Elle ne pleure pas elle chante ---- Corbeyran et Thierry Murat d'après le roman d'Amélie Sarn
Laura reçoit un coup de téléphone d'un de ses frères qui lui apprend que leur père vient d'avoir un accident de voiture et qu'il est pour l'instant dans le coma. La jeune femme rejoint se famille mais ses sentiments sur ce père trop présent dans sa vie sont mitigés : elle est presque heureuse de le savoir dans un lit d'hôpital, comme cela il ne pourra plus lui faire de mal mais en même temps, ce n'est pas si simple car il reste son père …
Voilà encore un album adapté d'un roman d'Amélie Sarn par Thierry Murat, cette fois aidé par Corbeyran. J'avoue que je ne suis vraiment pas fan du style de ce dessinateur mais j'ai quand même mieux apprécié que ma première tentative avec lui (c'était Les larmes de l'assassin). Je trouve toujours le trait un peu trop épais, trop simple (et pourtant, j'aime la simplicité en général !) et les couleurs trop franches avec ces grands à plats. Mais j'ai néanmoins trouvé une certaine recherche dans l'attitude des personnages, leur position, l'absence de visage comme s'ils voulaient disparaître, ne plus être eux-mêmes et tout ça représente bien les sentiments de Laura. La jeune femme souffre, c'est évident et c'est très bien montré par le graphisme. Le thème de l'inceste est un thème difficile, qui pourrait trop jouer sur le pathos mais j'ai trouvé que l'histoire restait pudique, sans surjouer sur la corde sensible des lecteurs, mettant en lumière tout ce qui découle d'un tel acte que ce soit pour les acteurs eux-mêmes que pour leur entourage. Un album sensible, qui interpelle le lecteur avec subtilité mais je garde encore quelques réticences sur le graphisme qui ne me convient pas totalement.