01 mars 2008
Je, François Villon ---- Jean Teulé
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C'est le jour de la mort de Jeanne d'Arc : pendant qu'elle brûle à Rouen, François naît à Paris pendant que son père est pendu pour vol. Il est encore petit quand sa mère est elle aussi accusée de vol. Comme c'est une double récidive, elle est condamnée à mort à son tour. Mais elle a le temps de confier le petit garçon au chanoine Guillaume de Villon, qui va élever François pour en faire un clerc. L'enfant va donc apprendre à lire et à écrire et va devenir élève à l'université de Paris …
Cette biographie historique et romancée du poète François Villon est une véritable claque pour le lecteur. L'auteur s'est appuyé sur les évènements connus de la vie de l'homme, ainsi que sur son œuvre et il a ensuite complété les blancs de façon tout à fait plausible. On y retrouve la truculence du haut Moyen-Age, mais aussi les brutalités, la violence, l'intolérance et les difficultés de cette époque particulièrement troublée. Le poète aura une vie hors du commun : élève chahuteur, voleur, assassin, débauché, il intègrera une bande de bandits particulièrement cruels, les Coquillards. L'écriture colle parfaitement à l'époque décrite (le roman est écrit à la première personne), les poèmes de Villon apparaissent en ancien français mais aussi adaptés en français moderne, pour être sûr que le lecteur ne perde rien de la justesse de l'analyse humaine du poète. Une lecture parfois choquante, parfois très crue, toujours puissante, toujours captivante, elle est en tous points remarquable !
*Lecture de mars du club des blogueurs et blogueuses*
Les nombreux avis très contrastés (en vrac) de : Sylire, Lisa, Yvon, Karine, Florinette, Bladelor, Gambadou, Goelen, Chatperlipopette, Grominou, Jules, Allie, Antigone, Cathe, Mammig, Papillon, Chimère, Amanda (qui l'a lu il y a quelque temps et qui donc en a lu un autre du même auteur pour le club), Clochette, Arlette, Nina, Valériane, Patacaisse, Praline, Kalistina, Malice, Audrey, Caro[line], Nathalie, Ori, KattyLou, Suzel, Sandrounette, Sole et Flo.
Les autres participations au club avec d'autres livres de cet auteur : Sophie, Anjelica, Amanda, Taylor, Beatrix.
Je pense n'avoir oublié personne !
12 décembre 2007
C't'à ton tour, Laura Cadieux ---- Michel Tremblay
Laura Cadieux doit se rendre chez son médecin, son
"génie-coloye" comme elle dit, pour y subir sa piqûre hebdomadaire
permettant de traiter sa rétention d'eau et par la même occasion son obésité.
Cela fait 10 ans qu'elle s'y rend régulièrement mais ce traitement n'a pas
l'air de fonctionner vraiment. Elle est accompagnée cette fois par son plus
jeune fils de 6 ans et le trajet pour se rendre au cabinet médical n'est pas de
tout repos. Mais une fois arrivée, elle y retrouve toutes ses amies
d'infortune, les habituées comme elle, et la longue attente va être occupée en
bavardages, commérages, parties de cartes et parties de rigolades …
Ecrit entièrement en joual, j'ai du me concentrer un peu qu'habituellement pour lire ce court roman, qui n'est en fait qu'un long monologue. D'ailleurs, il sera plus tard adapté au théâtre puis en film et obtiendra un franc succès. Mais l'utilisation du joual rend le livre plus juste et plus savoureux : Laura, mal dans sa peau mais la langue pas dans sa poche, a des réparties excellentes, qui cachent souvent une blessure intérieure et une fragilité qu'elle refuse de révéler au grand jour. Sa vie semble bloquée dans une société qui change et à laquelle elle a du mal à s'adapter et les amies qu'elle retrouve toutes les semaines lors de la visite chez le docteur lui servent d'exutoire et de soupape de sécurité. Elles sont toutes du même milieu social, sont confrontées aux mêmes problèmes et se comprennent. Cela nous permet de découvrir la classe ouvrière québécoise des années 1970. On peut d'ailleurs retrouver Laura Cadieux dans "Les chroniques du Plateau Mont-Royal" et ce sera avec plaisir que je m'y plongerai un jour !
