01 décembre 2009
Refaire le monde ---- Julia Glass
Greenie, maman d'un petit George, a une petite entreprise
de patisserie à Manhattan et son mari Alan travaille comme conseiller conjugal
à la maison mais ses clients se font rares et Alan semble dépressif. Quand
Walter, un ami de Greenie, restaurateur et homosexuel à la vie amoureuse
désastreuse, la met en contact avec le gouverneur du Nouveau-Mexique pour un
poste de cuisinière à plein temps à Santa Fe, la jeune femme saute sur
l'occasion de repartir à zéro et ainsi relancer son couple. Mais Alan ne veut
pas partir et Greenie et George rejoignent seuls le Nouveau-Mexique …
C'est le deuxième roman de Julia Glass et là encore, ce n'est pas un livre léger, ne serait-ce que pour les presque 800 pages ! Mais malgré les thèmes sérieux traités en profondeur, l'ensemble se lit avec une facilité déconcertante. Dès le départ, j'ai été happée par l'histoire et les personnages, et même si ceux-ci sont assez nombreux, je ne me suis pas perdue et je n'ai pas eu besoin de revenir en arrière pour me les remémorer. Les flash-back, assez fréquents aussi et qui permettent de mettre en lumière la psychologie des personnages, ne perturbent pas la lecture non plus. J'ai été plus particulièrement été touchée par les personnages d'Alan et de Saga (une jeune fille qui a eu un grave accident qui lui a modifié entièrement sa personnalité) et c'est avec énormément de plaisir que j'ai retrouvé Fenno et sa librairie, qui étaient les "personnages" centraux du précédent roman de Julia Glass. Celui-ci se passe donc après le premier et je conseillerais quand même de les lire dans l'ordre pour mieux les savourer (même si cela ne gêne en rien la compréhension de l'histoire). L'auteure aborde à nouveau la difficulté de trouver sa place dans le monde et elle dissèque subtilement les relations amoureuses, amicales et familiales. C'est tout en finesse, attachant, émouvant et c'est une réussite bien sympathique à lire !
14 octobre 2009
Jours de juin ---- Julia Glass
A la mort de sa femme à la fin des années 1980, Paul
McLeod décide de partir en Grèce en voyage organisé pour essayer de se changer
les idées. Il rencontre une jeune artiste, Fern, dont il s'éprend en secret. Le
fils ainé des McLeod, Fenno, lui, s'est installé à New York pour fuir une vie
écossaise trop provinciale et a ouvert une librairie. Il devient très proche de
son voisin, Malachy, un critique musical atteint du sida au caractère fort et à
la langue acérée …
Véritable saga familiale s'étendant sur une bonne dizaine d'années, j'ai adoré me plonger dans la vie des McLeod. Julia Glass sait nous donner des petites informations sur les personnages, informations fournies le plus souvent sous forme de flashbacks très réussis car à aucun moment, je ne me suis perdue dans la narration et les allers et retours entre les époques et les personnages (car le roman est aussi divisé en trois parties se concentrant sur des personnages différents, le principal étant quand même Fenno). L'ambiance est très british et on finit par oublier que l'auteure est américaine et même si une partie de l'histoire se passe à New York, les personnages restent très retenus dans leur façon d'être. La solitude de Fenno est poignante, imposée par les ravages du sida dans le milieu gay mais chaque personnage a ses propres problèmes et se sent souvent seul et perdu en essayant de différentes façons de trouver leur place dans le monde. Plein de subtilité et d'émotion, voici un roman attachant et prenant dont j'ai vu arriver la fin avec regret malgré le nombre de pages assez important, ce qui le signe d'une excellente lecture !
Les avis de Florinette, Cathulu, Clarabel.
