Les rêves dans la maison de la sorcière ---- H.P. Lovecraft, Mathieu Sapin et Patrick Pion
Walter, étudiant en mathématique et physique, loue une mansarde dans une maison que la légende a surnommé « la maison de la sorcière ». Deux siècles plus tôt, le lieu était habité par la vieille Keziah Mason à la triste réputation. Le jeune homme a volontairement opté pour ce logement, fasciné par les comptes-rendus du procès de la sorcière, qui affirmait qu'il existait d'autres mondes parallèles au nôtre. La vieille était aussi souvent accompagné d'un rat noir, supposé être son exécutant des basses oeuvres. Mais Walter délaisse ses études pour mieux se plonger dans l'histoire de la maison et Keziah, à tel point qu'il finit par entendre des bruits étranges dans les murs et ses rêves deviennent de plus en plus étranges …
Lovecraft a été un de mes auteurs favoris dans ma jeunesse et j'ai beaucoup aimé les atmosphères étranges et angoissantes qu'il arrivait à créer. Alors, dès que je vois qu'une de ses histoires est adaptée en BD, je ne peux pas résister à l'envie de découvrir comment les auteurs se sont imaginés la chose. J'ai probablement lu la nouvelle qui a inspiré cet album mais j'avoue que je n'en garde aucun souvenir (mais cette lecture doit remonter à plus de 35 ans maintenant donc c'est un peu normal !). La couverture est superbe et a donc joué aussi son rôle dans la tentation. Le dessin est assez anguleux, avec des angles de vue originaux et très cinématographiques. Les couleurs sont neutres, avec beaucoup de tons bleus mais surtout, il y a des dessins crayonnés noir et blanc de toute beauté et souvent pleine page qui représentent les rêves de Walter. C'est eux qui font monter la tension en nous montrant des mondes étranges. Mais la lente descente aux enfers du jeune homme est très bien décrite dans le reste de la narration (celle en couleur) : on voit comment il devient obsédé par l'histoire de la sorcière, nous la faisant découvrir peu à peu. Rien de sanglant, pas de vraie violence, comme il est de mise avec les histoires de Lovecraft : tout est souvent dans le non-dit, dans ce qui se cache juste derrière la page, derrière le mur, derrière nos rêves et qu'on ne voit jamais vraiment nettement de peur de devenir complètement fou. L'album restitue donc à merveille l'ambiance propre à l'auteur et j'ai vraiment bien apprécié cette histoire fantastique et oppressante, portée par un graphisme bien adapté.
L'avis de Clarabel.