VillageglobalMazé est une petite commune angevine tranquille où pratiquement tout le monde se connaît. Mais la sérénité ambiante va être chamboulée lors d’une annonce du maire : une chapelle abandonnée depuis longtemps va être rénovée de façon à y héberger des réfugiés. Les réactions sont rapides : il y a ceux qui refusent tout net l’arrivée de ces migrants et ceux prêts à les accueillir. Les groupes opposés vont vite s’organiser. Parmi les opposants, il y a Aristide, un vieil homme, qui suit ses amis dans la lutte du Groupe de Résistance à l’Invasion de Nos Campagnes, mais sa petite-fille Salomé, étudiante en droit qui vient souvent passer du temps avec lui, va vite se lier d’amitié, lors d’une rencontre accidentelle vélo-piéton, avec le petit groupe de réfugiés …

Le sujet de cet album est d’actualité et on peut même dire qu’il est intemporel et universel : de tous temps, les gens ont soit eu du mal à accueillir les étrangers soit eu l’esprit ouvert et les portes de leurs maisons aussi, prêts à aider leur prochain. Les auteurs nous plongent donc dans l’ambiance d’un village rural non loin d’Anger, qui va recevoir pour un temps indéterminé des réfugiés en attente d’une réponse à leur demande de régularisation administrative … ces personnes, venues d’horizons différents, espèrent tous obtenir une carte de séjour pour rester en France officiellement. Si on découvre, bien évident, le parcours de ces déracinés, on apprend aussi plusieurs choses sur certains habitants « historiques » de Mazé. On voit comment les deux groupes s’opposent et tentent de lutter chacun de leur façon mais c’est surtout Aristide et Salomé qu’on va suivre. Ce grand-père un peu bougon est terriblement attachant et sa petite-fille l’est tout autant. Ils font une jolie paire et c’est plaisant de faire un bout de chemin avec eux. Le graphisme est plutôt moderne, avec une petite tendance caricaturale (sur les nez par exemple), les décors sont simples mais présents quand il le faut et les couleurs sont limitées : du sépia pour l’histoire principale et des tons doux orangés, bleutés ou verts en fonction des pays des réfugiés ou des autres « étrangers » (parce qu’on voit aussi la différence que certains font entre, par exemple, un couple anglais tenant un gite et un homme malien qui n’a pas de travail puisqu’il n’a pas de papiers). J’ai aussi aimé la représentation des cartes expliquant le parcours de chacun : elles ne sont pas représentées de façon traditionnelle avec le sud en bas et le nord en haut et cela montre que le monde n’est pas forcément tel qu’on le voit … il peut se regarder de différentes façons ! Voilà donc une sympathique histoire de tolérance, de partage, d’espoir, parsemée d’humour mais aussi d’humanité … à lire par tous pour mieux comprendre notre monde actuel.

L'avis de Canel.