01 octobre 2009
Qui es-tu Alaska ? ---- John Green
Miles Halter, 16 ans, vit en Floride avec ses parents et a
du mal à s'intégrer dans son école où il n'a pas d'amis. Il demande alors
d'intégrer le pensionnat de Culver Creek, en Alabama, où son propre père avait
suivi sa scolarité car il espère pouvoir enfin rencontrer des copains et faire
les expériences de tous les jeunes de son âge. A son arrivée dans cette
nouvelle école, il se lie avec son compagnon de chambre, Chip alias le Colonel,
et surtout avec Alaska, une jeune fille troublante et au caractère bien trempé
…
Ce roman jeunesse a été estampillé "choix des bibliothécaires" à ma médiathèque et l'histoire avait l'air intéressante mais en fait, c'est le sous-titre de couverture (avec la partie "dernières paroles" qui a tout pour intriguer) qui m'a convaincue de me lancer dans cette lecture ! C'est effectivement un roman dense sur de multiples sujets tels que l'amitié, l'amour, la soif de découvertes et d'expériences et sur la perte et le deuil. L'histoire s'organise autour d'un évènement central qui va modifier la vie de ses adolescents avec un "avant" et un "après" et il est facile de deviner ce qu'il va se passer dès la mise en place des personnages (mais je pense que les ados trouveront là un petit suspense). J'ai trouvé la façon de traiter tous ces sujets assez originale mais je n'ai pas été émue par les problèmes et les drames qui ont touché ou touchent les personnages, auxquels que je n'ai pas réussi à m'attacher. Je pense que c'est peut-être du à un excès d'alcool dans l'histoire … c'est sûr qu'il est normal d'expérimenter et de profiter de sa jeunesse mais je me suis souvent demander à quel point ces jeunes éprouvaient du plaisir à boire (il est sûr que le plaisir n'entrait pas en ligne de compte pour certains et à peine pour d'autres … plutôt le fait de suivre le mouvement et faire comme les autres). Bref, en tant qu'adulte, je n'ai que moyennement accroché et j'ai trouvé quelques longueurs, dues probablement au manque de surprise sur les évènements de l'histoire et au peu d'atomes crochus entre Miles et ses amis et moi.
Les avis de Clarabel et Clochette.
15 septembre 2009
Assortiment pour une vie meilleure ---- Thomas Gunzig
Caroline passe son temps à jouer du piano pour être à la
hauteur du prochain disque qu'elle doit enregistrer mais son été va basculer
quand elle va découvrir l'homme à tout faire d'une maison voisine, Lucas est
guide sur une petite ile grecque et déplore le fait que ses clientes sont
toutes trop âgées à son goût, Amine vit dans une barre HLM et a un furet comme
souffre-douleur mais la petite bête a des idées bien arrêtées sur sa relation
avec le jeune garçon et va semer le chaos dans l'immeuble …
Cela fait un petit moment que je n'avais pas lu de recueil de nouvelles et ma reprise avec ce livre a été une réussite dans l'ensemble. Bien sûr, il y a toujours quelques histoires avec lesquelles on accroche moins mais elles ont été peu nombreuses ici. Le style est simple mais particulier et ressemble à la façon de parler des gens qui n'ont pas toujours eu de chance dans la vie. Après une très courte période d'adaptation, j'ai trouvé que ce style collait particulièrement bien aux histoires racontées car l'auteur y parle souvent de gens blessés par la vie (comme la nouvelle avec Spiderman par exemple, qui m'a beaucoup touchée). Les chutes sont souvent dures avec une sorte d'humour noir que j'ai apprécié (surtout l'histoire du furet et la dernière du recueil, celle où un homme va devenir un papa d'une sorte particulière et absurde). C'est féroce, souvent divertissant, avec des portraits humains pas souvent avantageux mais qui font mouche. Voilà un auteur belge à découvrir !
22 juin 2009
L'histoire d'un mariage ---- Andrew Sean Greer
En 1953, à San Francisco, Pearlie Cook vit une vie
provinciale bien rangée. Elle a connu son mari Holland alors qu'elle était
adolescente dans le Kentucky mais la guerre les avait séparés et c'est par
hasard qu'ils s'étaient rencontrés à nouveau à San Francisco. Ils se marient, ont
un fils et un chien et vivent dans un petit pavillon mais leur vie s'apprête à
basculer après quatre ans de bonheur. L'arrivée de Buzz Drumer, un ancien
camarade de guerre d'Holland, va chambouler la vision de Pearlie sur son
mariage et sur sa vie en lui révélant tout un aspect méconnu de son mari …
Mon résumé semble bien court et peu détaillé mais une partie de
l'intérêt de cette histoire réside dans les choses qu'on va apprendre sur les
différents protagonistes. L'époque est très intéressante et l'auteur aborde des
thèmes variés comme la ségrégation raciale qui est toujours en vigueur à cette
époque, l'ombre des différentes guerres (la seconde guerre mondiale, la guerre
de Corée et plus tard celle du Vietnam) qui plane sur les gens, l'affaire
Rosenberg et le Maccarthisme. Il décrit une société américaine qui semble
heureuse et sans problème mais qui est minée par les secrets, les préjugés, les
non-dits et les apparences. Mais je dois dire que les nombreux rebondissements
distillés avec parcimonie ou les retournements de situation m'ont un peu
lassée. Est-ce du à mon faible attachement aux personnages ou bien à la façon
de présenter le tout, je ne saurais le dire mais à la fin, ma première pensée
fut "Tout ça pour ça ??? On aurait pu faire plus court !". En tout
cas, je n'ai pas eu de grandes surprises mais le contexte historique est
particulièrement bien décrit et a réussi à maintenir mon intérêt tout au long
d'un livre que j'aurais peut-être abandonné sans cela !
