22 juin 2009
L'histoire d'un mariage ---- Andrew Sean Greer
En 1953, à San Francisco, Pearlie Cook vit une vie
provinciale bien rangée. Elle a connu son mari Holland alors qu'elle était
adolescente dans le Kentucky mais la guerre les avait séparés et c'est par
hasard qu'ils s'étaient rencontrés à nouveau à San Francisco. Ils se marient, ont
un fils et un chien et vivent dans un petit pavillon mais leur vie s'apprête à
basculer après quatre ans de bonheur. L'arrivée de Buzz Drumer, un ancien
camarade de guerre d'Holland, va chambouler la vision de Pearlie sur son
mariage et sur sa vie en lui révélant tout un aspect méconnu de son mari …
Mon résumé semble bien court et peu détaillé mais une partie de
l'intérêt de cette histoire réside dans les choses qu'on va apprendre sur les
différents protagonistes. L'époque est très intéressante et l'auteur aborde des
thèmes variés comme la ségrégation raciale qui est toujours en vigueur à cette
époque, l'ombre des différentes guerres (la seconde guerre mondiale, la guerre
de Corée et plus tard celle du Vietnam) qui plane sur les gens, l'affaire
Rosenberg et le Maccarthisme. Il décrit une société américaine qui semble
heureuse et sans problème mais qui est minée par les secrets, les préjugés, les
non-dits et les apparences. Mais je dois dire que les nombreux rebondissements
distillés avec parcimonie ou les retournements de situation m'ont un peu
lassée. Est-ce du à mon faible attachement aux personnages ou bien à la façon
de présenter le tout, je ne saurais le dire mais à la fin, ma première pensée
fut "Tout ça pour ça ??? On aurait pu faire plus court !". En tout
cas, je n'ai pas eu de grandes surprises mais le contexte historique est
particulièrement bien décrit et a réussi à maintenir mon intérêt tout au long
d'un livre que j'aurais peut-être abandonné sans cela !
Les avis de Clarabel, Cathulu, Papillon, Amanda, Cuné et Dasola.
05 novembre 2008
Un secret ---- Philippe Grimbert
"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère.",
voilà comment le narrateur commence à nous raconter son histoire. Enfant unique
chétif et maladif d'un couple de sportifs beaux comme des dieux, né peu de
temps après la guerre, il se sent souvent mélancolique et triste, peu intégré
dans sa famille, pas souvent à la hauteur et trouve réconfort auprès de Louise,
voisine du magasin tenu par ses parents et amie de longue date de ceux-ci. Il
lui semble qu'il est entouré de non-dits, de secrets étouffés et il a
reconstitué péniblement la vie de ses parents à l'aide de bribes d'information
récupérées à droite et à gauche. Mais c'est le lendemain de ses 15 ans qu'il va
découvrir la véritable histoire de sa famille et de ses origines …
Me revoilà de retour dans les lectures pour les rencontres avec les lycéens avec ce dernier titre prévu pour la première rencontre de début décembre donc je suis parée et j'ai bien fait mes devoirs (j'ai du prendre plein de notes pour ces lectures, histoire de ne rien oublier d'ici là et de me souvenir de ce que je veux parler ou des thèmes qui m'ont marqué … du coup, lire ces livres prend plus de temps que prévu). Je pense qu'il y a énormément de personnes à lire ce roman car il a eu le prix Goncourt des lycéens en 2004 et le prix des lectrices Elle en 2005, sans compter le fait qu'il a aussi été adapté au cinéma par Claude Miller. J'avoue que le sujet développé est très intéressant et bien tourné mais je n'ai