DamienlempreinteduventGrenoble, été 1965. Gérard et Jérôme sont amis depuis leur rencontre au lycée et, à l’aube de la vingtaine,  alors que se profile une vie d’adulte rangée après des études supérieures, ils décident d’un commun accord de suivre un parcours d’accomplissement qui passera par la mer avec un tour du monde à la voile. Après presque cinq ans de préparation, consistant dans la construction du voilier appelé Damien et son équipement avec les maigres ressources des deux jeunes hommes, les voilà qu’ils quittent, joyeux et impatients, le port de La Rochelle fin mai 1969, direction le Nord et le cercle arctique via l’Angleterre et la Norvège …

J’avoue que je ne suis pas très fan de voile et je n’aurais jamais eu l’idée de lire cet album s’il n’avait pas été choisi pour mon club lecture spécial BD. Pourtant, je trouve la couverture plutôt attirante et le graphisme est magnifique, avec des aquarelles douces et lumineuses, mettant en valeur les superbes paysages rencontrés au fil de leur périple. On découvre aussi bien l’Atlantique, que les Caraïbes, la forêt amazonienne, les latitudes agitées des mers australes, les glaces aussi bien du cercle arctique que de l’Antarctique et j’en passe. Les personnages sont parfois un peu brouillon et je ne les ai pas toujours reconnus d’un endroit à l’autre car les deux aventuriers vont retrouver des amis au fil de leurs escales. J’ai trouvé intéressant de voir comment ces deux jeunes gars, qui ne connaissaient pas grand chose à la mer, ont réussi un tel voyage, avec tous les dangers que cela implique et ce que cette aventure leur a apporté : la rencontre de peuples différents comme les Indiens d’Amazonie, l’entraide sur tous les continents, les amitiés (et les amours) qui se tissent, la découverte de la faune et flore propre à chaque pays ou ile, la lutte incessante contre la nature et l’océan, le dépassement de soi, la solidarité et l’amitié qui les lie. Mais pour quelqu’un comme moi, qui ne connaît rien à la voile, aux termes employés et qui n’est pas plus intéressé que ça, j’ai trouvé l’ensemble trop détaillé (par contre, pour ceux qui s’y connaissent, je peux supposer que cela doit être passionnant) et j’avais du mal à me représenter les actions qu’ils décrivaient dans certaines manœuvres (un lexique explicatif aurait pu être utile en fin d’album). En plus, c’est un album très verbeux et si j’ose dire, je me sentais parfois plus à bord d’un canot que d’un voilier tellement je ramais dans cette lecture ! Par certains côtés, avec leur courage d’aventuriers un peu fous, cela m’a rappelé le livre de Guirec Soudée mais sans l’humour qui m’avait bien aidé dans ma lecture et qui m’a fait passer les pages aisément. Avec cet album, ce fut nettement plus laborieux, même si l’aspect visuel était très sympathique et que je reste pleine d’admiration pour ces personnes qui se lancent de tels défis, surtout à cette époque où la technologie n’était pas là pour aider.