09 juillet 2009
L'avant-dernière chance ---- Caroline Vermalle
Adèle travaille en tant que stagiaire dans le cinéma et se
retrouve à Londres sur un tournage. Celui-ci est presque terminé quand la jeune
femme reçoit un texto surprenant de son grand-père, ce qui lui permet de se
remémorer les évènements de ces dernières semaines. Georges, son papy de 83 ans
qu'elle n'a plus vu depuis 10 ans, a décidé de profiter de l'absence de sa
fille (donc de la mère d'Adèle) pour quitter son Poitou natal et effectuer le
Tour de France, en voiture, avec son voisin Charles, 76 ans. Adèle, inquiète
pour la santé du vieil homme, lui demande alors de lui envoyer un texto tous
les soirs pour lui dire où ils sont et si tout va bien mais Georges, déjà peu
habitué aux téléphones portables, ne sait pas trop comment faire …
Ce premier roman a reçu le prix Nouveau Talent 2009 de la Fondation Bouygues Telecom-Metro et j'ai énormément apprécié cette lecture pleine de tendresse, d'humour et d'émotion. Bien sûr, quelques petits détails m'ont fait un peu "sursauter" car une partie du roman se passe en Bretagne dans des coins que je connais assez bien et que certaines descriptions ne "sonnaient" pas toujours très justes ! Mais bon, ce n'était vraiment que des détails sans grande importance et je chipote plus qu'autre chose là ;) Les personnages de Georges, Charles et Adèle sont attendrissants et sont bien décrits (là, ça sonne vraiment très juste !), même si je me suis plutôt reconnue dans le personnage de la mère d'Adèle (moi aussi, mon papa a plus de 80 ans). L'histoire narrée ici est vraiment adorable et émouvante, même si certaines choses paraissent peu crédibles (comme l'utilisation d'un téléphone portable pour un grand-père qui, apparemment, se mélange déjà les pinceaux avec une télé quand il y a trop de chaînes proposées !). Elle montre combien le temps passe vite et les relations inter-générationnelles ne doivent pas être oubliées en pensant qu'on aura toujours le temp d'y revenir. J'ai, évidemment, versé ma petite larme à la fin car il est difficile de rester insensible au développement de la relation entre Adèle et Georges, magnifiquement décrite. Et pour ceux que les SMS, inclus dans l'histoire, rebuteraient, pas de problème, chacun est écrit en langage SMS et en langage normal donc, vous n'avez aucune excuse pour ne pas vous lancer dans cette lecture !
23 décembre 2008
Je hais la comtesse ! ---- Anne Vantal et Thomas Baas
Paul, Madeleine et Camille en ont marre de leur vie : leur mère est une obsédée de la Comtesse de Ségur mais le problème, c'est qu'elle ne se contente pas de vouloir être une mère parfaite : elle veut que ses enfants soient des enfants modèles. Eux, ils veulent juste être normaux et profiter de la vie, porter des pantalons baggy et des baskets et pas des tenues proprettes qui semblent complètement datées. Alors, un beau jour, c'est décidé, il faut que ça change : ils lanceront l'opération "Je hais la comtesse" …
J'avais repéré ce livre jeunesse sur un blog (ne vous inquiétez pas, je mettrai le lien en fin de billet quand je l'aurais retrouvé !) et le titre m'avait bien plu. En plus, j'ai quand même lu de nombreux livres de la Comtesse de Ségur dans ma jeunesse, même si je trouvais parfois ces enfants particulièrement agaçants (je n'étais pas un modèle de sagesse !). Apparemment, il semblerait donc que les livres de cette dame soient tombés en désuétude à présent (et pourtant, même si certains côtés sont très moralisateurs, je trouve quand même qu'ils ont un petit côté désuet assez amusant). Mais je comprends tout à fait les héros de ce livre … je n'aurais sûrement pas aimé vivre dans un monde issu directement des histoires de telles que "Les petites filles modèles" ! Alors, cette lecture m'a souvent fait sourire et les dessins, qui collent bien à l'histoire, sont simples mais amusants. Un livre bien sympathique !
L'avis d'Emjy.