pas réellement accroché avec les personnages ! J'ai trouvé les parents du narrateur, Maxime et Tania, particulièrement superficiels, très axés sur le culte du corps et du paraître et je n'ai pas pu avoir de pitié pour eux et pour leurs éventuels questionnements. En plus, ce culte du corps m'a un peu mis mal à l'aise car je l'ai tout de suite rapproché du culte du corps prôné par les nazis ! De même, toute cette culpabilité étouffante venant des non-dits et subie par le narrateur m'a parue un peu convenue (est-il possible de se sentir coupable de quelque chose qu'on n'a pas fait et qu'on ignore ? ce n'est pas mon cas !). Le mélange roman et autobiographie donnant une œuvre à mi-chemin où il est difficile de séparer le réel de l'imaginé est par contre très réussi (et forcément a entrainé des recherches de ma part) et la narration, alternant enfance du narrateur, passé des parents, vie imaginée et vie réelle, m'a beaucoup plus mais je pense qu'il peut être assez facile de se perdre dans tous ses méandres si on n'est pas attentif à la lecture ! Et autre côté intéressant du livre, cela m'a permis de me plonger dans des recherches sur les déportations des enfants juifs en découvrant des documents particulièrement poignants. Mais cette lecture m'aura quand même laissé un souvenir mitigé de part le peu d'attachement affectif que j'ai ressenti avec les protagonistes (voire carrément la colère contre leurs comportements) alors que j'aurais du pleurer abondamment sur cette tragédie … je me demande si c'est l'auteur qui a voulu trop bien faire et qui l'a rendue un peu trop artificielle à mes yeux ou bien si ce n'était pas le bon moment pour moi d'aborder cette lecture ! Je m'attendais à être beaucoup plus touchée par ce livre et donc cela a été une découverte moyenne.
05 octobre 2008
Le fiancé de la lune ---- Eric Genetet
Arno Reyes exerce le métier de "singe",
c'est-à-dire tout ce qui nécessite de se retrouver dans les hauteurs : tailleur
de branches d'arbres, nettoyeur de vitres de gratte-ciel et autres jobs à
risque. Il est bien payé et voyage dans le monde entier. Ses parents sont morts
quelque temps auparavant et sa valise est toujours prête. Il change
régulièrement de petite amie, n'arrivant pas à s'attacher. Mais lors d'une
soirée, il fait la connaissance de Giannina, une chanteuse montante et sa vie
va basculer …
Ce court livre est un roman d'amour très actuel. Des SMS servent de "dialogues" (attention, le langage SMS n'est pas utilisé ici donc c'est très lisible !), de nombreuses références cinématographiques émaillent l'histoire et la musique est aussi très présente, donnant un certain rythme à l'ensemble. L'histoire d'amour n'a rien de bien original (on se découvre, c'est la passion mais le temps fait son œuvre) mais amène la larme à l'œil vers la fin, larme vite essuyée malgré tout car je ne pense pas que ce livre restera dans mes annales. Le style est assez travaillé, avec des phrases un peu trop poétiques pour moi et qui me faisaient un peu penser à des clichés mais à côté de ça, il y en avait d'autres vraiment bien trouvées qui venaient rattraper le tout. Un livre pour se rappeler la magie des premiers rendez-vous amoureux, de la découverte de l'autre, pour se rappeler que tout change et qu'il ne faut pas laisser passer le bonheur. Comme c'est un premier roman, c'est un auteur à découvrir avec ce livre qui se lit vite et facilement.
L'avis de Clarabel.
