21 octobre 2009
Little bird ---- Craig Johnson
Dans le comté d'Absaroka, dans le Wyoming, le shérif Walt
Longmire fait régner l'ordre depuis une vingtaine d'années. En général, tout se
passe bien et les relations entre les différentes communautés sont tranquilles
mais deux ans auparavant, une jeune Indienne, Melissa Little Bird, avait été
violée par quatre jeunes adolescents blancs. Le procès avait été décevant car
les accusés n'avaient écopé que de petites peines avec sursis et les tensions
en avaient découlé. Alors, quand le corps de Cody Pritchard, un des jeunes
coupables, est retrouvé près de la réserve cheyenne, Walt a peur de se retrouver
face à une vengeance …
Me revoilà avec un roman policier car je suis dans l'humeur d'en lire en
ce moment ! Cette fois-ci encore, ce fut une bonne pioche car j'ai trouvé ce
roman, premier d'une série avec le shérif Walt Longmire, passionnant. Tout
d'abord, c'est exceptionnel mais je n'ai pas trouvé rapidement le coupable et
ça, ça a le mérite d'être souligné ! Le mélange de deux communautés est assez
intéressant, même si on survole assez la partie indienne, et cela donne une
autre dimension au roman, qui aurait pu être relativement banal autrement. Les
grands espaces du Wyoming tiennent aussi une grande place dans le livre,
surtout la météo qui va se "mettre en travers" de l'enquête si je
peux dire ainsi car un blizzard va sévir. Mais ce qui m'a complètement charmée,
ce sont les personnages et particulièrement celui de Walt, très bourru mais
très attachant et avec un humour que j'adore. Son ami Henry Standing Bear n'est
pas mal non plus et le reste est à l'avenant. Par contre, je conseille aux lecteurs
intéressés de ne pas trop mettre de temps lors de cette lecture pour ne pas
risquer d'oublier les noms des personnages car ils sont assez nombreux. De
toute façon, vu l'histoire, moi, j'ai eu du mal à poser ce livre en fin de
journée alors je ne pense pas qu'on puisse mettre longtemps pour le lire ! mdr
! Maintenant, comme beaucoup de blogueurs et de blogueuses, j'attends avec
impatience la sortie du prochain volume avec Walt Longmire !
Les avis d'Amanda, Emeraude, Cuné, Papillon, Brize, InColdBlood et Cathulu.
08 juin 2009
Une dynastie américaine ---- John Jakes
Chicago, 1906. Fritzi Crown est une jeune femme aux idées
bien arrêtées : elle rêve d'être actrice et décide, contre l'avis de son père,
un riche brasseur du coin, d'aller à New York tenter sa chance sur Broadway
alors qu'un de ses frères, Carl, a déjà quitté la maison familiale après une
année peu concluante passée à l'université. Carl, de son côté, est fasciné par
les automobiles et trouve un emploi chez Mr Ford, qui a dans l'idée de lancer
un modèle peu cher pour démocratiser ce moyen de transport. Si tout semble
aller bien pour Carl, Fritzi a du mal à trouver des rôles. On lui propose
seulement de jouer dans des petits films mais le cinéma, qui fait ses premiers
pas, lui paraît peu noble pour une actrice …
J'ai emprunté ce livre à la biblio sans savoir (avant que j'arrive à la fin et que je lise le post-scriptum de l'auteur) que c'était le deuxième volet de la saga des Crown, une famille allemande récemment arrivée aux USA dans le premier tome La terre promise. Bon, je dois dire que cela n'a pas été réellement un problème car il peut se lire indépendamment mais j'aurais quand même bien aimé les lire dans l'ordre (mais pour l'instant, le premier volume est en atelier de réfection à ma biblio et je ne sais pas quand il en sortira). J'apprécie beaucoup cet auteur, qui fait tout le temps des pavés mais qui se lisent facilement, et celui-ci, qui décrit avec forces détails le début du XXème siècle (aux USA et aussi en Europe) avait tout pour me plaire. On y parle des débuts du cinéma, certains acteurs connus font des apparitions plus ou moins importantes, de même que certains réalisateurs, on découvre aussi les débuts de l'automobile (dans le sens où celle-ci va devenir accessible à tous) et de l'aviation et l'auteur traite aussi des journalistes de l'époque et des problèmes qu'ils ont pu encontrer lors de certains évènements comme la Première Guerre Mondiale. Malgré de nombreux personnages, on ne se perd jamais et si certains m'ont paru assez peu convaincants, le contexte historique les rend néanmoins intéressants. Le seul problème de ce roman fleuve est sa fin qui m'a laissée un peu insatisfaite sur le devenir de certains personnages car l'auteur avait prévu de faire une suite à ce second volume, suite toujours non publiée (et peut-être même non écrite !) à ce jour.
