LeloupGaspard est éleveur de moutons dans le massif des Ecrins. Il vit seul en compagnie de son chien Max, refuse de rejoindre la vallée pour l’hiver et surveille son troupeau lors de l’estive. Cette fois encore, un loup est là à rôder et Gaspard l’abat malgré l’interdiction de tuer cet animal protégé dans le parc national. Il découvre que c’est une louve qui avait un petit et celui-ci survit malgré la perte de sa mère. Les mois passent et le louveteau est devenu grand. Il n’a pas oublié celui qui a tué sa mère et Gaspard est toujours vigilant envers son troupeau mais le loup décide de frapper un grand coup, s’opposant ainsi à son ennemi juré …

Je ne savais pas trop comment résumer cette histoire car elle est très simple : c’est la confrontation de l’homme et de l’animal, d’abord Gaspard et la louve et ensuite Gaspard et le petit de la louve qui est devenu un mâle décidé et rusé. Je n’avais pas encore lu d’album de cet auteur (bien que je l’ai rencontré lors d’un salon BD) mais je sais qu’il est très attaché à ses montagnes et qu’un certain nombre de ses histoires se déroulent dans les Alpes qu’il connaît bien. Je m’attendais donc à de superbes planches de paysages de montagnes mais ce n’est finalement pas ce que j’ai découvert. Le trait est sobre et un pau anguleux, réaliste mais pas du tout dans le style photographique. Du coup, les décors restent simples mais ne m’ont pas paru grandioses. L’atmosphère montagnarde est bien rendue, la vie sauvage omniprésente et bien représentée mais le graphisme m’a paru un peu plat (pourtant, les animaux sont bien rendus et ressemblent à ce qu’ils doivent être). Les couleurs sont souvent froides, une partie de l’histoire se déroulant en hiver dans le froid et donc le bleu, le blanc, le vert et l’ocre sont majoritaires. Au final, le graphisme est agréable mais je m’attendais à autre chose (peut-être lorgnant du côté d’Emmanuel Lepage et ses aquarelles). Le récit est simple et l’idée de base d’opposer l’humain à la nature a été maintes fois exploitée mais cela reste intéressant à lire. Comme j’adore les animaux, je me suis tout de suite positionnée du côté du loup, outrée de voir Gaspard tirer froidement la louve. Forcément, après ça, cela allait être dur pour Gaspard de remonter dans mon estime et j’avoue que je n’ai pas été émue par ses péripéties … je ne tremblais que pour le loup ! La lutte entre Gaspard et le loup met au même niveau homme et animal et malgré mon positionnement purement émotionnel, j’ai apprécié la fin qui est réfléchie et bien amenée. L’homme et l’animal se sont enfin retrouvés élevés tous les deux à un niveau supérieur qui rachète toutes les fautes d’un côté comme de l’autre. Cela ressemble presque à une fable !