Les ailes de l'ange ---- Jenny Wingfield
Dans le comté de Columbia, dans l'Arkansas, en 1956, la famille Lake, composée de Samuel, pasteur de son état, Willadee son épouse, et leurs trois enfants, Noble, Bienville et Swan, vient passer quelques jours chez les Moses, la famille de Willadee. Mais ce week-end qui se veut être le moment de retrouvailles joyeuses est aussi le cadre d'un drame qui force les Lake à rester sur place pour plusieurs semaines. Swan, la seule fille Lake, a 11 ans et est ravie de ce changement car elle adore se balader dans la campagne environnante et jouer au garçon manqué. C'est à l'occasion d'une de ces promenades qu'elle rencontre le jeune Blade, 8 ans, qui s'est enfui de la ferme voisine, son père étant un homme violent et cruel …
Je n'avais pas d'idée précise sur ce que j'attendais de ce roman, ne connaissant pas du tout cette auteure, alors ce fut une agréable surprise de me retrouver plongée dans l'ambiance du Sud des Etats-Unis dans les années 50. Dès le départ, j'ai senti que j'allais me sentir bien dans cette grande famille. J'ai particulièrement aimé l'atmosphère qui se dégage des pages car les Moses et Lake sont loin d'être des familles banales. Chaque personnage a son propre caractère bien trempé et chacun est attachant à sa manière. Ils ont tous des qualités mais ne sont pas exempts de défauts non plus. Je dois dire que le début m'a vaguement fait penser au roman de Harper Lee « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur » car Swan est un des personnages principaux et va passer du monde protégé de l'enfance à la réalité de la vie et qu'il me semblait y retrouver un peu la même ambiance languide du vieux Sud. Je craignais quand même un peu le côté « religieux » que laissaient présager le titre et la profession de Samuel Lake. En fait, si la notion de religion est présente, de même qu'un certain côté « magique » des évènements, il n'y a aucun aspect prêchi-prêcha ni de lourdeur dans la façon dont l'auteure aborde le sujet. Il me semble que certains pourraient râler devant les rebondissements, surtout vers la fin, mais cela ne m'a pas dérangée, ayant accepté dès le départ que l'auteure s'autorise une certaine latitude dans ses explications (je n'en dirai pas plus pour ne rien révéler). Il y a aussi un certain personnage bien détestable particulièrement bien décrit et qui m'a bien porté sur les nerfs, comme il se doit (si ce n'avait pas été le cas, le roman n'aurait pas été aussi prenant !). Ce n'est peut-être pas le roman de l'année car il y a un petit côté prévisible mais c'est une lecture que j'ai trouvée très agréable, qui mêle légèreté et drame et qui a tenu mon intérêt éveillé tout au long des pages.
Merci à News Book et aux éditions Belfond.
