Les intrus ---- Adrian Tomine
Harold est jardinier mais a tout à coup une idée mêlant nature et art : il va appeler cela hortisculpture et essaie désespérément de convaincre son entourage de se lancer dans cette nouvelle mode. Une jeune étudiante découvre qu'elle est le sosie d'Amber, une star du porno et sur le campus, son quotidien est devenu invivable. Jesse, une jeune femme particulière, veut se lancer dans la comédie, encouragée par sa mère alors que son père est plutôt réticent …
Je n'ai pas résumé toutes les histoires de cet album (il y en a trois autres en plus) car je trouve qu'elles sont difficiles à raconter sans trop en révéler. Déjà que j'ai eu du mal avec celles que j'ai citées ! Il faut dire que cet album n'est pas forcément facile à aborder car il s'agit, à mes yeux, de bande dessinée américaine underground, très axée sur les non-dits, sur le quotidien, sur les détails. Le dessin est clair, il pourrait même paraître simpliste alors qu'il ne l'est pas. Certaines planches sont en noir et blanc et d'autres en couleur dans la même histoire, alors que d'autres histoires se dessinent dans un choix fixe (soit tout noir et blanc, soit tout couleur). De même, le style graphique, de même que le découpage, évolue d'une narration à l'autre, ce qui est plutôt agréable car cela permet de ne pas se lasser. Mais dans l'ensemble, le dessin me paraît assez fade (il me fait penser à celui de Daniel Clowes) et ce n'est pas vraiment un style que j'apprécie mais je le trouve typique de ce genre d'album. D'ailleurs, à ce propos, je suis tout aussi tiède … j'avoue que je n'ai pas vraiment compris où certaines histoires voulaient en venir. Il est parfois évident de ressortir un thème, comme l'art et la perception qu'en ont les gens, l'identité, la famille, la quête de reconnaissance publique, mais il y a eu quelques fois où j'ai été bien en peine de comprendre ce que voulait dire l'auteur. Autant dire que, de façon générale, c'est un album qui m'a souvent paru un peu … étanche ! Ce n'est pas la première fois que je lis un titre de cet auteur (Blonde platine) et j'avais eu la même impression de frustration et d'incompréhension, comme si je passais à côté de quelque chose. Et là aussi, avec Les intrus, j'ai souvent eu la sensation de tourner autour de l'album sans réussir à y rentrer vraiment ! Je crois que ce n'est pas un auteur pour moi (mais j'avais craqué pour la couverture et le titre) !