Enfant 44 ---- Tom Rob Smith
Dans les années 1930, la famine fait rage dans la campagne ukrainienne. Pavel et son jeune frère Andreï, sont en train d'essayer de chasser pour ramener de quoi manger à leur mère mais Pavel disparaît, capturé par d'autres personnes tout aussi affamées qu'eux. Vingt ans plus tard, pendant l'hiver 1953, à Moscou, le corps d'un jeune enfant est retrouvé sur une voie ferrée. Sa famille croit à un assassinat mais Leo, un agent du MGB, la police d'état dont le père de la victime fait aussi partie, est chargé de les convaincre que c'est un accident. Leo, qui est pourtant un officier zélé au service de l'empire soviétique, commence néanmoins à douter. Mais le doute se transforme en certitude quand il tombe en disgrâce et qu'il est muté avec sa femme dans les montagnes de l'Oural où il découvre que d'autres enfants sont morts dans les mêmes circonstances …
Voilà un roman que j'ai trouvé passionnant ! Tout d'abord, l'histoire, qui se base sur la vie d'un véritable tueur en série russe ayant sévi dans les années 1970-1980, est bien menée, avec juste suffisamment de mystère et de rebondissements pour tenir le lecteur en éveil sans paraître artificielle et sans en révéler trop. Autant dire que si j'ai bien trouvé le coupable avant la fin, il m'a fallu un bon moment pour déduire qui était le tueur (enfin, j'avais des soupçons assez rapidement mais je n'arrivais pas à le situer dans un contexte crédible) et les raisons de tous ces meurtres (c'est là que cela a été le plus difficile à trouver). Compte tenu du fait que je trouve souvent bien trop vite le coupable, le fait que l'auteur ait réussi à me laisser macérer dans un flou artistique n'est pas négligeable pour démontrer l'originalité et la réussite de ce thriller ! L'autre côté particulièrement intéressant du livre est le fait que l'histoire se passe en Union Soviétique sous Staline et l'auteur décrit la vie quotidienne à cette époque-là, la police d'état et les milices et la façon d'enquêter, le système judiciaire et tout cela donne froid dans le dos (on a tendance à oublier comment cela pouvait se passer dans ce pays !). C'est réellement … "dépaysant" et cela donne une dimension encore plus étouffante au roman. Bien sûr, on n'échappe pas à quelques clichés du genre, comme la rédemption de Leo, passant de l'officier zélé détestable à l'être humain luttant pour la justice mais cela ne m'a pas trop gênée. En tout cas, je n'ai pas vu passer les presque 400 pages car il m'a été difficile de reposer ce livre pour vaquer à mes tâches quotidiennes ou pour dormir ! Un premier roman très maitrisé et très réussi … j'attends impatiemment de voir ce que cet auteur prometteur fera ensuite !
L'avis de Dasola.