13 septembre 2007
Le magasin des suicides ---- Jean Teulé
La famille Tuvache tient, depuis de nombreuses générations, le "magasin des suicides". Mishima, le père, et Lucrèce, la mère, sont là pour aider leurs clients à réussir leurs morts par suicide. Il faut dire que l'état du monde ne prête pas à rire d'où la recrudescence de ce moyen d'accélérer le passage de vie à trépas ! Leur fils aîné, Vincent, est anorexique et leur fille, Marilyn, se trouve horrible et ne pense qu'à mourir. Mais leur petit dernier, Alan, ne colle pas au pessimisme et à la tristesse familiale de mise dans un tel endroit : au contraire, il ne pense qu'à rire et à chanter …
Voilà une nouvelle critique sur ce livre (il fallait juste avoir la chance de mettre la main dessus à la biblio) ! Comme je savais que je voulais lire ce titre, j'ai survolé les critiques déjà écrites, pour ne pas être influencée. Et puis, c'est mon premier roman de cet auteur : quel meilleur moyen de l'aborder que d'être attiré par un titre bizarre et une couverture pleine d'humour noir ? L'idée de départ était originale et bien tournée. J'ai adoré les explications sur le magasin, sur les différents moyens de suicide en vente. Le moins qu'on puisse dire est que l'auteur ne manque pas d'imagination et qu'il sait nous mettre dans l'ambiance qui, bien que lugubre par son thème, prête plutôt à sourire par l'inventivité déployée. Mais le retournement de situation au milieu du roman a fait basculer la lectrice que je suis. Alan, malgré sa joie de vivre, est très peu attachant et les moyens mis en œuvre pour montrer sa joie sont parfois un peu … comment dire … lourd-dingues ! En tout cas, de mon côté, j'en cherche encore le côté amusant ! Au bout du compte, une lecture qui promettait mais qui tourne un peu court. Dommage !
Les avis enthousiastes de Musky et de Loutarwen, les avis plus mitigés de Fashion Victim et Sylvie
05 janvier 2007
Ainsi rêvent les femmes ---- Kressmann Taylor
Recueil de 5 nouvelles, on découvre le portrait de 4
femmes et d’un homme, le tout empreint de sentiments et de sensibilité. Harriet
rêve de l’homme qu’elle aime mais son rêve est plein de jalousie et de douleur.
Anna, jeune fille timide et solitaire, tombe amoureuse pour la première fois
mais cet amour n’est pas réciproque. Madame, une vieille femme solitaire et
abandonnée, essaie de partager sa passion avec sa jeune voisine. Ellie Pearle,
une jeune secrétaire vivant en ville, revient passer les vacances dans sa
famille vivant dans les montagnes, où la vie est totalement à l’opposé de ce à
quoi elle s’est habituée. Ruppe Gittle, le seul homme du recueil, a une
soudaine révélation un matin d’avril et voit tout à coup la vie de façon
radicalement différente …
J’ai été un peu déçue par ce recueil de nouvelles car j’avais vraiment adoré les précédentes lectures de cet auteur. Mais on sent quand même transparaître toute l’humanité et la justesse avec des descriptions très émouvantes de sentiments que l’on a tous connus un jour. L’écriture est très poétique et touche la corde sensible du lecteur. Une bonne lecture dans l’ensemble mais pas aussi réussie que ses précédentes parutions.
*Livre lu en 2006*
04 janvier 2007
Inconnu à cette adresse - Kressmann Taylor
Max et Martin sont deux amis de longue date, ayant ouvert ensemble une galerie d'art à San Francisco. Ils ont tous deux quittés l'Allemagne où le chômage sévissait. Leur entreprise est prospère et Martin décide de ramener toute sa famille en Allemagne en 1932. Les hommes continuent leur amitié grâce à des lettres régulières mais le problème, c'est que Max est juif et que Hitler commence à prendre du pouvoir en Allemagne...
Petite nouvelle sous forme épistolaire, écrite en 1938 par une américaine, on peut dire que ce texte a tout pour lui. Un style agréable, une histoire bien tournée, une fin plus qu'inattendue et un fond de vérité historique. J'ai vraiment été emballée par cet auteur, inconnue en France jusqu'à il y a peu. Cela m'a permis d'avoir un éclairage nouveau sur l'avant-guerre et la montée du nazisme en Allemagne à cette époque. C'est vraiment à lire !
*Livre lu en 2002*






