28 octobre 2009
La chorale des maîtres bouchers ---- Louise Erdrich
Dans l'Allemagne vaincue de 1918, Fidelis Waldvogel, fils
de boucher et tireur d'élite, a survécu au conflit. Ayant épousé Eva, la
fiancée enceinte de son meilleur ami qui a été tué à la guerre, Fidelis décide
alors d'aller tenter sa chance en Amérique où il part avec une valise pleine de
saucisses et son jeu de couteaux professionnels. Pensant aller jusqu'à Seattle,
le jeune homme s'arrête finalement à Argus, une petite bourgade du Dakota du
Nord et ouvre une boucherie. Il fait alors venir sa femme et son fils et crée
une chorale où les belles voix masculines d'Argus se réunissent. Roy,
l'alcoolique notoire de la ville, en fait partie et sa fille Delphine, qui
vient de revenir à Argus depuis peu, aide à la boucherie et à la vie
quotidienne des Waldvogel car elle s'est liée d'amitié avec Eva …
Cela ne fut pas facile de faire un résumé de ce roman tant il est complexe. Au vu du titre et de la 4ème de couverture, on pourrait penser que la musique, la chanson, les bouchers et Fidelis vont être très présents mais je n'ai pas trouvé que c'était le cas. Pour moi, c'est surtout l'histoire de Delphine qui est racontée ici et celle-ci est intimement liée à la famille Waldvogel mais l'auteure s'est focalisée sur la jeune femme qui revient dans sa ville d'enfance et qui essaie de trouver un équilibre dans sa vie. J'ai eu un peu de mal pendant les cinquante premières pages car on découvre Fidelis, puis Delphine sans comprendre ni voir où tout cela va aller (j'ai même eu la sensation de lire deux livres totalement différents par moments). Ensuite, j'ai été charmée par la direction que l'histoire prenait, Delphine étant un personnage attachant et très fouillé. Ses relations avec les différents personnages du roman, qui sont eux aussi très réussis, sont variées, riches et complexes. Par contre, j'ai vraiment été déçue par la fin : le livre se termine sur une révélation qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe et je n'ai pas trouvé qu'elle apportait une nouvelle dimension au roman. Par contre, certaines choses sont laissées dans le flou alors que j'aurais aimé en savoir plus (sur le destin de certains personnages entre autres). L'ensemble est rempli d'anecdotes (apparemment, l'auteure s'est inspirée un peu de son histoire familiale), d'émotion et même parfois d'humour mais avec cette fin que j'ai trouvée décevante, cela fut une lecture un peu mitigée pour moi !
Les avis de Papillon et Kathel.
06 janvier 2009
Glyphe ---- Percival Everett
Ralph est un bébé pas comme les autres :s'il ne se décide
pas encore à parler, ce n'est pas qu'il a des difficultés mais c'est un choix
de sa part, décidant ainsi qu'il ne communiquerait que par écrit. Mais un bébé
de quelques mois qui prend un stylo et commence à philosopher sur l'existence
et la réalité, ce n'est pas courant ! Du coup, cet enfant au QI sans pareil
devient l'objet de toutes les convoitises, au grand dam de ses parents : le
docteur Steimmel, psychiatre qui rêve d'être enfin reconnue dans le monde
entier, le colonel Bill, travaillant pour les services secrets américains et
qui pense que Ralph peut devenir une arme stratégique, mais aussi un couple en
mal d'enfant et un groupe de prêtres qui voient là l'œuvre du diable …
Ouf, ce ne fut pas une lecture facile, celle-là ! Je dois dire que je n'ai pas compris les trois quarts du livre car les réflexions philosophiques et métaphysiques du bébé Ralph sont passées allègrement bien au-dessus de moi. Le ton pédant et suffisant est intentionnel et a un petit côté amusant mais cela n'enlève rien au fait que je n'ai strictement rien compris ! Il y a aussi beaucoup de références à des auteurs, des philosophes, des scientifiques et autres têtes pensantes, mais comme ce n'est généralement pas le genre vers lequel je suis attirée, je ne peux pas dire si les réflexions sont judicieuses, amusantes ou ironiques. Par contre, les parties où on découvre les personnages secondaires courant après ce bébé sont bien menées, intéressantes mais souvent cyniques et absurdes : c'est d'ailleurs qui m'ont permis d'aller jusqu'au bout de ce roman qui m'a paru très nébuleux autrement. J'aurais bien aimé une bonne centaine de pages en moins (et si possible concernant les pensées de Ralph) car cela m'aurait sûrement permis une lecture plus agréable et nettement moins ardue. Pourtant j'avais adoré le précédent livre de cet auteur et j'ai senti qu'on retrouvait encore le même style et les mêmes thèmes mais j'aurais sûrement préféré un traitement différent de l'histoire.
