UnecosmologiedemonstresHEARTS2

 

 

 

La famille de Noah Turner vit dans une petite ville du Texas mais n’est pas une famille banale. Sa mère Margaret a rencontré son père Harry alors qu’elle travaillait dans une librairie en parallèle de ses études à l’université et ce dernier, fasciné par l’œuvre de H. P. Lovecraft, lui a fait partager sa passion pour les romans d’horreur. Après la naissance de Sidney puis d’Eunice quatre ans après, la famille semble s’installer dans la routine mais Harry décide de créer une maison hantée dans leur jardin pour Halloween alors que les finances ne sont pas au beau fixe. Margaret et les filles sont mises à contribution, construisant des décors, cousant des costumes et l’attraction devient un succès inattendu. Mais Harry semble obnubilé par l’amélioration et l’extension de la maison en un village de l’horreur alors que Margaret découvre qu’elle est enceinte de Noah …

Ce qui m'avait poussée vers ce livre était son titre intrigant et ses références à l'univers lovecraftien, un de mes auteurs de prédilection de ma jeunesse. Il est très difficile de faire un résumé du début du roman car il se passe beaucoup de choses, dont certaines essentielles mais dont je n’ai rien dit. Le narrateur est Noah, un Noah vraisemblablement adulte, qui revient sur l’histoire de ses parents puis de sa famille. Dès le départ, j'ai été prise par cette histoire, le ton de Noah n’étant sûrement pas étranger à cet attrait. La famille Turner m’a paru être normale au départ mais on découvre vite des touches de fantastique. A part que l’auteur est doué, très doué : je me suis longtemps demandé si c’était vraiment des évènements étranges ou s’il pouvait juste s'agir de problèmes mentaux atteignant les personnages. Autant dire que le dosage est subtil, les choses présentées sans rentrer dans le grandiloquent ou l’excessif. J'ai donc navigué dans l'inconnu, en me posant souvent des questions mais en m'attachant de plus en plus aux personnages et en me laissant bercer par l'atmosphère étrange et souvent mélancolique car la mort semble rôder constamment et la tristesse n’est pas en reste pour certains personnages qui se trainent leur lot de problèmes. On ne découvre la réalité que dans les dernières pages, très réussies et très émouvantes. J'ai trouvé le récit original, très travaillé, avec des personnages humains et crédibles, qui parle surtout des relations familiales, de l'amour, de nos perceptions et des attentes, tout en rendant hommage à Lovecraft. Une véritable réussite pour un premier roman, une histoire aux tonalités fantastiques qui peut toucher tout type de lecteur, y compris ceux qui ne sont pas forcément attirés par ce genre !