18 août 2009
L'été d'après ---- Francine Prose
C'est le début des beaux jours à Mirror Lake dans l'état
de New York. Margaret et Nico, deux sœurs adolescentes, profitent de ce
magnifique dimanche de mai pour aller faire un tour en barque sur le lac. Mais
un drame survient : Margaret, l'aînée, se noie alors que sa sœur somnole dans
le bateau. La famille, très unie, se trouve brisée par cette tragédie : la mère
se réfugie dans les médicaments, le père dans la rédaction de son livre et
Nico, se sentant isolée, se lie d'amitié avec Aaron, le petit ami de Margaret,
qui est lui aussi effondré par sa disparition …
Roman sur le deuil et sur les sentiments qui en découlent, j'ai bien apprécié le début du livre. On y découvre les deux filles, et même si Margaret va disparaître, elle va quand même représenter une part importante de l'histoire car l'ensemble tourne autour d'elle et de son décès. Les réactions qui surviennent juste après le drame sont bien décrites et quiconque a connu un deuil peut y reconnaître des échos de sa propre expérience. Mais j'ai eu une baisse d'intérêt vers le milieu du roman, qui me semblait s'essouffler et tourner en rond dans l'histoire entre Nico et Aaron. L'atmosphère devient plus glauque qu'émotionnelle mais Nico n'a que 13 ans et ne sait pas encore trop qui elle est et comment réagir dans certains cas donc cela peut se comprendre. C'est néanmoins une jeune fille attachante et sensée, que j'ai trouvé très intéressante. Cela donne une histoire bien menée, peut-être un peu longue par moments, mais l'ensemble m'a permis de découvrir et de noter cette auteure qui a déjà produit de nombreux livres.
L'avis de Lily.
12 mai 2009
Uncle Montague's tales of terror ---- Chris Priestley
Edgar est un jeune garçon solitaire dont les parents
s'occupent peu. Il va régulièrement voir son oncle Montague qui vit dans une
grande maison lugubre de l'autre côté des bois. Enfin, Montague n'est pas
vraiment son oncle mais plutôt son grand-grand oncle ou bien un parent tout
aussi éloigné. Edgar n'en sait pas plus car le vieil homme ne parle jamais de
sa vie. Par contre, il raconte au jeune garçon toute une flopée de contes
terrifiants : celui de l'arbre sur lequel il ne faut pas grimper, celui de la
porte qui n'en est plus une, celui de la sculpture en forme de démon …
Cela faisait longtemps que vous n'aviez pas lu un billet sur un livre jeunesse ? Eh bien voilà, c'est rectifié avec ce roman, qui s'adresse aux jeunes lecteurs courageux (je ne suis pas capable de vous dire la tranche d'âge mais attention aux cauchemars pour les plus jeunes) ainsi qu'aux adultes aimant frissonner. Les histoires sont vraiment bien tournées, avec une touche de fantastique et d'étrange et beaucoup de situations angoissantes, le tout baignant dans une atmosphère très gothique et un peu intemporelle. Cette lecture m'a fait penser aux films d'horreur anglais des années 60, avec une ambiance toujours un peu étouffante et d'ailleurs, il semblerait que l'auteur se soit inspiré de films ou de téléfilms pour le point de départ de ses contes terrifiants. Une lecture très prenante et originale, très bien servie par les dessins de David Roberts (le noir et blanc fait merveille ici). Une réussite du genre donc mais malheureusement ce livre n'est pas encore traduit en français (et il y a d'autres "Tales of terror" du même auteur qui arrivent en anglais … je crois que deux autres titres sont déjà sortis !).
Le site de la série de livres "Tales of terror" ... j'aime l'ambiance, la même que dans le livre mais là aussi, c'est en anglais.