L'avis de Laurent.
04 octobre 2008
Hot stuff ---- Janet Evanovich et Leanne Banks
Cate Madigan vit à Boston, suit des études pour devenir institutrice et travaille le soir comme serveuse dans un bar où chante Marty, un travesti qui lui sous-loue une chambre en échange de maintenir son appartement en état quand il est absent pour des concerts. De son côté, la famille de Cate, irlandaise d'origine, ne voit pas d'un bon œil sa façon de vivre et ne pense qu'à essayer de la caser. D'ailleurs, ils profitent des dîners hebdomadaires en famille pour lui présenter des hommes et Cate se retrouve avec un chevalier servant envahissant nommé Pugg. Et comme si un protecteur ne suffisait pas, Marty lui impose un chien de garde appelé Beast pour la protéger alors qu'il n'est pas là. Mais Marty ne semble pas revenir et un soir, au bar, Kellen, un client, l'aborde. Bel homme et ex-flic, il ne semble pas être seulement à la recherche d'une petite amie …
J'avais besoin de légèreté et de bonne humeur alors je me suis rabattue sur un auteur sûr avec Janet Evanovich. Rien de tel pour se détendre et passer un bon moment ! Comme d'habitude, on retrouve des personnages secondaires hauts en couleur et j'ai particulièrement aimé Pugg, qui est agaçant tout en réussissant à être attachant. C'est lui qui amène l'humour dans l'histoire. La romance entre Cate et Kellen est assez bien tournée mais sans grande surprise (certaines m'ont fait plus rêver mais elle sort quand même son épingle du jeu et de toute façon, il n'y a jamais de surprise dans les romances !) et l'intrigue policière est bien présente, même si on voit où elle va. De toute façon, c'est un roman au croisement de la romance et du policier, avec un fort penchant vers la romance et l'humour typique de l'auteure alors il ne faut pas s'attendre à de grandes révélations finales. Cela ne m'a en rien empêché de passer un excellent moment sous le signe du sourire.
*Lu en anglais. Non traduit à ce jour.*
30 août 2008
Ten big ones ---- Janet Evanovich
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Stéphanie Plum, chasseuse de primes, se retrouve encore par hasard dans une situation impossible ! Alors qu'elle allait acheter à manger, elle est l'involontaire témoin du hold-up d'une épicerie. Elle est la seule à pouvoir identifier le voleur et celui-ci fait apparemment partie d'un gang. Voilà Stéphanie la cible désignée des Slayers …
C'est avec un très grand plaisir que j'ai retrouvé ma chasseuse de primes favorite dans son 10ème opus, en anglais cette fois vu que la suite de cette série n'est plus traduite depuis le tome 9 (quel dommage quand même !). J'ai encore passé un excellent moment et j'ai vraiment été heureuse de retrouver Joe et Ranger ;) L'histoire policière est, il me semble, encore plus légère que d'habitude (dans le sens peu compliquée et peu évoluée) mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier l'humour, les personnages principaux (aaahhh, Joe !!!) et secondaires (avec le retour de Sally, le travesti) et de rire très souvent. Bien sûr, ce n'est pas vraiment pour son mystère et son suspense insoutenable que je lis cette série alors la quasi-absence d'intrigue ne pouvait pas vraiment me déranger. Vivement la suite, qui m'attend sagement dans ma PAL mais que je veux un peu étaler dans le temps pour mieux savourer !
*Lu en anglais - Non traduit à ce jour*
L'avis de Karine. Je suis sûre que d'autres l'ont lu aussi mais je n'arrive pas à trouver de billets !
