Black out ---- Brian Selznick
Gunflint Lake, Minnesota, 1977. Le jeune Ben Wilson, sourd d'une oreille et au seuil de l'adolescence, vient de perdre sa mère dans un accident. N'ayant jamais connu son père, il est donc recueilli par son oncle et sa tante et vit non loin de son ancienne maison, sur le bord du lac. Encore sous le choc du décès de celle qui représentait tout pour lui, rêvant régulièrement de loups, Ben passe une soirée à trainer dans la maison familiale et découvre des choses que sa mère avait caché : un vieux livre concernant une exposition sur les cabinets de curiosités, un marque-page signé par un mystérieux Daniel et un médaillon avec la photo d'un homme. Après avoir été frappé par la foudre alors qu'il essayait de téléphoner à ce Daniel, ce qui l'a rendu complètement sourd, Ben décide alors de partir à New York pour le retrouver. Cinquante ans auparavant, en 1927, à Holboken, New Jersey, la jeune Rose, sourde et surprotégée par son père, rêve en découpant des articles sur l'actrice Lillian Mayhew et bâtit des buildings à partir de bouts de papier. Mais, isolée dans la grande maison familiale, ne pouvant sortir à cause de son handicap, Rose étouffe. Elle finit par s'enfuir pour New York …
J'avais beaucoup aimé le titre précédent de cet auteur et quand j'ai eu l'occasion, un peu par hasard, de tomber sur ce nouveau titre (enfin pas si nouveau que ça car il est paru en France en 2012 !), je n'ai pas hésité à l'emprunter à la médiathèque. On y retrouve la même technique de narration que pour « L'invention d'Hugo Cabret » : l'histoire de Ben est racontée de façon traditionnelle, avec des mots et celle de Rose ne passe que par les superbes dessins crayonnés en noir et blanc et il y a alternance entre les deux histoires et donc forcément entre les deux époques avant qu'il y ait télescopage des personnages à un moment donné vers la fin. J'ai donc aimé me laisser porter par les dessins et suivre Rose dans ses pérégrinations à New York dans les années 20 et découvrir la vie de Ben et ses aventures dans la Big Apple des années 70. Plusieurs sujets sont abordés : il y a bien sûr le thème de la famille, de l'histoire familiale, des relations qu'on peut avoir avec ses parents, mais il y a aussi la condition des personnes sourdes et malentendantes et comment le langage des signes a pu leur permettre de communiquer entre eux et éventuellement avec les autres. On découvre aussi le monde des musées, leur histoire et j'ai trouvé aussi cet aspect du livre intéressant et original (même si je n'ai pas pu m'empêcher de penser au film « Une nit au musée » qui se déroule dans un des musées décrits dans le livre). C'est un roman jeunesse donc il ne faut pas s'attendre à une histoire très compliquée mais l'auteur décrit bien les difficultés d'être sourd, de ne pas se sentir intégré dans une famille, de rechercher ses racines familiales. La fin m'est apparue très émouvante mais pleine d'espoir. Quand on a déjà découvert le roman précédent de l'auteur, l'originalité est un peu estompée mais la magie et la sensation d'osciller entre livre et film sont toujours aussi présentes et j'ai passé un excellent moment en compagnie de Ben et de Rose.
L'avis de SophieLJ.