OurladyofdarknessFranz Westen, auteur de livres fantastiques, veuf et alcoolique répenti, vit dans un immeuble du début du XXème siècle à San Francisco. De sa fenêtre il peut voir la colline déserte de Corona Heights surmontée de son antenne télé gigantesque et est fascinée par le lieu où il observe parfois quelques sportifs passer ou des familles pique-niquer par beau temps. Mais il est surtout fasciné par l’œuvre d’un obscur auteur qui a écrit un essai sur la vie cachée des villes en 1890 et dont il a acheté un exemplaire en même temps qu’une sorte de journal intime écrit par ce qui semble être un contemporain de l’auteur et qui l’intrigue. Il décide alors d’aller à Corona Heights et une fois rendu sur place, il cherche à retrouver la fenêtre de son appartement à l’aide de jumelles. Mais quand il pense l’avoir trouvée, il découvre que l’appartement n’est pas vide et y voit un être étrange …

Ce qui m’a poussée vers ce court roman fantastique écrit en 1977 est la référence à un texte de Thomas de Quincey écrit en 1845, Suspiria de Profundis, qui a été utilisé dans différentes œuvres fantastiques, les plus connues étant la trilogie de films italiens de Dario Argento appelée La trilogie des enfers ou Les trois mères (Suspiria sorti en salles la même année que ce roman de Leiber, Inferno qui est mon préféré, et La troisième mère). Et comme j’ai revu récemment Suspiria en version restaurée, j’ai eu envie de me replonger dans cette atmosphère. Bon, sinon, pour faire plus classe, Baudelaire s’est aussi inspiré du texte de Thomas de Quincey dans son œuvre car les auteurs ont été beaucoup influencés par l’opium et son influence. Voilà pour la minute culturelle ! Pour revenir au roman de Fritz Leiber, je l’ai trouvé vraiment lent et assez peu passionnant. Son héros, Franz, malgré ses failles, n’est pas très attachant et on le suit dans sa recherche sur l’auteur du journal intime qu’il a acheté ainsi que sur l’origine de l’immeuble où il vit et la relation de Corona Heights dans des pratiques mystérieuses. Forcément, il me semble qu’on est nettement moins impressionnable que dans les années 1970 et je n’ai ni tremblé ni frémi une seule seconde lors de cette lecture. Eventuellement, j’aurais même pu rire de certains rebondissements tellement ils me paraissaient ridicules et la frayeur du héros totalement disproportionnée. Difficile donc de se replonger dans des romans d’horreur qui commencent à dater car les ficelles jouant sur la peur sont différentes à notre époque et pourtant, ce roman a parfois des aspects très modernes, mais trop brefs, dans sa vision des villes, de la pollution et des désastres écologiques ! Mais malgré quelques bonnes trouvailles, heureusement que c’était un roman assez court sinon j’aurais frôlé l’ennui profond !

*Lu en anglais*

Titre français : Notre-Dame des Ténèbres