*Lu en anglais - Non traduit à ce jour*
27 avril 2009
Le rideau déchiré ---- Jodi Picoult
Delia Hopkins mène une vie heureuse dans une petite ville
du New Hampshire: élevée par son père suite au décès brutal de sa mère dans un
accident et avec qui elle a d'excellentes relations, elle a une petite fille et
s'apprête à se marier avec le papa de cette dernière. Elle est aussi satisfaite
par son travail, qui consiste à rechercher, avec l'aide de sa chienne Greta et
souvent avec succès, des personnes disparues. Mais ce bonheur vole en éclat le
jour où elle apprend que son père n'est pas celui qu'elle croit : il aurait
enlevé, 28 ans auparavant en Arizona, Bethany Matthews, une petite fille de 4
ans et qui se révèle être elle-même. Alors même que son père est arrêté, Delia
va plonger dans ses souvenirs pour essayer de se rappeler sa vie quand elle était
encore Bethany …
Ce n'est pas le premier roman de cette auteure que je lis et je n'ai jamais été déçue jusqu'à présent, même si je n'ai pas lu tout ce qu'elle a écrit à ce jour. Il me semble que les relations familiales sont toujours au centre de ses romans et elle décrit particulièrement bien les sentiments de personnes qui se retrouvent dans des situations peu courantes mais tout à fait possibles. Ici, ce sont les thèmes de la recherche des souvenirs et de la confiance qu'on a envers les personnes qui nous sont proches qui sont mis en avant. Elle pose aussi la question de la frontière parfois ténue entre la légalité et l'illégalité et les raisons qui poussent les gens à se retrouver du mauvais côté de la barrière. J'ai aimé la narration à plusieurs voix et dans laquelle il est impossible de se perdre car chaque titre de chapitre correspond à celui qui parle et l'édition française (je ne sais pas pour les autres) a utilisé une police de caractères différente pour chaque narrateur. J'ai trouvé que les personnages principaux sont loin d'être simplistes, leur histoire est bien construite et leur caractère bien développé. Quant aux personnages secondaires, en particulier Ruthann l'indienne Hopi que j'ai trouvé particulièrement attachante, ils sont peut-être un peu plus clichés mais sans excès. J'ai aussi beaucoup aimé les descriptions de la prison et il semblerait que l'auteur ait fait des recherches pour rendre crédible ces passages. Je ne pense pas que la conclusion de l'histoire étonne qui que ce soit mais cela fut une lecture très intéressante, plus orientée sur la psychologie des personnages que sur une intrigue à rebondissements (mais il y aura néanmoins quelques surprises au fil des pages, même si je trouve que certaines auraient pu être évitées).
08 avril 2009
Darwin viendra-t-il ? ---- Luc Perino
Le 30 juin 1860, à Oxford, va avoir lieu un grand débat
organisé par l'Association Britannique pour le Développement des Sciences. Ce
débat s'inscrit dans le cadre de la réunion annuelle de l'association tout en
inaugurant le nouveau musée d'histoire naturelle de la ville. Le sujet
principal sera le livre de Darwin, "L'origine des espèces" qui soulève
de nombreuses polémiques, surtout au niveau du clergé qui favorise la théorie
du Créationnisme en opposition à la récente théorie de Darwin, l'Evolution ou
autrement dit la Sélection naturelle. De nombreuses personnes sont attendues et
les deux camps aiguisent leurs armes …
Ce livre n'est pas un document mais un roman basé (et sérieusement documenté) sur ce célèbre débat polémique sur Darwin et ses théories. Pour qui n'est pas particulièrement intéressé par les sciences de la vie, cela peut paraître assez barbant mais j'ai trouvé cette lecture très intéressante et très éducative, surtout que ce sujet redevient d'actualité ! Je dois dire que certains passages sont plus ardus à lire et à appréhender que d'autres, notamment lors du moment du débat car l'auteur cite exactement les intervenants et que la façon de parler était plus ampoulée à l'époque. Mais l'ensemble reste très abordable sinon je ne serais pas allée au bout de ce livre. Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, il me semble que ce livre (et toutes les références citées en fin de volume) est parfait pour le plus grand nombre, que vous connaissiez ou non les théories de Darwin (sans compter que cela ne fait jamais de mal de subir une petite révision sur le sujet !)
