14 mai 2012

Ghostopolis ---- Doug Tennapel

Ghostopolis

Le jeune Garth vit avec sa mère et est atteint d'une maladie incurable. Tous les médecins semblent unanimes sur ce point. Mais alors que Frank Gallows, chasseur de fantômes, tente de renvoyer dans l'au-delà le squelette peu coopératif d'un cheval, Garth se retrouve piégé et envoyé lui aussi à Ghostopolis, le royaume des spectres, fantômes, squelettes, momies, zombies et autres créatures surnaturelles et surtout bel et bien mortes. Frank, très traumatisé par son erreur, décide d'aller récupérer lui-même le jeune garçon et demande l'aide de la belle Claire. Mais Garth, avec la facilité propre à son âge, s'adapte assez rapidement à son nouveau monde et se découvre même des pouvoir sortant de l'ordinaire …

Depuis quelques années, je trouve que les comics deviennent de plus en plus intéressants en abordant une plus grande variété de sujets (ou bien alors, c'est qu'enfin ils nous parviennent car ils sont traduits). Avec ce titre, on sait déjà à quoi s'attendre et on sait qu'on va se retrouver dans le domaine du fantastique, ce qui est loin de me déplaire. Comme c'est un album qui cible d'abord les adolescents, j'ai trouvé que le trait était plus simple, plus sobre que pour certains comics. Les décors sont épurés, assez géométriques, les couleurs franches et variées (c'est peut-être à ce niveau-là que j'ai eu le plus de mal à m'habituer au début). Les personnages sont tous très caractéristiques donc pas de risque de se mélanger les pinceaux, ce que j'apprécie beaucoup. En plus, ça leur donne un caractère qui leur est propre ! L'histoire commence tranquillement dans notre monde actuel pour vite se déplacer dans un monde étrange qui ne manque pas de sel. Déjà, dès le départ, j'ai trouvé qu'il y avait des moments d'humour, surtout avec Frank le chasseur de fantômes qui semble poursuivi par la malchance. Le monde de Ghostopolis n'a pas été sans me faire vaguement penser à celui de Zombillénium, à part qu'il ne s'agit pas d'un parc d'attraction mais bel et bien d'un monde parallèle au notre et qui m'a paru original. Bien sûr, vous vous doutez bien qu'il va se passer beaucoup de choses à Ghostopolis et que la mort est loin d'y être un long fleuve tranquille. Les personnages vont donc évoluer à travers ce qu'ils vont vivre et j'ai aimé les voir mûrir. De même, j'ai bien aimé la vision que l'auteur donne de l'au-delà. Et après plusieurs rebondissements et quelques moments amusants, c'est avec une touche d'émotion que l'histoire se clôt et cette lecture m'a laissée satisfaite vu qu'elle a abordé plusieurs sujets de façon simple mais assez réussie (avec peut-être un léger bémol sur un petit manque de profondeur dans la psychologie des personnages, qui paraît plutôt normal quand on s'adresse à des adolescents, mais qui se révèle un peu frustrant pour la lectrice adulte que je suis).

 

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ThereadingComicschallenge1Lu dans le cadre The Reading Comic Challenge.

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08 mai 2012

Vivre dessous ---- Collectif

VivredessousDepuis quelques années, un nuage étrange et rouge s'étale de plus en plus au dessus de la Terre, cachant le ciel et provoquant parfois des catastrophes dévastant d'immenses zones. La population, que les différentes autorités ont tout d'abord essayé de rassurer, est à présent convaincue que la fin du monde est proche mais cela n'empêche pas certains d'essayer de continuer à organiser la survie dans un petit village de montagne …