07 juin 2008
Comme des loups ---- Guy Vanderhaeghe
En 1873, dans l'ouest canadien, un groupe de chasseurs de loups se fait voler leurs chevaux par des Indiens. Pour se venger et récupérer leur bien, ils montent un groupe d'une douzaine d'hommes. Un jeune garçon d'environ quatorze ans, dont l'employeur un gentleman anglais vient de mourir, se retrouve sans le sou et rejoint le groupe par besoin et obligation. Cinquante ans plus tard, en 1923, le patron d'un des nombreux studios de cinéma d'Hollywood décide de faire un film réaliste sur la vie des cow-boys de l'époque en guerre constante avec les Indiens et il embauche un jeune scénariste pour effectuer le travail de recherche. Mais celui-ci a des ordres précis : il lui faut retrouver un vieux cow-boy, Shorty McAdoo, pour lui soutirer son histoire …
Deuxième livre de cet auteur que je lis, celui-ci, qui vient juste d'être publié en France, est pourtant antérieur à sa précédente publication dans l'hexagone (qui était "La dernière traversée" pour laquelle j'ai eu un vrai coup de coeur). Et j'ai trouvé effectivement qu'on sentait moins de facilité dans le déroulement de l'histoire et dans sa construction. La première chose qui m'a gênée est un détail d'époque dans la narration du scénariste qui raconte ce qui s'est passé en 1923. Hors, parmi les souvenirs, il y a parfois des réflexions qui ont rapport à l'époque où le scénariste raconte (qui est après la seconde guerre mondiale mais je n'ai pas le souvenir d'une précision plus détaillée) et cela m'a perturbée quelque peu (on parle de choses qui ont lieu en 1923 puis tout d'un coup, on parle de choses qui ont eu lieu bien plus tard et ce, sans transition). Cela m'a semblé maladroit de la part de l'auteur mais heureusement, cela n'arrive pas trop souvent au cours du roman ! Quant à la fin, elle m'a parfois parue un peu floue et j'en ai été un peu déçue. L'alternance de chapitres passant d'une époque à l'autre, des cow-boys à la recherche de leurs chevaux au jeune scénariste en pleine recherche d'authenticité et de vérité, m'a beaucoup plu, donnant un rythme soutenu à l'ensemble et le style d'écriture m'a parfaitement convenu : fluide, facile mais détaillé et réaliste. Au vu de ce que je viens dire, on pourrait penser que j'ai moyennement aimé mais ce n'est pas le cas : grâce à des personnages attachants et crédibles, l'auteur a réussi à m'envoûter et à me faire dévorer ce roman qui frôle le coup de cœur (mais qui le loupe d'un cheveu à cause des raisons citées précédemment !).
20 janvier 2008
Bière grenadine ---- Hélène Vignal
Yvan, 19 ans, vient de mourir d'un accident de moto. Il
manque énormément à Claire, qui n'arrive pas à assumer cette perte. Elle qui a
grandi avec lui le considère comme son frère, même si cela fait 6 ans qu'ils ne
se sont pas vraiment adressé la parole. Cette séparation, Claire en a souffert,
car ce sont leurs parents respectifs qui l'ont provoqué, une brouille sérieuse
ayant eu lieu entre eux et entraînant l'éloignement des deux enfants …
Ce roman, s'adressant toujours à des jeunes lecteurs de 12 ou 13 ans, ne m'a pas complètement convaincue. L'écriture n'est pas toujours facile à suivre, avec quelques retours en arrière et les nombreuses pensées d'une jeune fille perdue et malheureuse. Les sentiments décrits n'ont pas réellement réussi à m'attendrir et la fin ne m'a pas plu du tout, semblant complètement en décalé avec le reste du roman (je ne peux en dire plus sans révéler l'histoire mais bon, cela m'a semblé un peu "léger" !). Claire reste énormément attachée à Yvan malgré la séparation, ce qui semble un peu étrange. De même, les souvenirs de cette dernière semblent vraiment très détaillés et remonter à très loin dans le temps, alors qu'elle n'avait que 2 ou 3 ans. Cette partie du livre m'a vraiment dérangée, me paraissant peu naturelle. J'ai trouvé l'ensemble plutôt long (malgré un petit nombre de pages, peu attachant et un peu artificiel. Du coup, je devais aller voir l'auteure en conférence à ma médiathèque mais je n'y suis finalement pas allée !