26 mars 2009
La route de Tassiga ---- Antoine Piazza
Au début des années 1980, une petite colonie d'expatriés
français des travaux publics vit à Tassiga, une petite ville perdue d'Afrique,
le temps de construire une portion de route pour relier la ville à la brousse,
ce qui doit durer environ deux ans. Le narrateur, qui est un des deux
instituteurs engagés pour faire l'école aux enfants des travailleurs venus en
famille, a choisi cette option plutôt que de faire son service militaire. Mais
sous la chaleur étouffante, avec les difficultés habituelles
d'approvisionnement, les tensions ont vite fait de s'exacerber et les groupes
de se faire et de se défaire …
Voilà mon avant-dernier titre lu dans le cadre du prix inter-comités d'entreprises CEZAM et encore une fois, je n'ai pas sauté de joie lors de cette lecture ! Décidément, cette année n'est pas un bon cru pour moi, c'est le moins que je puisse dire. Mon résumé est simple et franchement, il n'y a guère plus au roman que ce que je vous ai décrit. L'auteur narre, avec force détails de travaux publics qui m'ont passablement ennuyée, la vie de ce groupe d'expatriés, comme ils vivent en microcosme et tous les inconvénients qui peuvent en découler. Je pensais pourtant qu'il y avait des chances que j'apprécie cette lecture vu que nous avons vécu pour différentes périodes dans des pays autres que la France et que je pensais retrouver un peu de cette ambiance (et même si nous vivions en général à l'écart des autres français que nous retrouvions que dans le travail ou très ponctuellement pour des fêtes ou des soirées, je peux vous dire que l'atmosphère avait vite fait d'être "explosive" dans le groupe !) mais l'alchimie n'a pas opéré et j'ai trouvé l'ensemble beaucoup trop long (au moins de 200 pages !) et trop axé sur le travail et pas assez sur le reste, comme la vie de famille (qui semble inexistante) ou les réactions des femmes (dont l'auteur parle mais trop rapidement). Bref, je n'avais qu'une hâte : arriver au bout du chantier de cette route pour enfin passer à autre chose de plus passionnant !
22 novembre 2008
Calamity Jane avait deux filles ---- Alice de Poncheville
Elisa, bientôt 12 ans, et Rose, bientôt 17 ans, vivent
avec leur père vendeur de journaux dans un petit appartement en ville. Leur
mère n'est plus là et si Rose en conserve quelques souvenirs, Elisa était trop
petite lors de son départ. Leur vie manque cruellement d'une figure féminine
plus âgée : Elisa rêverait d'être adoptée par les femmes qu'elle cotoie,
surtout la boulangère et Rose supporte sur ses jeunes épaules le poids d'être
une mère de substitution pour sa sœur, tout en rêvant secrètement du beau jeune
homme qui sert au bar voisin du lycée. Quant au père, Eric, il se sent parfois
dépassé par ses responsabilités mais se sent tout à coup irrésistiblement
attiré par une mystérieuse cliente qui lui rappelle sa femme …
Si vous vous attendez à un roman se passant au Far-West, vous vous trompez lourdement ! Oh, le titre a sa raison d'être … enfin, quelques vagues similitudes et liaisons entre l'histoire et Calamity Jane sont bien là mais je ne sais franchement pas si le titre est réellement bien adapté au livre. Sans vouloir trop révéler des choses, c'est tout simplement l'histoire de deux sœurs unies dans l'adversité, d'une mère absente, de galères contre lesquelles il faut se blinder et continuer d'avancer, d'amour familial et de fragilité, de doutes, d'incertitudes et de la difficulté de s'affirmer et de trouver sa place dans le monde. Cela reste quand même un roman jeunesse donc facilement lu mais je n'ai pas réellement pu m'attacher à ces deux jeunes filles mais je n'arrive pas vraiment à cerner pourquoi j'ai eu ce recul par rapport à l'histoire. Peut-être parce que certains points me paraissaient limite crédibles ? Toujours est-il que j'ai apprécié cette lecture mais j'en suis sortie un peu désappointée.
L'avis plus enthousiaste de Cathulu.
10 octobre 2008
On s'y fera ---- Zoyâ Pirzâd
Arezou a 41 ans et vit à Téhéran. Elle est divorcée et a
une fille de 19 ans qui va à l'université mais qui ne pense qu'à rejoindre son
père en France. Elle s'occupe aussi de sa mère et dirige l'agence immobilière
de son père décédé. La pression sur ses épaules est constante, que ce soit au
travail ou chez elle, car elle est le soutien financier de nombreuses personnes
et sa famille ne lui facilite pas la vie non plus. Son amie Shirine la pousse à
sortir un peu et surtout à trouver un homme de temps en temps, qui lui
rappellerait qu'elle est une belle femme. C'est pour cette raison que, quand
Sohrab Zardjou vient à l'agence pour acheter un appartement, Shirine encourage
Arezou à le rencontrer à nouveau bien qu'elle ne sente pas encore suffisamment
prête pour une nouvelle liaison amoureuse …
Ne connaissant pas vraiment la vie quotidienne en Iran, j'ai commencé ce
livre avec beaucoup d'intérêt, curieuse de découvrir la vie actuelle des femmes
dans ce pays et je dois dire que je suis sortie de ma lecture un peu perplexe.
