Les liaisons dangereuses ---- Pierre Choderlos de Laclos
Dans la noble société française du 18ème
siècle, Madame de Merteuil demande à son ami et ancien amant Monsieur de
Valmont de déniaiser une jeune fille dont la main est promise à un homme sur
lequel elle estime devoir se venger. Mais le vicomte de Valmont n'est pas très
intéressé par l'affaire car il est dans ses projets de vaincre la vertu de
Madame de Tourvel, une femme pieuse et mariée qui n'a aucune chance de céder
aux charmes du séducteur …
Toujours dans le cadre des rencontres adaptations de livres en film, j'ai relu ce classique de la littérature française et je dois dire que j'ai été assez surprise ! Quand je l'avais lu alors que j'étais en seconde, j'avais adoré ce roman et ne me rappelle pas avoir eu de difficultés particulières mais cette fois, j'ai trouvé le style très lourd et de nombreuses redondances dans les lettres. Bien sûr, il n'y a plus le plaisir de la découverte et l'histoire était bien restée ancrée dans ma mémoire grâce aux adaptations ciné que j'avais vu au fil des années. Mais j'ai eu énormément de mal à cette lecture, devant parfois relire 3 ou 4 fois la même phrase avant qu'elle réussisse à pénétrer mon cerveau ! Sinon, au niveau de l'histoire proprement, j'ai à nouveau trouvé celle-ci très réussie, avec la montée en puissance de l'opposition Merteuil-Valmont. Et malgré le côté sulfureux qui s'est longtemps attaché à cette œuvre, tout est suggéré (est-ce aussi à cause de cela qu'il m'a fallu relire des phrases ?) et au final, la morale est sauve, ce qui est, à mes yeux, un peu décevant mais assez ironique. Maintenant, j'ai encore à voir quelques films tirés de ce livre car les adaptations ont été nombreuses !
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Edit du billet du 25/11/2009
Je continue la mise à jour des billets concernant les rencontres Hors Champ de ma médiathèque. C'est la dernière mise à jour sur la rencontre de novembre car la troisième oeuvre proposée sur le thème des classiques littéraires adaptés en films était La princesse de Clèves, que je n'ai toujours pas lu (et bien sûr, je n'ai pas vu d'adaptations non plus !). Bien sûr, je ne compte toujours pas ce billet pour le challenge Lunettes noires sur pages blanches vu qu'il date réellement de l'année dernière.
J'avais déjà vu ce film il y a quelques années mais à l'époque, mes souvenirs du roman étaient assez flous sur les détails. Cette adaptation transpose l'histoire dans le 20ème siècle et la rajeunit car les protagonistes sont adolescents. Et c'est peut-être justement sur ce concept qu'il est le plus dur d'adhérer : comment des personnes de 17 ans seraient assez retorses et expérimentées pour mener les intrigues concoctées par Madame de Merteuil et son ami Monsieur de Valmont ou tout simplement manipuler les adultes et leurs propres amis de façon si facile si l'on fait abstraction du roman ? Je ne doute pas que les jeunes sont loin d'être empotés et innocents et pour faciliter la chose, les deux personnages principaux vivent dans un monde aisé où l'argent n'est pas un problème. Ils ont donc l'habitude de donner des ordres et de se faire respecter par des gens moins bien lotis (on peut même aller jusqu'au fait qu'ils ont l'habitude "d'écraser" plus petit qu'eux). Qui plus est, le genre de monde où ils vivent ne se focalise pas vraiment sur la famille et ces jeunes sont plutôt livrés à eux-mêmes, sans contrôle et sans comptes à rendre. Mais bon, cela m'a quand même un peu gênée (même si dans le livre, je pense qu'ils ont dans les 25 ans pas plus) ! La relation entre Sarah Michelle Gellar qui joue Kathryn Merteuil et Ryan Philippe qui fait Sebastian Valmont est plus trouble que dans le roman : elle est plus sexuelle alors que je l'ai ressentie plus au niveau du contrôle et de la domination dans le livre. Reese Witherspoon, qui est Annette Hargrove (alias Madame de Tourvel), est très bien dans le rôle et n'est pas aussi coincée que son alter ego littéraire, ce qui aurait paru ridicule à l'époque actuelle et dans ce milieu. Mais je trouve qu'elle succombe bien trop vite aux charmes de Valmont et cela enlève un peu de la puissance à l'intrigue et Valmont n'apparaît aussi manipulateur que dans le livre … il est juste amoureux très rapidement. Le moins réussi à mes yeux est le rôle de Cécile, jouée par Selma Blair, qui n'apparaît pas nunuche et naïve mais carrément pas très nette dans sa tête ! On a la sensation qu'elle a de sérieux problèmes de développement intellectuel ! La fin diffère partiellement du roman, lui enlevant une partie de son ton ironique et grinçant : elle ressemble typiquement à une fin américaine, laisse la porte ouverte à une suite possible. Le petit détail qui m'a bien plu est le fait que le réalisateur a réinséré le côté épistolaire du roman en le modifiant un peu : les "méchants" de l'affaire tombent à cause d'un journal intime (au lieu des lettres dans le livre). Et si ce film pousse les jeunes à se plonger dans le roman, je dis bravo, surtout qu'on passe quand même un agréable moment à le regarder et que cette touche de modernité lui donne un nouveau souffle.
Décidément, il me semble que j'avais déjà vu pratiquement toutes les adaptations de ce roman à leurs sorties mais je dois dire que je gardais peu de souvenirs de celle-là, surtout qu'elle est sortie plus ou moins au même moment que "Les liaisons dangereuses" de Stephen Frears et que dans ma mémoire, elle a été éclipsée par le film de Frears ! Forman a décidé d'axer son film sur Valmont, ce que je trouvais original car Madame de Merteuil reste la pièce centrale de l'histoire à mes yeux. Donc, un changement de point de vue était bienvenu. Mais Valmont, joué par Colin Firth, m'a paru bien trop gentillet pour le rôle. Il est très "adapté" à l'époque décrite : fier, très élégant, un peu distant mais il lui manque le côté cruel et manipulateur nécessaire pour coller à mon ressenti du personnage. Quant à Annette Bening qui est Madame de Merteuil, elle semble souvent crispée, avec un sourire un peu vacant sur les lèvres et son jeu n'est pas suffisamment ciselé pour que je la prenne en grippe. Les décors sont reconstitués fidèlement et j'ai trouvé le film visuellement réussi, avec de superbes images. Mais c'est surtout la fin totalement modifiée qui gâche cette adaptation (qui aurait pu être réussie malgré des petits changements tout au long de l'histoire). Cette nouvelle fin change entièrement la perception des personnages, de leurs motivations, de l'ironie de leurs destins et tempère la critique acerbe de la société qu'on trouvait dans le roman. Cela m'a donné l'impression que le réalisateur ne voulait porter aucun jugement sur ces personnages malgré le jugement sans appel porté dans le livre. Cela se laisse regarder, même si je l'ai trouvé long par moments, mais cela ne restera pas dans ma mémoire, sauf peut-être pour sa trahison finale de l'œuvre de Choderlos de Laclos.
PS : je compte bien revoir aussi le film de Stephen Frears mais je ne suis pas encore arrivé à l'avoir à la médiathèque ! Je remettrai ce billet à jour quand ce sera fait !