Passer au rouge ---- Hélène Vignal
Boris vient d'entrer en sixième. Ce n'est pas facile de
s'intégrer dans une nouvelle école avec de nouveaux amis, surtout quand il
arrive en classe avec des chaussures rouge pétard dont tout le monde se moque.
Alors, pour ne pas être en reste, il s'intègre à une bande. Mais ses amis, sous
couvert de rigolade, de plaisanterie ou de vengeance, sont parfois blessants
avec les autres élèves ou traitent mal les professeurs et Boris n'en est pas
vraiment fier, particulièrement quand ses frasques parviennent à la
connaissance de son père …
Deuxième roman de cette auteure que je lis, celui-ci s'adresse à un public légèrement plus âgé (vers les 12 ou 13 ans). Le sujet traite de la difficulté de s'intégrer dans une nouvelle école, surtout quand on se retrouve à nouveau parmi les plus jeunes de l'établissement. Hélène Vignal démontre de façon réussie qu'il faut toujours bien choisir ses amis et les gens avec qui on est sous peine de se sentir très gêné et très coupable. On peut éventuellement reprocher un traitement légèrement superficiel de l'ensemble, ne proposant pas une façon de se comporter pour les jeunes lecteurs dans le même cas mais ma réaction est à coup sûr une réaction d'adulte qui aurait voulu voir le sujet plus approfondi. En tout cas, un petit livre qui peut avoir le mérite de faire réfléchir les jeunes lecteurs. Mon préféré pour l'instant !
Les rois du monde ---- Hélène Vignal
Romuald part en vacances à la mer avec toute sa famille :
il y a sa mère, sa grande sœur Jessica, son petit frère Samy et sa petite sœur
Charline, qui n'est encore qu'un bébé. C'est la première fois qu'ils partent
tous en vacances ensemble. Ils quittent Lille en train et la grande équipée du
voyage via Paris va les entraîner en Vendée …
Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu de romans jeunesse alors le passage de l'auteure à ma médiathèque m'a lancée dans la lecture d'une série de ses titres. J'ai commencé par celui-ci, s'adressant à des jeunes de 9 ou 10 ans environ, l'âge du héros narrateur de l'histoire (cela n'est pas dit mais je pense que je ne dois pas me tromper beaucoup). L'écriture est relativement fluide à lire mais ne plonge pas dans le trop facile, même si c'est Romuald qui raconte. D'ailleurs, on sent un enfant très mûr pour son age. Les illustrations noir et blanc, crayonnées, sont vraiment très réussies et complètent à merveille le livre. Quant à l'histoire par elle-même, je l'ai trouvée simple mais pas gnangnan, cela sonne assez juste, même si la mère est parfois un peu excessive et semble parfois beaucoup moins sensée que ses enfants ! Une lecture honnête sans être extraordinaire.
10 octobre 2007
Les Giètes ---- Fabrice Vigne (Photos Anne Rehbinder)
Maximilien, veuf bientôt octogénaire, vit dans une maison de retraite. Il est encore valide mais des douleurs diverses sont fréquentes : la hanche, le cou sans compter la mémoire qui prend parfois des vacances. Il veut se préparer à sa mort prochaine en rangeant ses papiers, avec l'aide occasionnelle de son petit-fils Marlon, et il tombe par hasard sur le journal qu'il tenait 45 ans plus tôt. A la relecture de celui-ci, l'envie lui prend de recommencer un journal qui consignera ce que sont ses vieux jours et sa vie quotidienne à "La maison". Beaucoup de ses pensées sont tournées vers son passé de militant communiste, de délégué syndicaliste, de lecteur de Flaubert …
A partir d'une série de photos d'Anne Rehbinder et sans savoir ce qu'elles représentaient, l'auteur a construit une histoire sensible sur la vieillesse et la solitude des personnes âgées dans un monde qui évolue et qui pourtant reste le même. Cela n'est jamais mélodramatique mais reste touchant sans être démoralisateur car l'auteur ne tombe pas dans le misérabilisme. Les citations de Flaubert sont excellentes ainsi que les réflexions sur le monde de Maximilien, très acérées et très bien vues. Mais les passages sur le communisme et sur l'espoir qu'il représentait m'ont peu emballée. Néanmoins, sans avoir connu l'époque décrite, on comprend comment le personnage a pu arriver à ce mode de pensée et l'on découvre comment le temps et les évènements sont venus jouer sur ces pensées et la conception du monde qu'a le vieil homme. Ce livre s'adresse à tous, avec une perception de lecture différente pour chaque age mais dans tous les cas, une impression de tendresse et de retenue, mâtinée d'un humour subtil mais parfois féroce.
