LatresseSmita vit avec son mari et sa fille Lalita dans le village de Badlapur, dans la province indienne d’Uttar Pradesh. Aujourd’hui est un grand jour car Lalita va enfin rentrer à l’école, chose impensable car Smita est une Dalit, une intouchable qui est cantonnée dans les plus basses tâches. Mais Smita a économisé pour donner une éducation à sa fille et lui permettre de sortir peut-être de cet engrenage infernal. Parallèlement, à Palerme, en Sicile, Giulia a vingt ans et aide son père dans l’entreprise familiale créée il y a presque cent ans. La jeune femme aime travailler les cheveux qui passent entre ses mains et c’est la seule enfant de la famille qui semble avoir ce don. Plus loin, de l’autre côté de l’Atlantique, à Montréal, au Québec, Sarah est une avocate brillante qui n’est pas souvent là pour ses enfants tellement son travail l’absorbe. Il faut dire qu’elle ne plaint pas les heures passées au bureau, seule garantie d’arriver au sommet du cabinet qui l’emploie mais la fatigue est pourtant omniprésente. Le destin de ces trois femmes seront pourtant liés par les circonstances …

J’ai essayé de ne pas trop en dire dans mon résumé mais vu que beaucoup d’émissions et d’articles ont parlé en détail de ce premier roman, je pense que beaucoup savent déjà de quoi il retourne. De mon côté, quand j’ai entendu le pitch de ce livre et vu son titre, j’ai vite su ce qu’il allait se passer et c’est pour ça que j’ai mis du temps à me décider à le lire. Mais il a été sélectionné comme lecture facile pour le club lecture de mon village donc ce fut l’occasion de m’y lancer. Donc pas de suspense ni de réelle surprise pour moi mais j’ai été quand même intéressée par les vies très différentes de ces trois femmes disséminées à travers le monde et qui seront pourtant liées. Les chapitres, assez courts, alternent les trois voix : Smita, Giulia et Sarah, faisant avancer peu à peu l’histoire. C’est vraiment facile à lire, prévisible mais cela n’enlève rien au plaisir de lecture (bon, cela aurait été un livre plus long, je ne suis pas sûre que j’aurais dit la même chose !). Ce qui m’a le moins intéressée, c’est le récit de Giulia, qui ressemble beaucoup à ce qu’on pourrait soi-même connaître et le plus intéressant, car le plus dépaysant malgré sa dureté, c’est l’histoire de Smita, qui est attachante. Quant à la vie de Sarah, elle pourrait faire rêver mais le personnage ne m’a pas paru sympathique et j’ai donc eu du mal à tisser des liens et à avoir de l’empathie. Et j’ai trouvé que le monde de Sarah est tout aussi effrayant et peu agréable que celui de Smita, pas de la même façon mais avec la même puissance de dégoût ! Au final, comme c’est vite lu, j’ai pu excuser la prévisibilité de l’histoire car c’est plus le voyage que la destination qui compte ici et cela a été un voyage intéressant, féministe et féminin, malgré quelques petites maladresses.

Les avis de Gambadou, Géraldine, Lecturissime, Choupynette, Brize, Stephie, Meséchappéeslivresques, AlexandraK, Sylire (audio), Sandrine (audio) et j'en oublie sûrement !