18 avril 2008
La neuvième vie de Louis Drax ---- Liz Jensen
Louis Drax va avoir 9 ans. Depuis sa naissance, il est sujet aux accidents et problèmes en tous genres : il a commencé par la mort subite du nourrisson, heureusement détectée à temps par sa mère Natalie, et ensuite, les chutes et autres maladies se sont enchaînées régulièrement, au plus grand désespoir de ses parents. Le père, Pierre, vit loin d'eux, à Paris car il est pilote à Air France et il ne peut pas faire les trajets à chaque fois. Natalie se retrouve donc à devoir affronter toute seule les problèmes de Louis. Le petit garçon, qui est très intelligent, est aussi suivi par un psychiatre mais les résultats n'ont pas l'air très concluants. Pour les 9 ans de Louis et les 40 ans de Natalie, un pique-nique est organisé près de Vichy mais un drame va se dérouler pendant cette journée. Louis tombe dans un ravin, son père disparaît mystérieusement et après été déclaré mort, Louis ressucite à la morgue mais reste dans un coma profond …
Suite au billet de Florinette, j'ai été très attirée par cette histoire à deux voix, celle de Louis et celle du médecin qui le suit et par son côté un peu bizarre. Je ne savais pas vraiment si cela allait mêler fantastique et sentiments ou bien si l'ensemble allait rester logique, les parties racontées par Louis n'étant alors que les impressions, sentiments et souvenirs d'un enfant plongé dans le coma. J'ai été accrochée dès le départ, par le style et l'humour noir qui reste assez présent dans les interventions de Louis alors que le reste du roman est beaucoup plus sombre. Mais arrivée vers la moitié du roman, j'ai perdu un peu de mon intérêt initial, trouvant que l'auteure répétait un peu trop les mêmes choses, tournant en rond sur les mêmes thèmes : la mère éplorée, le docteur qui s'attache à ses patients, le petit garçon qui détient la clé de l'énigme mais qui ne comprend pas tout. Le suspense est devenu alors très limité car il n'y avait pas beaucoup de possibilités et j'en ai déduit le final plutôt rapidement. J'ai donc plutôt continué ma lecture pour savoir comment l'auteure allait tourner tout ça mais je n'avais plus de surprise ni de grand intérêt. L'intérêt principal du roman est la personnalité de Louis, enfant intelligent mais étrange alors que les autres personnages semblent parfois peu crédibles et surtout bien souvent agaçants. Une lecture moyenne au final, pas vraiment désagréable mais un peu trop longue et répétitive, qui ressemblait par ses défauts à un premier roman mais après recherches, ce n'en est pas un, ce qui rend la déception un peu plus grande !
24 septembre 2007
En attendant l'orage ---- Graham Joyce
James, Sabine et leurs deux filles passent l'été dans une ferme en Dordogne. Matt et Chrissie, ainsi que Rachel, les ont accompagnés pour ces vacances reposantes mais l'ambiance est loin d'être paisible. Jessie est une enfant de 11 ans vite perturbée et il semblerait qu'une personne ait décidé de la prendre sous sa coupe pour d'étranges leçons sur les anges. Au fur et à mesure que la chaleur empire, les tensions cachées s'exacerbent et finissent par se révéler au grand jour …
Voilà mon premier essai avec cet auteur britannique et j'en garde une impression mitigée. Déjà, ma bibliothèque avait classé ce roman dans la catégorie SF/Fantastique, hors il se révèle à la lecture qu'il n'y a rien de fantastique dans l'histoire. Je dirais plutôt que c'est un thriller psychologique qui analyse les comportements humains. La montée en puissance du suspense s'effectue en parallèle avec l'approche de l'orage (comme le titre l'indique) et l'auteur intercale quelques chapitres explicatifs sur la météo (intéressants mais très courts). Mais des indices distillés subtilement m'ont quand même permis de savoir qui était le "professeur" de Jessie bien avant la fin. L'atmosphère dans la ferme est étouffante et lourde, voire malsaine et glauque et c'est un des principaux intérêts du roman. L'auteur excelle dans la description des tensions entre les protagonistes mais aucun des personnages n'a été suffisamment attachant pour que j'éprouve une quelconque inquiétude pour lui. Et au final, je me suis dis "tout ça pour ça ?", un peu déçue et m'attendant à un final beaucoup plus "orageux", si je puis dire !
L'avis plus enthousiaste d'Allie !
