Southland ---- Nina Revoyr
En 1994, Frank, le grand-père de Jackie Ishida, une jeune étudiante en droit d'origine japonaise, vient de mourir soudainement. Sur demande de sa tante, chez qui le vieil homme habitait, Jackie accepte de rechercher un certain Curtis car Frank l'a couché sur un vieux testament en lui laissant la boutique qu'il tenait dans le quartier de Crenshaw, juste avant les émeutes de Watts en 1965. Mais Jackie est surprise par ce qu'elle découvre : quatre adolescents noirs ont été tués dans l'épicerie de Frank au moment des émeutes …
Ceci est ma deuxième incursion dans un livre de cette auteure et là encore, je n'ai pa été déçue du voyage. Je ne sais pas exactement de quelle façon les personnages qu'elle crée me touchent autant car je n'ai pas de nombreux points communs avec eux mais il me semble que les relations familiales décrites sont très justes et empreintes de nostalgie. Jackie est loin d'être parfaite et il est donc plus facile de s'identifier à elle et on retrouve, comme dans Si loin de vous, les non-dits, les occasions manquées de parler et de partager avec ceux qui nous entourent et qu'on aime sans s'en rendre compte. L'histoire alterne entre 1994 et le passé, que ce soit 1965 voire même avant (en 1939 par exemple). Les points de vue sont différents aussi : Jackie pour le présent, Frank, Curtis ou d'autres personnages pour le passé. En marge de l'intrigue principale sur la mort des ados, on a l'occasion d'apprendre de nombreuses choses : les camps d'internement pour les personnes d'origine japonaise aux USA pendant la guerre, les émeutes raciales de Watts en 1965, l'évolution de certains quartiers de Los Angeles, les problèmes de racisme et d'immigration, la difficulté de s'identifier à une communauté ou un groupe de personnes. Ce fut donc une lecture passionnante, émouvante et forte, qui ne choisit pas la voie de la facilité à la fin et qui laisse une impression marquante.
