné du Maurier ou autres classiques. Dès le départ, on sait qu’il va être questions de secrets de famille et que les deux histoires traitées en parallèle sont forcément avoir des liens mais bon, c’est maintenant difficile de ne pas trouver d’histoire prévisible quand on lit beaucoup ! Si je n’ai pas été vraiment attachée à Lorna, que j’ai trouvée un peu trop bébête à mon goût, j’ai tout de suite eu de l’affection pour Amber, qui la narratrice d’un des fils narratifs. En plus, sa famille, un peu bohême, est aussi très sympathique et attachante et Black Rabbit Hall, que je n’avais aucune peine à imaginer caché dans les landes vu que j’ai visité la Cornouaille anglaise plus d’une fois, est tout à fait le genre de manoir qui me plait. Le lieu étant le point commun évident dès le départ entre les deux récits, on voit son évolution dans le temps mais on ignore ce qui s’est passé entre les deux époques. Et à l’époque actuelle, c’est une vieille dame au caractère assez acariâtre qui y vit seule en compagnie d’une jeune femme en charge de la gestion de la propriété. Autant dire que j’ai préféré l’époque de la fin des années 1960, même si des drames ont lieu. D’ailleurs, c’est peut-être cela qui m’a le plus touchée : la description de la perte et du deuil, des sentiments ressentis par ceux qui restent, m’ont particulièrement bouleversée par leur justesse (le fait que je venais de perdre un de mes chats, qui n’a bien sûr aucun rapport avec les pertes décrites dans le roman a sûrement contribué à ma réaction). L’alternance, quoi qu’irrégulière, des époques donne un rythme de lecture qui peut être perturbant pour certains (vu qu’il faut constamment se recaler sur un récit ou l’autre) mais qui pour moi a fait merveille et a accéléré ma lecture. Le style d’écriture est fluide, sans trop d’envolées poétiques mais avec quand même des touches imagées et émouvantes. En plus, je sortais d’une lecture assez pénible de part son écriture alors ce roman m’a paru une bouffée d’air frais. On se doute aisément des développements du récit et rien n’est vraiment surprenant mais j’ai été malgré tout emportée dans l’histoire, appréciant énormément Amber et détestant profondément Caroline (à vous de lire le livre si vous voulez découvrir ce personnage odieux). Ce roman, qui mélange romance et bons sentiments, parle de famille, d’amour, de secrets, de lieux qui marquent, de deuil, est pourtant loin de mes lectures habituelles, moi qui aime les thrillers bien animés et les polars sanglants et pourtant, j’ai adoré l’ambiance qui s’en dégage et j’ai passé un excellent moment de lecture, ralentissant mon rythme vers la fin tellement je ne voulais pas quitter Black Rabbit Hall !

*Lu en anglais*

Les avis de Niki et Thalie.