ForteFlavia est une petite fille qui vit dans les favelas de Belém, au Brésil. Elle est proche de son père, qui travaille comme concierge et qui est très apprécié dans le quartier pour toute l’aide qu’il apporte à ses voisins alors que sa mère effectue des ménages. La famille n’est pas riche mais ils sont heureux et un soir, pour faire plaisir à Flavia, son père va lui acheter un ballon mais il est tué par une balle perdue lors d’un règlement de compte entre gangs. Malgré le chagrin, Ana, la mère de Flavia doit travailler encore plus et accepte un poste de femme de ménage chez un monsieur célibataire qui accepte qu’elle vienne travailler avec Flavia quand celle-ci n’a pas école. Monsieur Lima est un mélomane qui écoute du Chopin et Flavia est vite intriguée par le piano. Le vieux monsieur se rend vite compte des aptitudes musicales de Flavia et commence à lui apprendre la musique et à jouer du piano …

Je ne joue d’aucun instrument mais le piano est celui qui m’attire le plus (ainsi que la batterie, ce qui est totalement différent). J’ai donc été très intéressée de voir le parcours improbable d’une petite fille des favelas brésiliennes avoir, par le plus grand des hasards, la chance de « rencontrer » un piano et de travailler pour essayer de devenir une grande concertiste en venant étudier à la prestigieuse Ecole Normale de Musique de Paris. Dès le départ, Flavia est une petite fille attachante et au caractère bien arrêté mais qui, pourtant, a ses failles qu’elle peut souvent dominer grâce à son courage. C’est étrange de voir comment un destin peut dépendre de petits enchainements et comment un drame, la mort du père de Flavia, peut lui permettre de découvrir son talent au piano et sublimer sa vie et son avenir. J’ai particulièrement apprécié de voir la relation d’un artiste avec son art, moi qui n’ai aucun talent en quoi que ce soit, cela m’a toujours fascinée. Les sacrifices faits, le travail constant fourni pour atteindre l’excellence, je trouve tout ça admirable car je suis une vraie flemmarde de naissance et je n’aurais jamais eu ce courage ni cette tenacité. Pour moi, l’art, c’est principalement en rapport avec la détente : lire plus qu’écrire, chanter comme une casserole sur des airs que j’aime, danser comme une folle parce que je ne peux m’en empêcher, admirer un tableau plutôt que dessiner ou peindre et me régaler d’un bon film plutôt que de jouer un rôle (bon, j’avoue : j’ai fait de la danse classique pendant plusieurs années et du théâtre au lycée mais bon, ça ne m’a pas transcendée, même si j’y ai passé d’excellents moments). Avec cet album, comme on suit Flavia mais aussi ses amis et d’autres étudiants de l’école de musique, on découvre l’art comme un travail mais aussi une passion, une façon de vivre, voire même une obsession. On voit comment cela peut influer sur la vie privée, sur la santé, mais comment cela permet aussi de s’élever, d’atteindre une chose que seuls les artistes vrais peuvent connaître (je pourrais appeler ça une extase !). Le graphisme est agréable, même si je l’ai trouvé assez typique de ce qu’on peut voir dans d’autres albums ces dernières années. Les couleurs sont douces et l’ensemble m’a fait ressentir une patte très féminine, toute en délicatesse et en traits fins. La fin un peu brusque m’a laissée un peu sur ma faim, même si elle est logique et ne dépare en rien le récit. J’aurais aimé quelques pages de plus mais il faut dire que je me sentais bien avec Flavia et que je n’avais pas vraiment envie de la quitter !