Tout d'abord, l'héroïne, qui n'a que 41 ans, m'a semblé bien plus vieille que
son âge mais la vie ne lui ayant pas fait de concessions, on peut supposer
qu'elle a été poussé à mûrir très vite en devant s'occuper financièrement de sa
famille. Elle semble n'avoir plus aucune attente, aucun but, aucun espoir. La
pression sociale, l'amour qu'elle a pour sa mère et sa fille, qui l'énervent
malgré tout assez souvent, l'empêchent de vivre pleinement sa vie et de se
réaliser mais le roman va nous faire découvrir une nouvelle ouverture dans le
quotidien de cette femme. Parallèlement, le livre brosse aussi le portrait de
la femme iranienne plus traditionnelle avec la mère d'Arezou et un aperçu de la
femme plus moderne avec la fille, Arezou servant de trait d'union entre ces
deux époques. Mais le tout m'a paru assez peu poussé, tout juste survolé,
effleuré sans rentrer en profondeur et ça à mon plus grand regret. Cela se
résume tout simplement à une romance certes exotique de part le pays où elle se
passe mais sans grande surprise. Certaines scènes sont vraiment excellentes,
comme celle du bus, mais un peu trop rares à mon goût. Quant au style, les mots
persans émaillent le roman, immergeant le lecteur dans le pays (mais je n'ai
pas vraiment suivi la division en notes de bas de page et en lexique de fin de
livre … pourquoi avoir divisé les explications et traductions en deux parties ?
Mystère ! J'aurais en tout cas préféré que tout soit en bas de page … je
déteste devoir courir en fin de livre pour découvrir la signification d'un
mot). Mais j'ai trouvé la narration parfois un peu hachée, comme si j'avais
raté une phrase ou une explication, de même que j'ai parfois eu du mal à
repérer qui parlait dans les dialogues. Cela reste quand même une agréable
lecture qui m'a permis de voyager et de découvrir un peu la littérature
iranienne.
Les avis de Fashion, Clarabel, Cathulu, Tamara, Saxaoul, Malice, Praline, Anne.
27 juillet 2008
Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) ---- Véronique Papineau
Voilà 12 nouvelles qui ont toutes un chat dedans sauf une, comme nous le dites si bien le titre ! On y retrouve tout ce qui fait la vie : une rupture amoureuse mal vécue, un jeune homme qui cherche à protéger son frère instable émotionnellement, une rencontre à 120 km/h sur l'autoroute qui peut se révéler aussi bonne que mauvaise, une plongée dans la dépression la plus profonde, une installation chez un petit ami qui n'apprécie pas le chat de sa copine, des adolescents qui décident de fuguer, la mort qu'un chat qui va faire culpabiliser ses propriétaires …
Avec ces nouvelles, nous découvrons la vie, les amours, les déceptions et les ruptures de jeunes hommes et femmes québécois, mais qui pourraient vivre dans n'importe quel autre pays industrialisé tant les sujets sont universels. Les fins ont souvent le punch nécessaire à ce genre littéraire, même si on le voit parfois venir de loin et cela ne lui enlève pas son efficacité. Les chats sont effectivement présents, parfois beaucoup, parfois peu, parfois même imaginaires mais sont souvent les victimes de nos problèmes. C'est peut-être là où j'aurais un petit bémol à avancer : les personnages sont souvent pleins de problèmes et malheureux mais j'avoue que je n'ai eu aucune pitié pour eux ! Au contraire, j'aurais bien aimé leur filer quelques bonnes baffes pour leur remettre le cerveau en place et qu'ils réagissent et sortent de leur marasme car ils semblent s'y complaire. Mais j'ai particulièrement aimé retrouver certains des personnages des premières nouvelles dans celles de la fin, avec une vue différente de ces personnes. Et la dernière histoire clôture le recueil sur une note positive et optimiste, pratiquement une des seules du livre. Une jeune auteure à suivre !
Merci à Caro[line] pour le prêt !
Les avis de Caro[line] et des lecteurs et lectrices de la Recrue.