13 avril 2008
La mariée mise à nu ---- Nikki Gemmell
Une mère envoie à un éditeur le manuscrit d'un livre écrit
par sa fille qui a mystérieusement disparu il y a un an. Ce manuscrit raconte
anonymement la vie d'une femme mariée, qui a tout de la parfaite épouse. On y
découvre le quotidien souvent frustré, plein de non-dits, de cette jeune femme
de 36 ans qui se cachait derrière une facade de bonheur et d'équilibre mais qui
se révèle enfin sans artifice dans ce journal matrimonial au jour le jour …
Pour en savoir plus sur cette vie cachée et pas toujours très avouable, il vous faut lire ce livre parfois étrange. Les chapitres ont été transformés en leçons de l'ère victorienne aux titres savoureux mais le contenu est loin d'être aussi prude et raisonnable ! La narration colle de près à l'étrangeté du livre, utilisant le "vous" pour mieux interpeller les lecteurs, les prenant à témoin, les forçant à pénétrer dans la tête de la narratrice pour mieux la comprendre. Epouse frustrée par un mari souvent absent ou inattentif à ses besoins, femme dominée par une amie d'enfance très sûre d'elle et sans gêne, l'héroïne (dont on ne saura jamais le nom) a quitté son emploi pour faire plaisir à son mari. Isolée et malheureuse, peu sûre d'elle, elle n'a pas de vrai but ni de motivation dans la vie. Elle va suivre un parcours insolite pour se trouver et éventuellement trouver le bonheur : ce chemin va alors passer par une initiation sexuelle qui va lui faire découvrir son corps mais aussi les raisons qui poussent les hommes et les femmes ensemble. Les descriptions sont parfois crues mais n'ont pas de caractère malsain, on n'est pas là dans un roman érotique, même si j'ai pu me lasser un peu de tous ces détails au bout d'un moment, ayant la sensation que cette femme avait parfois un horizon assez limité aux relations charnelles. Mais on sent la détresse de la narratrice, le mal-être et l'émotion qui se dégagent de l'ensemble avec toutes les questions que la majorité d'entre nous ont pu se poser (ou se poseront un jour) sur les relations entre les deux sexes et le fonctionnement d'un mariage. Ce roman est une confession honnête et franche, sans tabous, de la vie d'une épouse comme les autres, à laquelle j'ai eu un peu de mal à m'identifier cependant cela reste un livre qui se révèle bien plus profond que le résumé et le thème auraient pu le laisser supposer. Mais si vous pensez avoir la réponse à toutes vos questions sur les femmes et sur celle-ci en particulier, après cette lecture, détrompez-vous. De toute façon, n'est-il pas vrai que les femmes restent un peu mystérieuses tout en se dévoilant ? C'est le cas dans ce livre étonnant à découvrir.
Les avis de Fashion, Yvon, Cuné, Camille, La Liseuse, Stéphanie et Tamara.
07 mars 2008
Train bleu train noir ---- Maurice Gouiran
Mai 1993 : c'est la veille de la finale de coupe d'Europe qui va voir s'affronter le Milan AC et l'Olympique de Marseille. De nombreux trains de supporters quittent la cité phocéenne pour emmener tout ce monde chahuteur et gueulard à Munich où la rencontre doit avoir lieu. Parmi les passagers du train bleu, il y a un trio d'hommes mûrs et de vieillards : Robert, Georges et Michel qui ne vont pas seulement voir le match. Car ce n'est pas que le foot qui les unit. Cinquante ans plus tôt, en janvier 1943, ces mêmes hommes étaient dans des trains noirs, des trains qui amèneront de nombreux marseillais des vieux quartiers dans les camps de concentration. Et le temps a beau passer, les trois hommes sont toujours torturés par leurs souvenirs et leurs cauchemars : la disparition de leurs familles, les moments horribles vécus, la destruction pure et simple des vieux quartiers de Marseille effectuée par les allemands sous prétexte de nettoyer la ville du grand banditisme …
Voilà le dernier titre de la sélection du prix inter-comités d'entreprises CEZAM 2008 (c'est extraordinaire : j'ai lu les titres rapidement mais bon, j'ai eu de la chance de les trouver facilement à la biblio) ! Et j'ai fini plutôt en beauté. Je ne dis pas que cela fut un coup de cœur mais le livre de Gouiran fut une lecture tout à fait honorable. L'histoire, qui entretient le suspense tout au long des pages, mêle souvenirs de la seconde guerre mondiale, de l'occupation allemande et des trains de la mort et moments actuels avec le foot omniprésent et le but rapidement avoué des hommes qui furent raflés cinquante ans auparavant. Mais si on laisse très vite pourquoi ils se rendent à Munich, le mystère tient surtout au fait de savoir comment cela se réalisera, avec un petit coup de théâtre à la fin. J'ai beaucoup aimé toute la partie souvenirs qui parle d'évènements méconnus de la guerre avec Marseille en toile de fond, avec la description des motivations et des comportements des uns et des autres sur les actions qui ont bouleversé la vie de milliers de personnes. De ce côté-là, le livre dépasse largement l'histoire policière classique car il décrit très bien les sentiments amers de personnes détruites émotionnellement par la guerre et les rafles qui ont eu lieu, comment une vengeance pourrait éventuellement soulager cette douleur omniprésente malgré les années. L'écriture fait la part belle au parler marseillais, avec des mots ou des expressions typiques, histoire de mettre un peu plus le lecteur dans l'ambiance. J'avoue que cela ne m'a pas gênée du tout lors de la lecture car étant originaire du sud, je les connaissais toutes (et j'en utilise certaines aussi) mais je serais curieuse d'avoir l'avis de quelqu'un n'étant pas de la région pour savoir si ces expressions ont perturbé leur lecture. La partie finale parle un peu de trop de foot à mon goût (et je trouve que cela n'apporte rien de spécial à l'ensemble) et le coup de théâtre m'a quand même un peu déçue (je ne peux pas dire pourquoi sans rien révéler !). Mais une belle découverte malgré tout !