J'aime beaucoup les récits post-apocalyptiques ou qui parlent de la fin du monde alors c'est surtout l'histoire qui m'a convaincue d'emprunter cet album. J'étais quand même plus dubitative quant au graphisme car il s'agit là d'un album collectif, où une bonne vingtaine d'auteurs ont participé. Sous la houlette de Thomas Cadène et de la maison d'édition, ils ont bâti chacun une partie de cette histoire et chacun de ces « chapitres » a un style graphique propre à son auteur et je peux dire qu'ils sont très variés, ces styles ! Certains m'ont assez bien convenu mais dans l'ensemble, mon impression est assez mitigée. Le fait qu'on retrouve les mêmes personnages au fil de l'histoire mais représentés différemment en fonction des auteurs n'aide pas à suivre confortablement l'histoire (moi qui ai déjà des problèmes à reconnaître parfois les personnages alors qu'ils sont dessinés par le même auteur, vous imaginez donc le bazar que ça a été !). Et pour couronner le tout, l'histoire commence à une période particulière, puis revient dans le passé et alterne entre différentes époques pour qu'on voit l'évolution de ce nuage rouge et de la population qui s'inquiète. Mais il y a un petit truc pour s'y retrouver … il suffit d'être observateur (mais c'est un détail assez visible à chaque nouveau chapitre !). Sinon, je n'ai pas très aimé certains moments, qui arrivent trop brusquement sans explication ou bien qui représente une histoire racontée par les plus grands aux enfants qui ont survécu. Il y a beaucoup de matière et de voir une histoire portée par un grand nombre d'auteurs est vraiment intéressant mais j'ai aussi trouvé beaucoup de difficulté à suivre et à apprécier cette lecture !

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06 mai 2012

Triangle rose ---- Michel Dufranne, Milorad Vicanović et Christian Lerolle

TriangleroseDe nos jours, en France, un groupe de lycéens doit rendre un devoir sur la seconde guerre mondiale. Alexandre suggère alors qu'ils aillent interroger Andreas, son arrière-grand-père, plutôt que de faire des recherches sur Internet, car celui-ci a été interné dans un camp de concentration mais sa famille ne sait rien de cette époque. Andreas leur raconte alors sa vie dans le Berlin des années 1930, sa vie d'homosexuel parfaitement intégré dans la société de l'époque mais qui va voir la montée du nazisme changer tout ça …

Voilà un sujet vraiment peu traité, que ce soit en BD ou en roman, et il était donc intéressant de le découvrir à travers ce titre. A part que j'ai été déçue par le traitement qu'il en a été fait ! Tout d'abord, le dessin est vraiment superbe, très réaliste, tout en finesse, avec un jeu sur les couleurs très réussi : l'époque actuelle est en couleurs, l'époque des années 1930 en sépia et celle des camps de concentration en nuances de gris. Je trouve donc qu'on est bien dans l'ambiance requise à chaque passage. Par contre, j'ai eu énormément de mal à reconnaître les personnages : ils se ressemblaient tous et il a souvent fallu que je revienne sur mes pas pour retrouver qui était qui. A la fin, j'avoue même que je ne m'en souciais plus vraiment s'il s'agissait d'un personnage secondaire ! Mais j'ai eu beaucoup de mal à repérer à Andreas au milieu de sa bande d'amis et ça m'a un peu perturbée au départ. Ensuite, c'est surtout la façon de présenter Andreas qui m'a déplu. Quand Alexandre vient avec ses amis l'interroger pour leur devoir d'école, il ne paraît déjà pas sympathique mais je lui laissais le bénéfice du doute. Mais quand on le découvre dans les années 1930, ça ne s'améliore pas du tout : je l'ai trouvé très intolérant (vis à vis des Juifs par exemple), très imbu de lui-même, et finalement ayant des penchants pour la cause nazi (comparé à ses amis qui se méfient plus de cette montée en puissance). Seul son ami Dieter m'a paru sympathique, sensé et réaliste, bien qu'il me semble qu'il y avait aussi Ludwig, qui paraissait bien comprendre ce que se passait pendant ces années sombres. Les autres membres du groupe étaient vraiment superficiels et limite égoïstes. Alors quand la réalité finit par rattraper Andreas, j'avoue que j'ai été moins touchée, n'ayant vraiment pas d'atomes crochus avec lui, alors que je trouve pourtant horrible de savoir que des hommes et des femmes ont été arrêtés à cause de leur vie privée et de leurs penchants amoureux, chacun étant libre d'aimer qui il veut. D'ailleurs, à la fin, quand les adolescents partent après avoir entendu le récit d'Andreas, l'un d'eux dit de lui : « Désolé, Alex, mais ton arrière-grand-père, c'est vraiment un gros connard ! » et j'ai immédiatement trouvé qu'il résumait bien mon ressenti avec cette phrase ! Du coup, j'ai vraiment trouvé dommage d'avoir présenté ce sujet de cette façon, lui enlevant une part de son impact émotionnel, en amputant une part de l'empathie que les lecteurs pourraient ressentir pour ces hommes et femmes homosexuels qui ont vécu des choses injustes et cruelles pendant cette guerre (au même titre que beaucoup d'autres d'ailleurs !).