11 septembre 2007
Microfictions ---- Régis Jauffret
L'auteur nous livre ici 500 microfictions, des histoires
très courtes sur la vie de tous les jours, qui dénoncent, qui choquent, qui
mêlent souvent cruauté, violence, cynisme, obsession, jalousie, mais aussi
parfois amour, nostalgie, tendresse toujours mâtinés d'ironie et de brutalité …
C'est mon premier livre de cet auteur donc je n'ai rien pour comparer par rapport au reste de son œuvre. Ses microfictions ne durent qu'une page et demie et sont donc vite lues mais je dois avouer que je ne voyais jamais la fin du livre arriver ! Certaines histoires sont très similaires et j'ai souvent eu la sensation de lire plus ou moins la même chose encore et encore. Je ne peux que lui reconnaître le mérite de dénoncer certains travers de notre société mais plus de 1000 pages sur le même ton grinçant finit par lasser. Un petit travail d'édition aurait peut-être permis de garder les meilleures histoires (j'ai parfois eu l'impression de lire carrément des brouillons) et d'alléger le livre de quelques 200 pages. Sans compter que les éditions Gallimard et leurs correcteurs auraient bien besoin d'une petite révision en grammaire (surtout sur l'utilisation de "ou" et "où" et de "cour" et "cours") ! Vu le prix du livre, ils pourraient se fendre d'une relecture correcte quand même (bon d'accord, c'était un livre emprunté à la biblio mais quand même !).
29 mai 2007
L'heure et l'ombre ---- Pierre Jourde
A l'occasion d'un voyage nocturne avec sa compagne du
moment Denise, le narrateur, jeune médecin, se souvient de son enfance, des
étés dans la petite ville balnéaire de Saint-Savin où il est fasciné par la
maison voisine et ses occupantes. Il est surtout sous le charme de Sylvie,
petite fille de son âge, qui va devenir son premier amour. Petit à petit, ces
souvenirs vont se faire plus pressants et le narrateur finira par essayer de retrouver
des années après la magie de ses premiers émois et la magie de cet amour pur …
Pas très facile de résumer ce roman car il y a plusieurs narrations dans la narration et je sais que cela m'a un peu perturbée car le changement de narrateur n'est pas toujours très facile à détecter au premier abord. De plus, plusieurs histoires se mélangent : histoires du narrateur principal, de sa compagne, de son ami … Chaque histoire est intéressante et liée plus ou moins au fil conducteur du roman mais laisse un goût d'inachevé. C'est surtout un hymne à l'enfance, au passé, à l'amour, le tout empreint d'un peu de fantastique, de merveilleux et de lyrisme. Le lecteur ne sait plus trop où est la réalité, se sent comme dans un rêve. Le style très poétique sert à merveille le roman, lui donnant une touche intemporelle et mystérieuse. Je ne doute pas du talent littéraire de l'auteur, qui est indéniable à la lecture de ce livre mais pour ma part, j'ai moyennement apprécié cette lecture. Trop d'envolées lyriques à mes yeux, trop de digressions pour que je puisse apprécier (je suis plus attirée par une histoire que par la poésie d'une narration). J'ai refermé le livre avec soulagement, j'aurais bien aimé qu'il fasse une petite centaine de pages de moins mais il ne faut surtout pas que cela arrête les autres lecteurs car ce roman est d'une grande qualité.
PS : Roman en lice pour le prix Inter-Comités d'entreprise CEZAM 2007.
L'avis plus enthousiaste de Sylire.
04 janvier 2007
Entretiens avec une tueuse ---- Andréa H. Japp
Théa est une tueuse. Enfant abandonnée, elle a été
recueillie par une société secrète qui l'a formée au métier de tueuse. Elle tue
par contrat, sans état d'âme, parce que c'est la seule chose qu'elle sait
faire. Un jour, vers ses 18 ans, elle s'enfuit et se retrouve livrée à
elle-même dans Paris. Elle va faire la rencontre de personnages déjantés,
paumés, certains sans un sou mais le coeur sur la main et d'autres trempant
dans des histoires louches. Mais surtout, elle va se retrouver avec un
enfant... Après une vie pleine de rebondissements, elle décide de raconter son
histoire à un jeune journaliste...
Je suis une habituée d'Andréa H. Japp mais je trouve que ce roman n'est pas dans ses meilleurs. La fin est surprenante mais, pour qui a l'habitude de lire des romans policiers, elle est devinable bien avant la fin. J'ai eu quelques difficultés à rentrer dans le livre car les différentes "voix" ne sont pas très bien différenciées (quand elle pense, quand elle raconte au journaliste, quand elle raconte ce qu'elle vient juste de faire...) et cela ne permet pas de s'attacher aux personnages. L'idée était bonne mais moyennement bien exploitée.
*Livre lu en 2002*




