26 août 2009
Quand vous lirez ce livre ... ---- Sally Nicholls
Sam a 11 ans et est atteint d'une leucémie. A cause de sa
maladie, Mademoiselle Willis vient lui faire cours à la maison et Félix, un
autre jeune malade de 13 ans qu'il a rencontré lors d'un de ses séjours à
l'hôpital, est présent lui aussi. Lors d'une leçon, Sam se met à écrire une
liste sur ce qu'il aimerait faire et sur sa maladie et sa vie quotidienne …
Vu le sujet, vous vous doutez bien que c'est le genre de livre qui tire des larmes à la lectrice sensible que je suis ! Le fait que le narrateur soit le malade amplifie le lien entre lui et les lecteurs, on a vraiment la sensation que ce roman est écrit par un garçon de 11 ans. Il n'y a rien qui semble trop poussé pour quelqu'un de son âge ou rien de trop naïf non plus. Tout n'est pas noir dans ce livre car Sam est heureux malgré sa maladie : il est entouré d'une famille qui l'aime, de Félix qui le comprend d'autant mieux qu'il est malade lui aussi. Mais bien sûr, la leucémie est omniprésente et vient jeter un voile par-dessus tout cela. Sam a parfois du mal à être un enfant comme les autres, même s'il essaie et il se pose beaucoup de questions sur son avenir, sur la mort, sur les raisons de sa maladie. L'ensemble est émaillé de listes sur différents thèmes et de dessins. Un roman sensible et émouvant qui s'adresse à tous les âges !
25 août 2008
El Hadj ---- Mamadou Mahmoud N'Dongo
El Hadj vient de la cité de Drancy où il a été élevé par
Moussa Kouyaté après la disparition de sa famille. Il commence alors des petits trafics puis, plus tard, sert de chauffeur pendant des années à Moussa qui est
le caïd du coin. Mais voilà que le chef de bande vient de passer le flambeau et
beaucoup sont sur les rangs pour prendre la relève. Mais tout ne se passe pas
simplement et El Hadj se retrouve impliqué un peu contre son gré dans la
bagarre …
Je ne connaissais pas du tout cet auteur et j'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre au vu de la quatrième de couverture ! Je pensais lire un roman plus axé sur la religion au vu du titre (vu que El Hadj veut dire "le pèlerin", celui qui est allé à La Mecque) mais en fait, cela s'est révélé un polar qui se passe dans les cités mais qui parle aussi de plusieurs autres sujets : la difficulté de sortir de ce milieu alors qu'on y a passé toute sa vie, le comportement vis à vis des "amis" qui sont dans ce milieu, la place des femmes, la famille qu'elle soit biologique ou non, l'excision des jeunes filles. Le roman est donc plus riche qu'il n'y paraît mais je me suis un peu perdue dans le grand nombre de personnages, qui ont souvent un nom et un surnom, histoire de me mélanger encore plus ! Je ne peux quand même pas le reprocher à l'auteur car c'est ainsi que cela se passe mais cela n'a pas facilité ma lecture et j'ai du revenir sur mes pas plusieurs fois (et j'ai parfois laissé tomber à comprendre qui était qui !). Il faut aussi noter une mise en page originale avec parfois quelques lignes par page et parfois des paragraphes plus longs et une narration qui part de la fin pour remonter le temps et ensuite revenir au point de départ, d'où l'importance de ne pas oublier de lire les dates des chapitres sous peine de ne plus rien y comprendre ! Au final, une histoire parfois un peu brouillonne mais intéressante, avec peut-être un peu trop de personnages pour réellement apprécier et s'attacher à eux.
Les avis de Tamara et Laurence.
01 août 2008
Un bisou, c'est trop court ---- Carl Norac et Claude K. Dubois
Lola, une jeune hamster et sa famille déménagent et se
retrouvent dans leur nouvelle maison avec leurs cartons à déballer et les
affaires à ranger. Lola est un peu inquiète car elle ne connaît pas les lieux
qui sont parfois effrayants et elle veut un câlin de la part de ses parents
pour la rassurer …
Petit livre jeunesse (oui, je sais cela ne m'arrive pas souvent de chroniquer des livres pour ces tranches d'âge de 3 à 5 ans) mais je l'ai trouvé d'occasion et j'ai craqué pour ses dessins aux teintes pastel et à la petite bouille adorable de Lola (car j'adore aussi les hamsters !). L'histoire explique aux enfants qu'ils n'ont pas à être inquiets lors d'un déménagement et que leur nouvelle maison finira par leur paraître rassurante. Une lecture très mignonne !