L'avis coup de coeur de Sylire.
01 octobre 2007
La dernière traversée ---- Guy Vanderhaeghe
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En 1896, Charles Gaunt, gentleman anglais peintre et poète, vient d'apprendre la mort de Jerry Potts, un éclaireur mi-écossais mi-indien qu'il a connu lors d'un séjour en Amérique. Cette nouvelle lui remémore alors les raisons de ce voyage : en 1871, Charles et son frère aîné Addington, militaire de son état, partent à la recherche du frère jumeau de Charles, Simon, qui a suivi un prédicateur dans sa mission d'évangélisation des tribus indiennes et qui ne donne plus signe de vie. Leur père, qui adore Simon, les a chargés de cette mission mais Addington ne pense surtout qu'à chasser et à accomplir des exploits qui pourraient alors être racontés sous forme de récits de voyage. Charles, très inquiet pour Simon et peu confiant dans l'efficacité d'Addington, engage Jerry Potts pour leur servir de guide pour remonter la piste du jeune homme disparu car celle-ci part du côté des territoires sauvages du Nord-Ouest. Leur petit convoi se voit augmenter par Lucy Stoveall, une jeune femme désespérée par le meurtre récent de sa jeune sœur et qui cherche à venger cette mort en poursuivant d'éventuels suspects partis vers le Nord eux aussi …
Cela faisait un petit moment que je n'avais pas eu un coup de cœur aussi fort ! Ce livre mêle habilement histoire et aventures, amour et vengeance, découverte de paysages et de peuples, le tout dans une écriture fluide et plaisante à lire. Les personnages sont attachants et forts et leur quête, qu'elle soit physique ou initiatique, est intéressante à suivre tant par les découvertes qu'ils font que par le cheminement qui les ont amenés là où ils sont. La sauvagerie de la vie de l'époque et les grands espaces rythment l'histoire, entraînant le lecteur bien loin de son monde habituel. Les différentes intrigues menées en parallèle avec brio ne laissent aucun temps mort mais les rebondissements laissent la part belle au développement psychologique des différents personnages, ce qui fait de ce roman à la fois un roman d'aventures, une fresque historique et un roman de mœurs particulièrement réussi à tous points de vue. Un régal !
L'avis de Gachucha qui m'avait donné l'envie de lire ce livre ... merci !
05 janvier 2007
L'absolue perfection du crime ---- Tanguy Viel
Pierre, le narrateur, est un membre de la bande de
« l’oncle », un caïd vieillissant qui s’appuie sur Marin, son fils
spirituel. Pour maintenir la « famille » à flot, Marin décide de
cambrioler un casino le 31 décembre …
Se voulant un hommage au roman noir, j’ai trouvé cette lecture plutôt indigeste au niveau du style d’écriture. En désirant imiter la façon de parler des gens du milieu, les phrases sont lourdes, peu faciles à lire et finalement, me semblent très éloignées de la vérité car trop caricaturales. L’histoire pourrait être intéressante mais ne suffit pas pour sauver le livre.
*Livre lu en 2006*
La maison dans les dunes ---- Vonne Van Der Meer
Duinross est une maison blottie dans les dunes d’une
petite île hollandaise et voit passer beaucoup de monde : c’est normal,
c’est une maison de vacances. Du couple en pleine crise à la jeune fille
enceinte, du veuf désespéré à un trio d’amis, chacun se retrouve là pour
quelques jours et la maison, tranquillement, par son atmosphère particulière
essaie de les aider dans leurs choix. La seule trace qu’ils laissent sont
quelques mots dans le Livre d’or et quelques coquillages ramassés sur la plage
…
Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman mais j’ai trouvé son rythme un peu trop mou à mon goût. Certaines histoires sont touchantes mais sont trop brèves pour qu’on puisse s’attacher aux personnages. Mon impression est donc assez mitigée et j’ai eu beaucoup de mal à lui attribuer une note, d’où la moyenne. Ce n’est pas mal mais on ne loupe rien à ne pas le lire. Je pense que cela dépend beaucoup de l’humeur du moment.
*Livre lu en 2006*