Les avis de Clarabel, Cathulu, Papillon, Amanda, Cuné et Dasola.
05 novembre 2008
Un secret ---- Philippe Grimbert
"Fils unique, j'ai longtemps eu un frère.",
voilà comment le narrateur commence à nous raconter son histoire. Enfant unique
chétif et maladif d'un couple de sportifs beaux comme des dieux, né peu de
temps après la guerre, il se sent souvent mélancolique et triste, peu intégré
dans sa famille, pas souvent à la hauteur et trouve réconfort auprès de Louise,
voisine du magasin tenu par ses parents et amie de longue date de ceux-ci. Il
lui semble qu'il est entouré de non-dits, de secrets étouffés et il a
reconstitué péniblement la vie de ses parents à l'aide de bribes d'information
récupérées à droite et à gauche. Mais c'est le lendemain de ses 15 ans qu'il va
découvrir la véritable histoire de sa famille et de ses origines …
Me revoilà de retour dans les lectures pour les rencontres avec les lycéens avec ce dernier titre prévu pour la première rencontre de début décembre donc je suis parée et j'ai bien fait mes devoirs (j'ai du prendre plein de notes pour ces lectures, histoire de ne rien oublier d'ici là et de me souvenir de ce que je veux parler ou des thèmes qui m'ont marqué … du coup, lire ces livres prend plus de temps que prévu). Je pense qu'il y a énormément de personnes à lire ce roman car il a eu le prix Goncourt des lycéens en 2004 et le prix des lectrices Elle en 2005, sans compter le fait qu'il a aussi été adapté au cinéma par Claude Miller. J'avoue que le sujet développé est très intéressant et bien tourné mais je n'ai pas réellement accroché avec les personnages ! J'ai trouvé les parents du narrateur, Maxime et Tania, particulièrement superficiels, très axés sur le culte du corps et du paraître et je n'ai pas pu avoir de pitié pour eux et pour leurs éventuels questionnements. En plus, ce culte du corps m'a un peu mis mal à l'aise car je l'ai tout de suite rapproché du culte du corps prôné par les nazis ! De même, toute cette culpabilité étouffante venant des non-dits et subie par le narrateur m'a parue un peu convenue (est-il possible de se sentir coupable de quelque chose qu'on n'a pas fait et qu'on ignore ? ce n'est pas mon cas !). Le mélange roman et autobiographie donnant une œuvre à mi-chemin où il est difficile de séparer le réel de l'imaginé est par contre très réussi (et forcément a entrainé des recherches de ma part) et la narration, alternant enfance du narrateur, passé des parents, vie imaginée et vie réelle, m'a beaucoup plus mais je pense qu'il peut être assez facile de se perdre dans tous ses méandres si on n'est pas attentif à la lecture ! Et autre côté intéressant du livre, cela m'a permis de me plonger dans des recherches sur les déportations des enfants juifs en découvrant des documents particulièrement poignants. Mais cette lecture m'aura quand même laissé un souvenir mitigé de part le peu d'attachement affectif que j'ai ressenti avec les protagonistes (voire carrément la colère contre leurs comportements) alors que j'aurais du pleurer abondamment sur cette tragédie … je me demande si c'est l'auteur qui a voulu trop bien faire et qui l'a rendue un peu trop artificielle à mes yeux ou bien si ce n'était pas le bon moment pour moi d'aborder cette lecture ! Je m'attendais à être beaucoup plus touchée par ce livre et donc cela a été une découverte moyenne.
05 octobre 2008
Le fiancé de la lune ---- Eric Genetet
Arno Reyes exerce le métier de "singe",
c'est-à-dire tout ce qui nécessite de se retrouver dans les hauteurs : tailleur
de branches d'arbres, nettoyeur de vitres de gratte-ciel et autres jobs à
risque. Il est bien payé et voyage dans le monde entier. Ses parents sont morts
quelque temps auparavant et sa valise est toujours prête. Il change
régulièrement de petite amie, n'arrivant pas à s'attacher. Mais lors d'une
soirée, il fait la connaissance de Giannina, une chanteuse montante et sa vie
va basculer …
Ce court livre est un roman d'amour très actuel. Des SMS servent de "dialogues" (attention, le langage SMS n'est pas utilisé ici donc c'est très lisible !), de nombreuses références cinématographiques émaillent l'histoire et la musique est aussi très présente, donnant un certain rythme à l'ensemble. L'histoire d'amour n'a rien de bien original (on se découvre, c'est la passion mais le temps fait son œuvre) mais amène la larme à l'œil vers la fin, larme vite essuyée malgré tout car je ne pense pas que ce livre restera dans mes annales. Le style est assez travaillé, avec des phrases un peu trop poétiques pour moi et qui me faisaient un peu penser à des clichés mais à côté de ça, il y en avait d'autres vraiment bien trouvées qui venaient rattraper le tout. Un livre pour se rappeler la magie des premiers rendez-vous amoureux, de la découverte de l'autre, pour se rappeler que tout change et qu'il ne faut pas laisser passer le bonheur. Comme c'est un premier roman, c'est un auteur à découvrir avec ce livre qui se lit vite et facilement.