29 décembre 2007
Intrigue à l'anglaise ---- Adrien Goetz
A la fin de l'été 1997, Pénélope vient juste d'être nommée
adjointe à la directrice du Musée de la Tapisserie de Bayeux. C'est son premier
poste et elle est déçue : elle qui s'est spécialisée en égyptologie et en
tissus coptes, elle espérait rester sur Paris en trouvant un poste au Louvre.
Bayeux l'insupporte, son caractère provincial joue sur les nerfs de la jeune fille
pourtant originaire de Villefranche-de-Rouerge mais qui ne jure que par la
capitale. D'ailleurs, elle y a tous ses amis et surtout son petit ami
Wandrille, qui travaille ponctuellement en tant que journaliste. Mais la vie
tranquille de la petite ville va vite voler en éclats : un homme est assassiné
non loin de là, un crime sordide mais sans nul doute crapuleux, puis c'est sa
supérieure qui est attaquée et qui se retrouve entre la vie et la mort. Qui
pourrait en vouloir à une conservatrice de musée plutôt tranquille à moins que
tout cela ait rapport avec les quelques mètres manquants depuis toujours dans
la tapisserie la plus célèbre d'Europe …
Fantaisie historique et artistique mâtinée de polar traditionnel, le tout accompagné d'une touche d'humour et d'érudition, voilà en quoi consiste ce roman. Beaucoup de rebondissements émaillent l'histoire, on suit avec plaisir l'enquête de Pénélope même si certaines pistes paraissent un peu artificielles, un peu brouillons et bizarrement exploitées, comme si l'auteur s'était senti un peu obligé d'en rajouter pour mieux perdre le lecteur. Cela n'empêche en rien le style fluide et facile d'être efficace et prenant. Ayant vu la Tapisserie, me passionnant pour cette époque, j'ai trouvé d'autant plus de plaisir à ma lecture mais (parce qu'il y a un "mais" !) j'ai été déçue par la fin un peu abrupte, peu développée et à mes yeux un peu bâclée qui ne m'a pas convaincue et a un peu gâché l'ensemble. Cela aura été une lecture sympathique de détente mais je ne suis pas très sûre d'en garder un grand souvenir !
Les avis plus enthousiastes de Chatperlipopette et Le Bibliomane. Voir aussi chez Boo !