14 mars 2008
Naughty neighbor ---- Janet Evanovich
Louisa travaille en tant qu'attachée des relations publiques d'un sénateur. Sa vie est bien rangée et elle passe beaucoup de temps à son travail. Mais ces derniers temps, l'arrivée d'un nouveau voisin dans l'appartement du dessus, perturbe sa routine quotidienne : il reçoit des coups de téléphone en plein milieu de la nuit, cuisine des plats dont les odeurs peu appétissantes s'infiltrent chez elle et squatte très souvent la place de parking attribuée à la jeune femme. Excédée par ces abus, Louisa décide d'en parler à son voisin sans-gêne. Mais elle ne s'attend pas à tomber sur Peter, un homme particulièrement sexy qui enquête sur une histoire de cochon s'étant échappé dans le Capitole alors qu'il était sous la garde d'un sénateur …
J'ai encore quelques autres romances de cette auteure à lire, romances écrites il y a plusieurs années (pour celle-ci, c'est en 1992). Elles sont actuellement republiée en anglais, avec des corrections permettant de les mettre au goût du jour (parfois maladroitement il faut l'avouer : par exemple, l'auteure a remplacé les moyens d'enregistrement de l'époque, c'est-à-dire des cassettes audio par l'utilisation d'un CD mais quelques lignes plus loin, on peut lire "il rembobina pour trouver la partie de la conversation la plus intéressante" ou quelque chose de ce genre-là !). La lecture de cette romance a été rapide et facile. On y retrouve les personnages types de l'auteure, avec une mamie pouvant être le "brouillon" édulcoré de l'impayable Mamie Mazur de Stéphanie Plum. Mais cette fois, j'ai vraiment trouvé l'histoire vraiment inexistante, du moins la partie avec le cochon, qui n'est qu'un prétexte à quelques situations loufoques. L'alchimie entre Louisa et Peter n'est pas aussi puissante que pour certaines autres romances de l'auteure (la tension sexuelle est bien là mais il semble que cela ne fonctionne pas à fond pour la lectrice que je suis … et pourtant, habituellement, je ne suis pas très difficile ! mdr !). Un bon moment de détente, sans prise de tête mais c'est loin de faire partie des meilleurs livres de Janet Evanovich !
*Lu en anglais*
*Livre traduit et publié en 1992 aux Presses de la Cité sous le titre bizarre (car franchement, je ne vois pas trop le rapport) de : "L'envoutée" !*
21 janvier 2008
Wisconsin ---- Mary Relindes Ellis
Dans les années 1960, la famille Lucas vit dans une ferme
du nord du Wisconsin. Le père John boit plus qu'il ne travaille, il ne rentre
chez lui que pour battre sa femme Claire et terroriser ses 2 fils, Jimmy, 17
ans et Bill, 8 ans. Heureusement, leurs voisins, Ernie et Rosemary Morriseau,
adorent les deux garçons et les reçoivent souvent chez eux, malgré la haine que
leur voue John Lucas. Il faut dire qu'Ernie est d'origine indienne et a fait la
seconde guerre mondiale où il s'est brillamment illustré et les Morriseau sont
là à chaque fois que les enfants ont besoin de conseils, d'aide ou d'amour.
Jimmy, bon chasseur très attaché à sa terre mais adorant aussi la musique, ne
voit alors qu'une échappatoire à la vie qu'il mène : s'engager dans les Marines
pour partir faire la guerre au Vietnam. Bill se retrouve alors seul avec sa
mère en face d'un père toujours aussi violent …
Voilà un livre qui a frôlé le coup de cœur ! Les personnages sont très attachants et l'histoire, à plusieurs niveaux, m'a fait parfois penser au livre de Joseph Boyden "Le chemin des âmes". Oui mais justement comparé au Boyden, le roman de Mary Relindes Ellis ne peut pas atteindre la note parfaite mais il s'en approche quand même pas mal. L'écriture est vivante, sans rien de vraiment extraordinaire à part le fait magnifique de faire vivre les personnages et de conquérir l'attention et le cœur de la lectrice que je suis. L'histoire est loin d'être rose, c'est même plutôt triste et dur pendant tout le roman mais les sentiments, les hésitations, les douleurs de ces familles sont merveilleusement bien rendus. La narration à plusieurs voix, qui varient sans ordre particulier, nécessite quand même une lecture plutôt rapide et régulière de l'ensemble sous peine de se perdre parfois mais le nombre de personnages est suffisamment limité pour arriver à suivre sans problème (en tout cas, je n'en ai pas eu !). Un roman méconnu très envoûtant, le premier d'une auteure à surveiller !
22 avril 2007
Thanksgiving ---- Janet Evanovich
Megan travaille et vit dans la petite ville historique de Williamsburg où elle s'est installée après une rupture difficile. Un jour, lors d'une pause détente dans le parc, un lapin domestique vient lui grignoter le bas de sa robe et elle découvre alors son propriétaire : Patrick, le nouveau pédiatre de la ville. Leur rencontre est brève et sèche, car Patrick l'accuse de vouloir voler son lapin et de tenter de l'empoisonner avec sa robe. Le lendemain, elle rencontre à nouveau le lapin en train de se balader en ville et décide de le ramener à sa maison. Mais alors qu'elle se dispute avec Patrick, une des patientes de ce dernier lui amène son bébé en lui disant qu'elle doit partir en urgence et qu'elle ne sait pas à qui le confier à part à lui et à Megan, qu'elle prend pour sa femme …
Cette courte romance écrite en 1988 et republiée récemment se lit facilement avec plaisir. Tous les ingrédients de l'auteur y sont : des personnages principaux attachants et sexy, des personnages secondaires parfois loufoques, de l'humour et des situations impossibles. Il n'y a pas d'éléments trop précis dans le temps donc, presque dix ans après son écriture, le livre n'a pas vieilli. Bien sûr, cela reste une romance à la fin prévisible mais ce n'est jamais gnangnan car l'humour omniprésent tout au long de l'histoire en fait une lecture légère qui ne se prend pas au sérieux et qui en fait un moment de lecture pétillant et joyeux.