L'avis de Clarabel.
13 avril 2008
La mariée mise à nu ---- Nikki Gemmell
Une mère envoie à un éditeur le manuscrit d'un livre écrit
par sa fille qui a mystérieusement disparu il y a un an. Ce manuscrit raconte
anonymement la vie d'une femme mariée, qui a tout de la parfaite épouse. On y
découvre le quotidien souvent frustré, plein de non-dits, de cette jeune femme
de 36 ans qui se cachait derrière une facade de bonheur et d'équilibre mais qui
se révèle enfin sans artifice dans ce journal matrimonial au jour le jour …
Pour en savoir plus sur cette vie cachée et pas toujours très avouable, il vous faut lire ce livre parfois étrange. Les chapitres ont été transformés en leçons de l'ère victorienne aux titres savoureux mais le contenu est loin d'être aussi prude et raisonnable ! La narration colle de près à l'étrangeté du livre, utilisant le "vous" pour mieux interpeller les lecteurs, les prenant à témoin, les forçant à pénétrer dans la tête de la narratrice pour mieux la comprendre. Epouse frustrée par un mari souvent absent ou inattentif à ses besoins, femme dominée par une amie d'enfance très sûre d'elle et sans gêne, l'héroïne (dont on ne saura jamais le nom) a quitté son emploi pour faire plaisir à son mari. Isolée et malheureuse, peu sûre d'elle, elle n'a pas de vrai but ni de motivation dans la vie. Elle va suivre un parcours insolite pour se trouver et éventuellement trouver le bonheur : ce chemin va alors passer par une initiation sexuelle qui va lui faire découvrir son corps mais aussi les raisons qui poussent les hommes et les femmes ensemble. Les descriptions sont parfois crues mais n'ont pas de caractère malsain, on n'est pas là dans un roman érotique, même si j'ai pu me lasser un peu de tous ces détails au bout d'un moment, ayant la sensation que cette femme avait parfois un horizon assez limité aux relations charnelles. Mais on sent la détresse de la narratrice, le mal-être et l'émotion qui se dégagent de l'ensemble avec toutes les questions que la majorité d'entre nous ont pu se poser (ou se poseront un jour) sur les relations entre les deux sexes et le fonctionnement d'un mariage. Ce roman est une confession honnête et franche, sans tabous, de la vie d'une épouse comme les autres, à laquelle j'ai eu un peu de mal à m'identifier cependant cela reste un livre qui se révèle bien plus profond que le résumé et le thème auraient pu le laisser supposer. Mais si vous pensez avoir la réponse à toutes vos questions sur les femmes et sur celle-ci en particulier, après cette lecture, détrompez-vous. De toute façon, n'est-il pas vrai que les femmes restent un peu mystérieuses tout en se dévoilant ? C'est le cas dans ce livre étonnant à découvrir.
Les avis de Fashion, Yvon, Cuné, Camille, La Liseuse, Stéphanie et Tamara.