01 novembre 2007
Compartiment pour dames ---- Anita Nair
Akhila, quarante-cinq ans, célibataire, partage une petite maison avec la famille de sa sœur à Bangalore, une petite ville du sud de l'Inde. Elle n'est pas heureuse et a la sensation d'être passée à côté de la vie, elle qui s'est occupée très jeune de sa famille sans jamais se révolter ni penser à elle et à son bonheur. Pour essayer de reprendre le contrôle de son destin, elle décide de partir à la pointe sud du pays et se retrouve dans le compartiment pour dames du train qui la conduit vers Kanyakumari. Les autres femmes présentes vont essayer de l'aider, en racontant leurs propres vies, à faire le point sur la sienne et sur ses besoins et ses envies …
Ce roman a eu beaucoup de succès dans mon club de lecture les années passées mais j'avoue que j'avais fait l'impasse sur cette lecture. Et voilà que ce titre est sélectionné pour le Club des blogueuses de novembre ! Je m'y suis donc lancée, sans attente ni à priori mais le livre m'a moyennement plu. Le rythme est assez lent, les femmes racontent leurs difficultés à associer vie moderne et envies avec les vieilles traditions indiennes. Il en résulte un mal-être pour ces épouses qui n'existent qu'à travers leurs maris et leurs enfants alors qu'elles ont besoin d'être reconnues aussi pour elles-mêmes. Les sujets abordés sont nombreux : avortement, famille, homosexualité, célibat, contraception entre autres. Cet aspect du récit est très intéressant et permet de découvrir la société indienne actuelle, si différente de la notre. Mais j'ai plusieurs fois perdu un peu le fil du récit, ne sachant plus quelle histoire j'étais en train de lire (celle de Akhila, d'une autre femme ?), prouvant ainsi que je n'étais pas totalement immergée dans le roman. Malgré les épreuves que ces femmes ont traversé, je n'ai pu m'attacher à aucune d'elles, peut-être parce que chaque portrait n'est finalement que juste effleuré. Akhila, bien que je puisse comprendre certaines de ses réactions, influencées par son éducation et la société, m'a néanmoins un peu agacée et m'a fait l'effet d'être beaucoup moins mûre que son âge et sa vie de responsabilités auraient pu le laisser croire. C'est néanmoins un livre bien écrit, qui permet une incursion dans la société indienne et qui nous fait réaliser que la vie n'est pas toujours facile pour les femmes dans ce pays.
Pour celles qui ont lu le livre et qui veulent peut-être y réfléchir plus en détail, j'ai trouvé ces questions servant de guide de lecture (que j'ai traduit de l'anglais) :
1 – Quels sont les sentiments de la mère d'Akhila pour sa
fille ?
2 – Pourquoi Padma, la soeur d'Akhila, la traite-t-elle si
mal ?
3 –Akhila apprend-elle quelque chose de la façon dont
Margaret Shanthi traite son mari difficile ?
4 – Akhila aurait-elle du épouser Hari? Aurait-elle été
traitée mieux ou moins bien qu'avec sa famille ?
5 – Pourquoi le fils de Janaki, Siddharth, lui demande-t-il
de venir séjourner avec lui et est-il ensuite en colère après elle ? Janaki
est-elle gâtée ?
6 – Sheela, la jeune fille, a-t-elle eu raison de pomponner
sa grand-mère quand celle-ci est morte ?
7 – Après la proposition de l'ami de son mari, Prabha Devi
se renferme en elle-même. A la fin de son histoire, elle pense “Que rien de ce
qui lui arriverait n'égalerait ce moment de bonheur suprême où elle avait
réalisé qu'elle flottait.” Que veut-elle dire par là ?
8 – Qu'apprend Akhila de l'histoire de Marikolanthu ?
Pourquoi son histoire est-elle la dernière qu'Akhila écoute ?
9 – Qu'apprend Akhila de toutes ces femmes dans le train ?
10 – Pourquoi Akhila
couche-t-elle avec le jeune homme Vinod?
11 – A un certain moment, Akhila pense que ce qu'elle désire
le plus au monde est d'être sa propre personne, un être à part entière.
Pourquoi appelle-t-elle donc Hari?
*Lecture de novembre du club des blogueuses*
Les avis (en vrac) de Praline, Florinette, Anjelica, Sophie, Lisa, Gambadou, Flo aime les mots, Malice, Elfique, Gachucha, Ptit Lapin, Béatrix, Cercle de lecteurs, Chimère, Amanda, Antigone, Camille, Clochette, Emeraude (qui l'a lu il y a quelque temps), Etoile des neiges, Grominou, Jessica, Jules, Julia, Mammig, Mirontaine, Nath, Nina, Papillon, Patacaisse, Sandrounetta, Sole, Stéphanie, Tamara, ALaure, Suzel, Solenn et Nolwenn.
Les autres participations au club des blogueuses avec d'autres livres de cette auteure : Allie, Sylire, Chatperlipopette.
Pfff, j'espère que je n'ai oublié personne !!!!
05 janvier 2007
Le bal ---- Irène Némirovsky
La famille Kampf sont des « nouveaux riches ».
