ProtocolegouvernanteDans une banlieue cossue d’une ville de province, une jeune femme se présente à la porte d’un pavillon où habite un couple et ses deux enfants, un adolescent souvent absent et une petite fille. Elle sera en charge de s’occuper de cette enfant, Elena, et d’effectuer de menus travaux dans la maison, tels que du rangement ou un peu de ménage. Elle sera logée sur place et suivra scrupuleusement les instructions données par un manuel secret qui prévoit dans le détail tout ce qui peut lui être demander et la façon qu’elle aura de se rendre indispensable et proche de cette famille …

Avec un tel résumé, cela pourrait vaguement faire penser à Chanson douce de Leila Slimani puisqu’il est question d’une femme qui va s’occuper d’enfants et qui va s’immiscer peu à peu dans la vie d’une famille aisée et bourgeoise. Mais la comparaison s’arrête là ! Ici, il est question d’un protocole à suivre, d’où le titre du roman et cela est vraiment étrange et mystérieux. Le style d’écriture l’est d’ailleurs tout autant : c’est comme si c’était le protocole qu’on lisait et j’ai un peu reproduit ce style dans mon résumé. La narration s’adresse à la gouvernante qui arrive dans cette nouvelle maison, une femme dont on ne sait rien, même pas le nom, comme si seule sa fonction lui permettait d’exister. Cela donne une ambiance bizarre et l’omniscience de ce protocole qui prévoit tout dans les moindres détails est effrayante. Je me suis souvent demandé où l’histoire allait et comment les choses allaient tourner. On se doute de certaines choses mais on se pose des questions quant à leur mise en œuvre et leur efficacité. Mais avec ce style un peu rébarbatif et des personnages peu sympathiques (tout le monde apparaît froid et un peu déshumanisé), cela a quand même été difficile pour moi de me passionner pour cette histoire, surtout que la première partie, l’infiltration dans la famille est relativement longue et répétitive. Heureusement, l’action finit par pointer le bout de son nez et mon intérêt a été un peu secoué. On découvre enfin le pourquoi et le comment et cela permet de dénoncer certains travers de nos sociétés et de faire réfléchir sur nos comportements mais cela m’a quand même paru un peu artificiel. L’idée de départ m’a bien plu mais le manque d’émotion et d’empathie ne m’ont pas permis de vraiment rentrer dans le récit, le rendant alors sans grand relief et sans moment marquant. Il me semble alors que j’oublierai vite ce roman … d’ailleurs, j’ai déjà presque oublié comment il se terminait, la seule chose qui m’aura marquée étant le long début avec son atmosphère angoissante.

Les avis de Gambadou, Clara, Keisha, Laure, Sandrine.