09 décembre 2007
La vie sur Mars ---- Laurent Graff
Ce petit recueil de nouvelles parle de choses de la vie
quotidienne mais de la vie quotidienne pas vraiment courante : un homme hésite
quand son voisin, habillé en homme-grenouille, vient demander de l'aide pour
bouger un meuble, un autre, candidat aux élections, voit son frère jumeau
arriver chez lui en plein milieu de la nuit, un couple, fan de country et de la
culture cow-boy, vont faire leurs courses, un voiturier recherche la compagnie exclusive de femmes asiatiques ou
africaines et surtout, il y a des intermèdes Bee Gees et David Vincent …
Je dois avouer que je reste assez perplexe après cette lecture. Je ne sais pas quoi en dire : j'ai lu ce court recueil de nouvelles sans déplaisir mais sans grimper aux rideaux pour autant et le pire, c'est que j'ai la sensation de n'avoir pas compris la moitié des histoires ! Bon, y a-t-il vraiment quelque chose à comprendre, à part l'absurdité de certaines situations ? Cela ressemble à des instantanés de vie mais cela m'a laissée parfois un peu frustrée car la fin arrive de façon abrupte et inattendue. Certaines histoires sont mieux réussies que d'autres, plus amusantes, plus ironiques, plus cyniques ou plus cohérentes (enfin surtout pour moi qui ait eu du mal à suivre !). La dernière nouvelle (avant l'épisode final des Bee Gees), elle, marque plus par son émotion et diffère de l'ensemble. Comme c'était mon premier essai avec cet auteur, je ne peux comparer avec le reste de son œuvre mais j'ai "Le cri" qui m'attend dans ma PAL. En tout cas, une lecture toute juste moyenne pour "La vie sur Mars" !
Les avis de Stéphanie, Emeraude et Tamara !
06 novembre 2007
De l'eau pour les éléphants ---- Sara Gruen
Jacob Jankowski est un vieillard vivant dans une maison de retraite. Les jours passent mollement sans beaucoup d'activités jusqu'au jour où un cirque s'installe dans le parking voisin. C'est alors le temps des réminiscences. La jeunesse de Jacob vient le hanter dans ses rêves : en 1931, pendant la Grande Dépression, Jacob a pratiquement terminé ses études de vétérinaire à l'université prestigieuse de Cornell quand ses parents décèdent brusquement. Orphelin sans le sou, malheureux, il saute par hasard dans un train et rejoint ainsi un cirque ambulant, celui des frères Benzini, "le plus grand spectacle du monde", qui veut concurrencer Barnum. Il trouve une place de soigneur et de vétérinaire, même s'il n'a pas encore passé son diplôme, et va découvrir l'envers du décor, fait de violence et d'exploitation inhumaine …
J'avais beaucoup entendu parler de ce titre via des clubs de lecture américains et j'ai été agréablement surprise quand j'ai vu qu'il avait été traduit en français (je n'avais eu l'occasion de mettre la main dessus en anglais). J'avoue avoir hésité avant de me lancer dans cette lecture, n'étant pas une fan des cirques. D'ailleurs, je l'ai eu en main 2 fois à la biblio et je l'ai reposé à chaque fois en optant pour un autre titre pour finalement l'emprunter la 3ème fois. Et bien il ne faut pas toujours se fier à ses premières impressions ! J'ai dévoré ce roman, d'une écriture fluide et facile à lire. L'histoire est racontée par Jacob, le vétérinaire du cirque et se passe sur 2 époques : l'époque actuelle où il est vieux (et qui m'a souvent arrachée des larmes tant la description de la vieillesse est juste) et l'époque de sa jeunesse où il découvre le monde du cirque. On apprend alors les conditions infâmes dans lesquelles ces gens travaillaient et les traitements cruels envers les animaux (mais parfois moins cruels qu'envers les hommes car les animaux étaient plus durs à trouver que la main d'œuvre humaine qui était toujours en recherche d'emploi dans ces temps troublés de dépression économique). On a aussi un aperçu de la Prohibition et des ravages que les alcools frelatés ont causés dans la population des spectacles itinérants qui n'avait que ce moyen pour oublier leurs conditions de vie. Et au milieu de tout cela, vont se dessiner une histoire d'amour entre humains ainsi qu'une relation de respect entre soigneur et animaux, en particulier Rosie l'éléphante. Malgré un a-priori négatif pour le sujet avant ma lecture, cela fut un coup de cœur ! Nul doute que je lirai autre chose de cette auteure !
