Brooklyn dreams ---- J.M. DeMatteis et Glenn Barr
Vincent Carl Santini se remémore son enfance et son
adolescence à Brooklyn dans les années 60 et 70 : l'ambiance familiale souvent
explosive mais l'amour qui réussit toujours à prédominer, son ami et voisin
Shane avec qui il a fait les 400 coups et qui se retrouve arrêté avec lui pour
possession de drogue alors qu'ils ont 17 ans …
C'était tout d'abord le titre qui m'avait attirée quand j'avais vu cet album en librairie (et son format aussi … j'aime les gros albums qui sont souvent plus étoffés dans les histoires) mais j'hésitais à l'acheter car, en le feuilletant, l'histoire me paraissait bizarre. Effectivement, les dessins noir et blanc sont différents en fonction de l'époque : le Vincent Santini narrateur est dessiné de façon plus "floue", plus traditionnelle, assez statique alors que les souvenirs ont un côté plus fun, plus "dessin animé" et plus attachant et c'est ces derniers que j'ai vraiment adorés ! Je les trouve vraiment plus expressifs mais il faut dire que c'est dans les souvenirs que toute l'action de l'album se passe et les dessins sont particulièrement adaptés aux anecdotes racontées. L'auteur, qui a pris un alter-ego pour l'album, nous raconte sa vie dans une famille plutôt dysfonctionnelle mais que j'ai quand même trouvée très sympathique. L'humour est souvent présent et même certaines situations plus sombres sont parfois "désamorcées" par un petit clin d'œil. Mais par moments, c'est quand même l'émotion qui effleure de façon très pudique et j'ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux. On a un peu la sensation que ça part dans tous les sens car les digressions sont nombreuses, comme quand on parle avec un ami, mais on revient toujours de façon claire au sujet en cours. Cela aurait pu être un vrai coup de cœur si l'histoire n'était pas partie en vrille vers le dernier quart de l'album. Les réflexions métaphysiques sur le sens de la vie prennent alors le dessus et n'étant pas quelqu'un porté sur le spirituel, j'ai trouvé ce retournement de situation peu à mon goût. Mais pour le reste de l'album, c'est-à-dire quand même 350 pages, c'est une excellente lecture qui m'a permis de découvrir la vie dans la banlieue new-yorkaise de façon amusante et servie par un dessin savoureux.