Grâce à une opération boursière plus que réussie, ils sont passés du statut de
pauvres à celui de riches mais il leur est difficile de s’intégrer et d’être
accepté dans ce milieu. Ils décident donc de donner un bal. Antoinette, leur
fille de 14 ans, rêve d’y aller mais sa mère refuse catégoriquement : elle
ne veut pas être éclipsée par sa fille déjà presque femme. Antoinette se
vengera …
Court roman, il n’en est pas moins très réussi ! La tension et la rivalité constantes entre Antoinette et sa mère, mâtinées de tendresse et d’amour, sont très bien décrites et la vengeance de la fille, bien que non préméditée, est vraiment très cruelle. Mais quelque part, on est heureux de voir que Mme Kampf n’a que ce qu’elle mérite, même si cela est peut-être un peu dur. La longueur du roman est parfaite pour équilibrer puissance et personnages : suffisamment longue pour avoir le temps de prendre parti et suffisamment courte pour conserver tout son impact et son ironie. Le mot de la fin est particulièrement juste et bien trouvé.
*Livre lu en 2006*
04 janvier 2007
Violation ---- Darian North
Thea s’est réfugié à Eureka avec son fils David pour
échapper à un passé douloureux. Leur vie de reclus, loin du monde, n’est animée
que par les ordinateurs et la majorité de leurs amis se trouvent sur Internet,
y compris l’amant virtuel de Thea. Mais David, à 13 ans, commence à comprendre
que leur style de vie n’est pas celui de la majorité des gens et il voudrait
aussi en savoir plus sur le père qu’il n’a jamais connu. Il demande à Jack,
leur propriétaire et ancien flic, de l’aider mais celui-ci hésite. David se
rabat donc sur Internet et son ami Orion qu’il a rencontré dans un salon de
discussion, qui n’a pas autant de scrupules à lui prête main forte dans sa
quête. Thea s’inquiète de ce que David pourrait découvrir et son passé,
soigneusement caché à tous, refait peu à peu surface, mettant en danger son
fils …
Thriller de facture relativement classique mais efficace, ce livre se lit d’une traite. J’ai beaucoup aimé l’histoire et comment sont présentés les sentiments de Thea. Les relations virtuelles tissées avec des inconnus sont un plus mettant en relief les avantages et les dangers de telles relations et sont bien exploitées mais je mettrais un bémol sur l’explication finale, qui laisse certains points dans l’ombre car peu faciles à expliquer de façon logique. Dans l’ensemble, une lecture très agréable bien que sans grande surprise.
*Livre lu en 2006*
Stupeur et tremblements ---- Amélie Nothomb
Amélie vient d'être embauchée dans une société au Japon,
pays de son enfance dont elle garde un excellent souvenir. Fascinée par sa chef
immédiate, elle veut trop bien faire et se retrouve critiquée, descendue en
flammes, déplacée de poste, dégradée... enfin bref, il n'est pas facile de se
faire une place dans une société japonaise, où les attitudes sont à mille
lieues des manières européennes !
Après la lecture de ce livre, c'est un coup à ne plus vouloir mettre les
pieds au Japon ! Amélie Nothomb nous brosse là un portrait assez cru de la
société japonaise, de leurs idéaux et de leurs comportements. Ca m'a fait froid
dans le dos et pourtant ça n'était pas vraiment une surprise ! Toujours plein
d'ironie, le texte est bien tourné et le seul reproche que je peux faire à
l'héroïne est peut-être sa passivité. Mais comme je ne connais pas vraiment le
Japon, peut-être était-ce la meilleure façon de s'en sortir...
*Livre lu en 2002*
La prison de glace ---- Dr Jerri Nielsen
L'auteur raconte son histoire : après un divorce houleux,
elle décide de se porter volontaire pour une mission d'un an au Pôle sud,
histoire de profiter de ce temps pour se remettre et découvrir un autre style
de vie. Acceptée sur le projet, elle doit s'occuper médicalement de techniciens
en tous genres et est le seul docteur de toute la station, ce qui lui permet de
compléter sa formation médicale, puisqu'elle sert à la fois de médecin
généraliste, de spécialiste, de radiologiste, de chirurgien et de dentiste !
Elle raconte son installation, la vie sur place, les conditions de vie, puis
les derniers départs possibles en avion car pendant 6 mois, il n'est plus
possible d'accéder ou de quitter la station à cause des conditions climatiques (le
kérosène gèle). Leur petite équipe se rapproche, toute isolée qu'elle est, les
gens se serrent les coudes. Elle est heureuse mais un jour, elle découvre
qu'elle a une tumeur au sein.
La première partie du roman explique les raisons du départ de l'auteur,
sa découverte du Pôle, les premiers mois de vie là-bas et s'achève avec la
découverte de la tumeur. La deuxième partie raconte son combat contre le
cancer, avec l'aide des gens de la station. J'ai beaucoup aimé la première
partie, où elle explique quelles sont les conditions de vie mais j'ai trouvé la
seconde beaucoup trop longue (et pourtant, j'aime bien tout ce qui est médical
!). Toujours est-il qu'elle est fascinée par le Pôle et qu'elle arrive à faire
passer une partie de cette fascination dans son roman pour nous faire apprécier
un tel endroit.
*Livre lu en 2001*