16 juin 2007
Narcisse Noir ---- Rumer Godden
Un petit groupe de nonnes britanniques, sous la houlette de Sœur Clodagh, va s'installer dans un couvent au pied de l'Himalaya. La maison leur a été gracieusement cédée par un général local, qui voit là un moyen de réhabiliter le lieu, anciennement servant de harem à son père, en le transformant en dispensaire et en école pour les habitants du petit village local. Les travaux d'aménagement sont nombreux et les religieuses sont épaulées par un régisseur anglais, M. Dean. Peu à peu, les paysans viennent se faire soigner et les élèves affluent à l'école et les sœurs travaillent très dur à rendre la place mieux adaptée à leur style de vie mais la nature environnante et les habitants du coin vont finalement modifier lentement leur vision de la vie et de la religion …
A ma très grande surprise, j'ai adoré ce roman, publié en 1939 et adapté en film en 1947 (je pense le regarder très bientôt). L'histoire reste simple et de facture classique, avec peu d'action mais l'évolution psychologique des personnages, que ce soit en bien ou en mal, est particulièrement bien décrite. L'opposition entre religion occidentale et religion orientale est bien amenée, sans lourdeur mais sans trop rentrer dans les détails non plus. L'auteur effleure de façon subtile les différences de mentalités entre les habitants de ce village perdu et les religieuses européennes. La montée en puissance du drame est efficace et mêle exotisme du lieu et sentiments refoulés, comme on pourrait s'y attendre de l'époque et surtout de la part de personnes ayant dédié leurs vies à Dieu. Le lecteur voit les évènements se profiler à l'horizon mais, au même titre que les nonnes, reste envoûté par l'atmosphère de la maison. Voilà un livre qui me restera longtemps en mémoire.
13 avril 2007
L'évangile selon Satan ---- Patrick Graham
En l’an 1348, la peste fait rage en Europe et des religieuses meurent de façon étrange en tentant de protéger un livre que l'Eglise veut tenir secret : "L’évangile selon Satan". Des hommes masqués aux bien étranges pouvoirs voudraient s'en emparer car son contenu pourrait révéler des choses bien embarrassantes pour la Chrétienté. En 2006, des serveuses disparaissent dans le Maine et Marie, profiler du FBI, mène l'enquête. Mais Marie est "spéciale". Depuis un accident de voiture qui a coûté la vie à sa famille et l'a plongée dans un profond coma pendant quelque temps, Marie a des visions : elle est capable de se mettre, littéralement, à la place des tueurs qu'elle poursuit. Son don lui permet de remonter aisément les pistes mais il semblerait que le kidnappeur des serveuses n'attende que cela. Pendant ce temps, le Vatican a dépêché un exorciste, le père Carzo, sur les traces du mystérieux évangile, qui a disparu quelques siècles plus tôt. Les enquêtes de Carzo et de Marie vont finalement les amener à se croiser, sur les traces d'un moine tueur portant les signes du Diable …
Voilà un bon thriller très prenant, dans la lignée de Dan Brown et de Maxime Chattam : Dan Brown, pour son côté ayant trait à la religion et à des secrets protégés par le Vatican (mais le secret est ici nettement plus intéressant et original que dans le "Da Vinci Code") et Maxime Chattam, pour son côté fantastique et pouvoirs étranges (un peu comme dans "L'âme du mal"). Ce mélange très réussi tient le lecteur en haleine et les courts chapitres favorisent une lecture rapide (on se dit toujours : allez, encore un chapitre et puis j'éteins !). J'ai trouvé quelques tournures de phrases bizarres mais je ne sais si je dois les attribuer à des coquilles (par exemple, il y avait des mots en trop (je ne les ai pas sous les yeux mais ce serait du style "il y avait des mots que en trop"). Cela ne porte pas à conséquence et n'entâche en rien le plaisir de la lecture ni la qualité et l'originalité de ce premier roman qui propulse son auteur au rang des auteurs à suivre.
Merci à Beloved de m'avoir fait connaitre cet auteur !