28 juin 2008
Le café Julien ---- Dawn Powell
New York, 1948 : le café Julien est le lieu de rencontres de nombreuses personnes qui font partie de différents milieux mais qui ont parfois (ou souvent !) l'occasion de se parler devant un verre ou un petit plat. On y retrouve Rick, l'officier qui revient de la guerre et qui espère y retrouver un jour Ellenora, la femme de sa vie qu'il a rencontré à cette brasserie, Dalzell Sloane, un peintre sans le sou et sans succès qui ne sait plus quoi faire de sa vie mais qui est amoureux de Cynthia Earle, une philanthrope très accueillante avec les artistes habituellement fauchés et bien d'autres personnages tous aussi excentriques. Tout ce monde se croise et s'entrecroise au gré du hasard, que ce soit au Julien ou dans la ville …
Je sens que ce billet va être très difficile à rédiger ! Parce que , malgré le fait que ce livre se lit assez facilement, je n'ai pas éprouvé de réel plaisir à cette lecture mais je suis incapable d'expliquer pourquoi ! Les nombreux personnages m'ont à coup sûr perturbée, m'obligeant plusieurs fois à revenir en arrière pour me rappeler qui était qui. Ce roman est une satire de la société bourgeoise et artistique de l'Amérique de l'après-guerre et certains personnages sont librement inspirés de personnes réelles, à part qu'il est à présent très dur de faire le rapprochement par manque de connaissance de cette époque. L'histoire donne aussi une vision d'un New York à présent disparu mais qu'il est souvent difficile d'imaginer car le roman se limite trop à certaines strates de la société. Je suppose que j'aurais du y voir de l'humour mais cela n'a pas été le cas et la nostalgie d'une époque passée ne m'a pas touchée car je n'arrivais à la reconnaître. Les personnages sont très excentriques, excessifs, modernes mais vu le nombre, il est vraiment difficile de s'attacher à l'un d'eux car l'histoire passe de l'un à l'autre constamment. La vision très ironique du monde de l'art, qui pouvait paraître inovante à l'époque, m'a semblé parfois un peu ennuyeuse mais, il faut le dire, très juste ! C'est finalement un roman à remettre dans le contexte de son écriture, qui décrit avec cynisme et précision un certain monde mais pour lequel je n'ai pas franchement accroché sans pourtant l'avoir détesté !
15 février 2008
Les aurores montréales ---- Monique Proulx
Recueil de nouvelles se passant à Montréal, on y retrouve la vie quotidienne de gens vraiment très variés : le nouvel immigrant qui découvre la neige pour la première fois, le départ pour la grande ville d'une jeune fille qui commence sa vie d'adulte, le choc d'une Chinoise devant l'abondance de biens dans les magasins, une femme reçoit sa mère pour quelques jours de vacances, un couple qui se déchire après s'être aimés ou bien une femme au foyer qui s'ennuie et qui est sous le charme d'un journaliste chroniqueur …
Je découvre cette auteure québécoise avec ce recueil de nouvelles et je dois dire que j'ai bien aimé même si je n'ai pas adoré. Le problème avec les nouvelles, c'est qu'il y en a toujours qu'on aime et d'autres qu'on aime moins. Sur les 27 nouvelles, j'en ai apprécié à peu près la moitié, il y a un quart que j'ai moins aimé et un autre quart avec lequel je n'ai pas accroché (il y en a même une que je n'ai pas vraiment compris, il me semble !). L'écriture est précise, recherchée mais reste relativement froide et détachée. Du coup, je n'ai pas vraiment ressenti d'émotions en lisant ce recueil et le fait que les histoires soient courtes n'aident pas non plus le fait de s'attacher aux personnages, qui m'ont paru lointains et auxquels je n'ai pas réussi à m'identifier. Pourtant, certaines nouvelles auraient pu être empreintes d'une émotion forte mais je n'ai pas ressenti cela à leur lecture, peut-être juste un embryon d'émoi. Par contre, l'auteure nous fait découvrir quelques facette du Québec : les nouveaux immigrants, les écrivains québécois qui ont du mal à percer en France, les enfants d'immigrants, qui ne connaissent que le Québec et qui pourtant traînent derrière eux toute une culture autre, les sans-abris, les amérindiens qui ne savent plus où est leur place et aussi des sujets plus universels comme l'amour, la famille, le racisme ou l'intégration. Un livre à lire pour découvrir le pays et l'auteure !