L'avis d'ICB.

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05 mai 2012

Scènes de la vie parentale ---- Jean-Philippe Delhomme

ScenesdelavieparentaleLes relations parents-enfants ne sont pas toujours faciles. Les enfants reprochent parfois aux parents leur tenue vestimentaire, les fêtes d'anniversaire sont des chausses-trappes, de même que les parcs et les aires de jeux, les départs en colonie peuvent se révéler des crève-coeurs, les jours fériés de véritables traversées du désert …

J'avais besoin d'un album qui se lit vite et facilement. Alors là, rien à dire, c'était parfait ! Un dessin, plutôt simple, comme une peinture mélangeant moderne et naïveté, accompagné d'une légende explicative d'une ligne ou deux, et ce uniquement sur les pages impaires, les pages paires restant vierges. Vous comprenez donc qu'il ne m'a pas fallu longtemps pour le lire. Par contre, je suis plus dubitative sur le contenu ! Plusieurs situations sont décrites, comme le résumé le laisse suggérer, mais j'ai trouvé ces situations vraiment très éloignées de celles que je peux trouver dans mon entourage. Je les ai trouvées très « parisiennes », très « branchées bobo », très « snobs » et aucune ne m'a fait rire, ni même sourire. Oh, il y en a bien trois ou quatre que j'ai trouvées plus pertinentes que les autres mais c'est un peu trop peu à mon goût. Finalement, ce que j'ai préféré, c'est la préface de l'auteur ! Mais ça ne suffit pas pour rattraper l'ensemble à mes yeux !

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04 mai 2012

Fille de rien ---- Sylvain Ricard et Arnü West

FillederienPrintemps 1944 dans un petit village non loin de Lyon. Serge et Lucienne vivent dans la ferme familiale, avec la mère et les frères de Serge et leurs familles. Lucienne est enceinte et le couple travaille avec Jürgen dans un laboratoire de recherche. Cette association, que Serge trouve productive, utile et nécessaire pour avancer dans ses recherches médicales, est mal vue par les gens du coin, que ce soit au laboratoire, dans le village ou même dans la famille de Serge …

Cela faisait plusieurs fois que je voyais cet album à la bibliothèque mais j'hésitais à l'emprunter pour des raisons que je n'arrivais pas vraiment à définir. Je pense que c'était surtout le thème abordé qui me refroidissait, ayant peur de lire à nouveau sur la seconde guerre mondiale, sujet maintes fois abordé dans les histoires. Mais comme le titre et la couverture l'annonçaient, il était évident qu'il allait s'agir d'une histoire de collaboration avec règlement de compte à l'issue de la guerre. Le graphisme est plutôt classique, sobre, réaliste, avec des couleurs sombres mais assez douces et même si j'ai finalement un peu perdu l'habitude de voir ce genre de dessin, je dois dire qu'il m'a bien plu et je trouvais qu'il convenait bien. Par contre, encore une fois, j'ai eu tendance à mélanger les personnages au départ. Pourtant, ce n'est pas qu'ils se ressemblaient trop mais c'était qu'ils étaient presque trop nombreux au début. J'aurais sûrement eu moins de mal s'ils avaient été présentés au fur et à mesure de l'histoire. Mais les auteurs nous plongent dès le départ dans cette grande famille vivant sous le même toit, dans une atmosphère lourde de non-dits et de reproches. D'ailleurs, l'ambiance restera lourde tout au long de l'album, où le drame apparaît peu à peu. En tant que lectrice, je me suis sentie impuissance devant ce qui arrivait aux personnages, outrée par l'attitude de certains et c'était des sentiments d'autant plus forts qu'on sait que l'histoire, si elle reste une fiction, n'a eu aucun mal à s'inspirer de la réalité. Je n'ai eu aucune difficulté à imaginer que des êtres réels ont pu se retrouver dans le même cas que celui décrit ici. La fin est dure mais c'est justement sa dureté qui la rend encore plus crédible et réaliste. J'ai donc trouvé que le sujet n'était finalement pas si courant que ça, surtout en BD, mais je regrette que certains aspects de l'histoire n'aient pas été plus approfondis et que la psychologie des personnages n'ait pas été plus fouillée, plus travaillée : on sait ce qui se passe mais les motivations ne sont pas mises vraiment en avant, ni les doutes ou les éventuels regrets. C'est un album qui mérite lecture mais qui aurait largement pu être étoffé d'une quinzaine de pages supplémentaires.