*Lu en anglais*
*Livre traduit et publié en 1988 aux Presses de la Cité sous le titre ridicule de : "La rousse et le médecin" !*
05 janvier 2007
Désert américain ---- Percival Everett
Ted Larue est un père de famille, époux infidèle et professeur raté qui décide de se suicider mais en allant vers le lieu qui va être le décor de sa mort, il la rencontre inopinément dans un crash contre un camion. Son corps, projeté à travers le pare-brise, se trouve proprement et simplement séparé de sa tête. Les personnes des pompes funèbres lui recousent alors vite fait les 2 parties pour en faire un corps présentable mais lors de ses funérailles, Ted se relève de son cercueil et se met à parler et à bouger comme si de rien n’était. La presse s’empare de l’événement, des émeutes s’ensuivent et Ted se retrouve la cible de diverses sectes et d’organisations secrètes …
J’ai vraiment adoré ce roman, tant par son écriture que par son histoire qui mélange habilement humour noir et réflexion profonde sur les sectes ou l’influence et l’omniprésence des médias. Le héros est au départ un être faible et plutôt peu sympathique mais il en est très humain et sa mort « ratée » va l’amener à évoluer et à le rendre attachant. Mais le livre dénonce aussi beaucoup de travers de la société américaine tels que les pratiques de titularisation universitaire, les sectes et les fanatiques religieux, la crédulité des américains, la manipulation des médias et les pratiques parfois peu orthodoxes du gouvernement, faisant ainsi du roman, sous une facilité de lecture indéniable, une profonde réflexion sur les êtres humains et leurs sentiments.
*Livre lu en 2006*
04 janvier 2007
Le grand huit ---- Janet Evanovich
Revoilà Stéphanie Plum, ma chasseuse de primes favorite, dans sa 8ème aventure. Cette fois, une voisine de ses parents lui demande de retrouver sa fille Evelyn et sa petite fille Annie, qui ont brusquement disparu alors qu'une caution a été déposée pour l'enfant, histoire d'assurer au père/ex-mari la garde occasionnelle de sa fille. Hors, celui-ci est peu recommandable. De plus, il se révèle que d'autres personnes aimeraient bien savoir où sont passées Evelyn et Annie : Eddie Abruzzi, mafieux et Jeanne Ellen Burrows, une amie de Ranger aussi douée que lui, sont sur le coup. Les cadavres et les menaces fleurissent rapidement. Heureusement Lula est là pour aider Stéphanie, qui se retrouve à faire équipe, involontairement, avec Albert Khloune, l'avocat d'Evelyn. Et que dire du lapin apparaissant au milieu de l'histoire ...
J'ai encore une fois adoré ! Bien sûr, ce n'est pas de la grande littérature classique mais quelques fous rires sont toujours les bienvenus ! L'univers de Stéphanie Plum est toujours aussi délirant, Morelli et Ranger toujours aussi sexy et craquants. Et Stéphanie, et bien, elle est inimitable de drôlerie et d'ironie. Le roman ne serait pas complet sans Mamie Mazur avec une scène mémorable avec le lapin ! Seul petit bémol, j'ai trouvé la fin un peu précipitée et moins bien finie que pour les romans précédents.
*Livre lu en 2005*
K ---- Daniel Easterman
Que serait le monde si Hitler avait gagné la guerre ? Enfin du moins, si les USA l'avait aidé, lui, et pas nous ? Et bien, c'est le monde qui existe dans ce roman ! Lindbergh est président des USA et soutient Hitler dans son combat en Europe. Des camps de concentration sont créés sur le sol américain. S'y retrouvent les juifs, les communistes, les opposants au régime... Les gens ne sont plus libres et le moindre faux pas, la moindre critique à l'encontre du gouvernement en place, la moindre dénonciation et c'est l'enfermement, voire même la mort ! Un homme est envoyé sur place pour essayer de tuer le président et ainsi renverser la situation avec l'aide de la résistance qui s'est créée. Mais à qui faire confiance ?
L'auteur est vraiment très doué pour nous faire plonger
dans ce monde de cauchemar. On tremble en même temps que le héros, on est
oppressé par l'atmosphère qui se dégage du livre. Et le suspense et l'action sont présents
jusqu'à la fin. Tiens, d'ailleurs, où sont passés mes ongles ?
*Livre lu en 2000*