07 mars 2008
Train bleu train noir ---- Maurice Gouiran
Mai 1993 : c'est la veille de la finale de coupe d'Europe qui va voir s'affronter le Milan AC et l'Olympique de Marseille. De nombreux trains de supporters quittent la cité phocéenne pour emmener tout ce monde chahuteur et gueulard à Munich où la rencontre doit avoir lieu. Parmi les passagers du train bleu, il y a un trio d'hommes mûrs et de vieillards : Robert, Georges et Michel qui ne vont pas seulement voir le match. Car ce n'est pas que le foot qui les unit. Cinquante ans plus tôt, en janvier 1943, ces mêmes hommes étaient dans des trains noirs, des trains qui amèneront de nombreux marseillais des vieux quartiers dans les camps de concentration. Et le temps a beau passer, les trois hommes sont toujours torturés par leurs souvenirs et leurs cauchemars : la disparition de leurs familles, les moments horribles vécus, la destruction pure et simple des vieux quartiers de Marseille effectuée par les allemands sous prétexte de nettoyer la ville du grand banditisme …
Voilà le dernier titre de la sélection du prix inter-comités d'entreprises CEZAM 2008 (c'est extraordinaire : j'ai lu les titres rapidement mais bon, j'ai eu de la chance de les trouver facilement à la biblio) ! Et j'ai fini plutôt en beauté. Je ne dis pas que cela fut un coup de cœur mais le livre de Gouiran fut une lecture tout à fait honorable. L'histoire, qui entretient le suspense tout au long des pages, mêle souvenirs de la seconde guerre mondiale, de l'occupation allemande et des trains de la mort et moments actuels avec le foot omniprésent et le but rapidement avoué des hommes qui furent raflés cinquante ans auparavant. Mais si on laisse très vite pourquoi ils se rendent à Munich, le mystère tient surtout au fait de savoir comment cela se réalisera, avec un petit coup de théâtre à la fin. J'ai beaucoup aimé toute la partie souvenirs qui parle d'évènements méconnus de la guerre avec Marseille en toile de fond, avec la description des motivations et des comportements des uns et des autres sur les actions qui ont bouleversé la vie de milliers de personnes. De ce côté-là, le livre dépasse largement l'histoire policière classique car il décrit très bien les sentiments amers de personnes détruites émotionnellement par la guerre et les rafles qui ont eu lieu, comment une vengeance pourrait éventuellement soulager cette douleur omniprésente malgré les années. L'écriture fait la part belle au parler marseillais, avec des mots ou des expressions typiques, histoire de mettre un peu plus le lecteur dans l'ambiance. J'avoue que cela ne m'a pas gênée du tout lors de la lecture car étant originaire du sud, je les connaissais toutes (et j'en utilise certaines aussi) mais je serais curieuse d'avoir l'avis de quelqu'un n'étant pas de la région pour savoir si ces expressions ont perturbé leur lecture. La partie finale parle un peu de trop de foot à mon goût (et je trouve que cela n'apporte rien de spécial à l'ensemble) et le coup de théâtre m'a quand même un peu déçue (je ne peux pas dire pourquoi sans rien révéler !). Mais une belle découverte malgré tout !
29 décembre 2007
Intrigue à l'anglaise ---- Adrien Goetz
A la fin de l'été 1997, Pénélope vient juste d'être nommée
adjointe à la directrice du Musée de la Tapisserie de Bayeux. C'est son premier
poste et elle est déçue : elle qui s'est spécialisée en égyptologie et en
tissus coptes, elle espérait rester sur Paris en trouvant un poste au Louvre.
Bayeux l'insupporte, son caractère provincial joue sur les nerfs de la jeune fille
pourtant originaire de Villefranche-de-Rouerge mais qui ne jure que par la
capitale. D'ailleurs, elle y a tous ses amis et surtout son petit ami
Wandrille, qui travaille ponctuellement en tant que journaliste. Mais la vie
tranquille de la petite ville va vite voler en éclats : un homme est assassiné
non loin de là, un crime sordide mais sans nul doute crapuleux, puis c'est sa
supérieure qui est attaquée et qui se retrouve entre la vie et la mort. Qui
pourrait en vouloir à une conservatrice de musée plutôt tranquille à moins que
tout cela ait rapport avec les quelques mètres manquants depuis toujours dans
la tapisserie la plus célèbre d'Europe …
Fantaisie historique et artistique mâtinée de polar traditionnel, le tout accompagné d'une touche d'humour et d'érudition, voilà en quoi consiste ce roman. Beaucoup de rebondissements émaillent l'histoire, on suit avec plaisir l'enquête de Pénélope même si certaines pistes paraissent un peu artificielles, un peu brouillons et bizarrement exploitées, comme si l'auteur s'était senti un peu obligé d'en rajouter pour mieux perdre le lecteur. Cela n'empêche en rien le style fluide et facile d'être efficace et prenant. Ayant vu la Tapisserie, me passionnant pour cette époque, j'ai trouvé d'autant plus de plaisir à ma lecture mais (parce qu'il y a un "mais" !) j'ai été déçue par la fin un peu abrupte, peu développée et à mes yeux un peu bâclée qui ne m'a pas convaincue et a un peu gâché l'ensemble. Cela aura été une lecture sympathique de détente mais je ne suis pas très sûre d'en garder un grand souvenir !
Les avis plus enthousiastes de Chatperlipopette et Le Bibliomane. Voir aussi chez Boo !