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02 mai 2012

Les princesses aussi vont au petit coin ---- Chabouté

LesprincessesaussivontaupetitcoinQuand un homme menace de vous faire du mal, voire de vous tuer avec une seringue, vous ne pensez alors qu'à fuir. C'est ce que fait Jorn, sous l'emprise de la panique. Essayant d'échapper à ceux qui lui en veulent, il fait de l'auto-stop et un van aménagé s'arrête pour le prendre. C'est celui de Marco et Suzanne, qui prennent la vie comme elle vient. Pendant ce temps, un mystérieux coureur sillonne les petites routes et les chemins …

J'ai mis du temps avant d'arriver à mettre la main sur ce dernier album de Chabouté (après ça, je crois qu'il ne m'en reste plus qu'un à lire !) mais j'étais vraiment intriguée par ce titre un peu étrange. Et le début est à l'avenant … franchement, on ne sait vraiment pas où on va, peu de paroles, un homme traqué, un couple en goguette et beaucoup de mystère. Le dessin est toujours typique de Chabouté, avec des contrastes très forts entre le noir et le blanc et pas de dégradés de gris et mais il sait représenter des personnages très différents physiquement alors je ne me suis pas mélangée entre eux. Au départ, j'ai eu un peu de mal à suivre l'histoire, qui semblait se morceler en deux sans lien apparent mais on comprend au fur et à mesure. Mais à un moment, j'ai quand même eu un méga flottement avec l'apparition d'une chose très inattendue et qui va annoncer l'explication finale de façon claire ensuite. Avant cela, j'en étais juste restée aux suppositions. J'avais aussi du mal à savoir si j'appréciais les personnages, l'atmosphère lourde et paranoïaque finissant presque par influencer mon ressenti. Encore une fois, la fin est surprenante, du moins en BD car j'ai déjà retrouvé la pirouette finale dans un roman, lu assez récemment (mais je ne vous dis pas lequel pour ne pas gâcher la découverte). J'aurais quand même préféré une histoire un peu plus étoffée, moins tirée par les cheveux mais j'ai quand même passé un bon moment, à me poser des questions sur les différentes possibilités d'évolution dans les aventures de Jorn, Marco, Suzanne et le mystérieux coureur et à imaginer plein de choses différentes !

Les avis de Mo, Choco, Noukette, Canel, Jérôme.

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01 mai 2012

La belle mort ---- Mathieu Bablet

LabellemortDans un futur post-apocalyptique, la Terre est envahi par les insectes. En fait, elle a surtout été envahie par des insectoïdes énormes qui ont détruit l'humanité. Seuls quelques hommes survivent tant bien que mal et un petit groupe essaie de s'organiser en parcourant les immeubles à la recherche de nourriture. Ils ne savent plus pourquoi ils s'obstinent à rester vivants alors que leur environnement est si dangereux et sans espoir. Mais il leur arrive parfois de rencontrer d'autres survivants isolés et les rencontres ne se passent toujours comme on pourrait s'y attendre …

Je suis une grande fan de récit post-apocalyptique, peu importe comment la Terre en est arrivée là. Dans le cas de cet album, je craignais un peu la présence d'insectes vu que je ne les aime en général pas trop (mais comble de la chose, je n'en tue jamais aucun chez moi : je les attrape et les mets dehors donc je suis loin d'en avoir la phobie sinon je ne pourrais pas les attraper !). Dès le départ, l'atmosphère de l'album est lourde, oppressante, étouffante, chargée d'angoisse et de solitude. L'auteur ne nous donne pas envie de vivre dans ce genre de monde et met donc en place les futures questions que vont se poser les personnages principaux. Le dessin, très anguleux, aux décors assez chargés, aux couleurs plutôt sombres et aux ambiances utilisant une couleur prédominante suivant les scènes (soit orange, soit vert, soir bleu par exemple) met en place une atmosphère flirtant avec le glauque et le malsain. On se doute qu'il ne fait pas bon vivre dans un tel monde. Au départ, on ne sait d'ailleurs même pas où on se trouve, on sait juste qu'il s'agit d'une ville détruite, avec des insectes omniprésents. Avec une telle mise en place, j'ai trouvé que je n'avais aucun mal à me mettre à la place des survivants et de leur difficulté d'adaptation dans un tel contexte, même si j'ai trouvé qu'ils s'en sortaient plutôt bien malgré tout. Par contre, j'ai eu plus de mal avec leurs déplacements : certains dessins les représentent en train de sauter dans le vide, comme si la gravité était le cadet de leur souci ! Du coup, ça m'a paru un peu artificiel, moins « crédible » (si tant est qu'un tel monde soit concevable). Mais quand je suis arrivée à l'explication de l'histoire, sur les insectoïdes, sur les rôles que vont jouer les survivants, c'est là que j'ai un peu décroché ! J'ai suivi et compris les tenants et les aboutissants principaux mais j'ai eu du mal à y trouver de l'intérêt et certaines de mes questions secondaires sont restées sans réponse ni explication. Disons que cela m'a paru parfois tiré par les cheveux et pas toujours cohérent. Du coup, je garde une impression mitigée de cette lecture !

L'avis de Benebonnou.

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27 avril 2012

Lendemains de cendres ---- Séra

LendemainsdecendresAu Cambodge, durant la seconde moitié des années 1970, les Khmers Rouges massacrent la population, qui vit dans la peur, la faim et la misère. Les familles se voient dressées les unes contre les autres, comme ces deux frères, l'un au service de la dictature en place et l'autre qui s'oppose à toute cette violence. Mais le système est à l'agonie et les militaires vietnamiens ne vont pas tarder à entrer dans le pays pour le libérer de ses oppresseurs. Au milieu du chaos, un des frères rencontre une jeune femme et la sauve de la mort, laissant entrevoir une lueur d'espoir et d'amour au milieu de la noirceur …

Me revoilà avec un album sur le Cambodge mais cette fois, Séra aborde la période 1978/79 en détail et nous parle aussi de son retour au pays en 1993, quand celui-ci a enfin atteint une sorte de stabilité. A travers un graphisme réaliste particulièrement soigné (vu qu'il s'inspire de photos), l'auteur montre ce qui s'est passé à la chute du régime Khmer Rouge et il a choisi d'aborder la période à travers deux frères, puis une femme qui va rencontre un de ces deux frères. Bien sûr, il y a aussi une multitude de personnages secondaires (qui jouent parfois des rôles importants), qui gravitent autour de ces trois personnes ou qui vont croiser leur route. Mais comme pour Impasse et rouge, j'ai eu énormément de mal à me repérer dans l'histoire car il me semblait que la continuité de l'histoire était hachée, qu'on passait parfois rapidement à un autre moment sans transition ni explication, et je me suis perdue très souvent dans les personnages que je n'arrivais pas toujours à reconnaître. Du coup, difficile de suivre et comprendre pleinement une histoire ! Bon, j'ai quand même compris que la vie du peuple cambodgien ne s'est pas amélioré tout de suite, que la mort a continué longtemps à prélever son dû et que les libérateurs n'étaient pas si auréolés de bonnes intentions mais à cause de mes difficultés pour suivre l'histoire, je crois que je ne l'ai pas forcément appréciée à sa juste valeur. Mais c'est quand même à lire pour ne pas oublier tout ce qui s'est passé là-bas et pour apprendre à nouveau quelques petites choses (sans compter le fait que je vois l'oeuvre de Séra comme un tout vu qu'il aborde différentes périodes et qu'il faut toutes les découvrir !)

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26 avril 2012

Palaces ---- Simon Hureau

PalacesAu début des années 2000, Simon Hureau décide d'aller passer quelques semaines au Cambodge, où il a des amis qui travaillent sur place dans l'enseignement. Accompagné de trois amies en vacances sur place elles aussi, leur petit groupe sillonne le pays, essayant de savourer l'atmosphère particulière qui s'en dégage en dormant dans des endroits peu communs : un temple non loin du site d'Angkor Vat, un ancien hôtel abandonné qui a aussi servi de lieu d'interrogatoire pour les Khmers Rouges, ou bien une auberge lors d'un arrêt inattendu sur un trajet …

J'ai beaucoup le style de Simon Hureau et j'ai donc emprunté cet album sans rien savoir de l'histoire. Et quelle ne fut pas ma surprise quand j'ai découvert que cela se passait au Cambodge ! Franchement, c'est le pur hasard si je suis tombée dessus alors que je suis dans une période de lecture d'albums sur ce pays mais comme dit le dicton « le hasard fait bien les choses » ! J'ai donc retrouvé avec plaisir le coup de crayon typique de l'auteur, avec des décors détaillés et des personnages aux visages assez reconnaissables (mais j'avoue que, malgré le peu de personnages, j'ai quand même réussi à me perdre quelques fois dans leur représentation). Il a favorisé le noir et blanc mais il y a quelques planches où le rouge fait de brèves apparitions. Le sujet m'a aussi beaucoup plu et je l'ai trouvé original : sous forme de carnet de voyage, Hureau va aborder le pays à travers maints petits détails, comme les insectes par exemple, et surtout, il va nous le montrer à travers des lieux peu communs où il passera certaines de ses nuits. J'ai trouvé qu'il a su trouver le ton juste, avec un équilibre entre son étonnement, sa fascination et une vision néanmoins sans concession du Cambodge. On voit des ruines, de belles choses, mais aussi des lieux toujours empreints de violence, de la saleté, de la pauvreté ou des comportements un peu effrayants (surtout vers la fin quand il rejoint la capitale). C'est donc une lecture intéressante et différente de ce qu'on peut trouver habituellement dans les récits de voyage mais je regrette un peu qu'il ne décrive pas beaucoup de contacts avec les habitants du pays.

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25 avril 2012

Cayenne ---- Saccomanno et Mandrafina

CayennePeter Garfield, alias Marcel Clouzot, s'est échappé du pénitencier de Cayenne et a écrit un livre pour raconter ses souvenirs. Installé aux Etats-Unis, il a ouvert un bar, qu'il tient avec son ami Griffith et qui sert aussi de refuge à un certain nombre de prostituées. Mais l'homme se soucie du devenir des gens qu'il voit passer dans son troquet et il cherche souvent à les aider et à les sortir d'un mauvais pas …

Emprunté un peu par hasard, j'avoue que je ne m'attendais pas à découvrir un récit sous forme de petites histoires. Le dessin avait pesé pour beaucoup dans ma décision de lire cet album : un graphisme noir et blanc, très années 40-50 (d'ailleurs, je suppose que l'histoire se passe à peu près à cette période), des personnages aux visages très typiques (des femmes fatales, des gangsters, des justiciers, des jeunes hommes sur la mauvaise pente, des hommes mûrs qui n'ont plus aucun espoirs, des hommes d'affaires pourris) et un décor réduit à son minimum, vu que cela se passe souvent la nuit. Je ne pensais pas trouver un personnage principal, évadé du bagne et justicier à ses heures perdues mais j'ai trouvé l'idée originale. Je m'attendais à lire une histoire dans la lignée de « Papillon » mais finalement, l'album flirte allègrement du côté des comics nord-américains (les auteurs sont d'Amérique du Sud, Argentine je crois mais je ne suis pas sûre), avec le côté « sauveur des plus faibles » de Marcel Clouzot. Mais il ne sauve pas n'importe qui car il a des critères d'honneur ! Si au départ, les histoires semblent complètement indépendantes, on finit par trouver un fil conducteur vers le milieu, avec quelques personnages récurrents et on apprend aussi un peu du passé de Marcel mais j'ai trouvé qu'il était un peu dommage de ne pas en savoir plus ! J'ai bien aimé mais avec cette multitude d'histoires assez courtes (8 pages chacune), j'ai néanmoins été un peu frustrée par cette lecture où on apprend peu de choses sur les personnages principaux et comment ils en sont arrivés là !

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