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13 janvier 2017

The girls ---- Emma Cline

ThegirlsEvie Boyd est maintenant une femme mûre et solitaire, qui vit provisoirement dans une maison que lui prête un ami. Un soir, le fils du propriétaire, la vingtaine, arrive sans prévenir, accompagné de sa petite amie adolescente. Quand il découvre que la maison est déjà occupée et qu'il apprend l'identité d'Evie, il évoque immédiatement les évènements ayant eu lieu en 1969 et dans lesquels Evie a été plus ou moins impliquée. Pour cette femme malheureuse, c'est l'occasion de se remémorer son adolescence morose dans le nord de la Californie, vivant chez sa mère jeune divorcée et en recherche d'un homme pour occuper les longues heures de solitude. La jeune Evie, quatorze ans, n'a qu'une seule amie, Connie, qu'elle connait depuis son enfance et les quelques garçons qu'elles côtoient se limitent au frère ainé de Connie et ses amis. Alors, quand Evie fait la connaissance, par hasard, de Susan, une jeune femme à peine plus âgée qu'elle, elle est subjuguée par ce qu'elle découvre : communauté hippie, liberté de mouvement et de pensée, entraide, attention des uns pour les autres, amour libre, fascination pour Russell, le leader du groupe et musicien à ses heures perdues …

C'est étonnant qu'il y ait eu deux livres, un français et un américain, qui soient parus lors de la dernière rentrée littéraire et qui aborde tout les deux le même thème, le massacre perpétré par la famille Manson en août 1969. Je comptais donc lire les deux et j'ai commencé par le titre américain, qui aborde le sujet de façon totalement romancée car les noms ont été totalement changés, de même que les victimes qui sont différentes. Le seul point commun avec la réalité est le fait que les crimes ont été perpétré par un groupe de filles et un garçon, tous assez jeunes, membres d'une communauté hippie, dirigée de main de maitre par un gourou manipulateur. Il y a d'autres petits détails disséminés au fil des pages (le bus noir, le fait que Russell est musicien, le fait que certains membres de la famille ont des enfants par exemple) mais tout le reste est inventé (tout en ressemblant vaguement à ce qui s'est passé). L'auteure, qui est elle aussi bien jeune (elle n'a pas encore trente ans), signe là son premier roman et elle se focalise plutôt sur les affres de l'adolescence. Elle nous montre une Evie qui s'ennuie, qui espère plus de la vie, qui est délaissée par ses parents, qui n'a que peu d'amis et qui s'éveille au sexe. Comme tous les adolescents, ses sentiments sont poussés à l'extrême et quand elle découvre Susan et la communauté où elle vit, il lui semble enfin qu'elle a trouvé l'endroit idéal où vivre, un endroit où on se soucie d'elle, où elle compte vraiment pour ce qu'elle est. Mais, parce que l'histoire commence de nos jours et revient vers la jeunesse d'Evie sous forme de longs flashbacks, on découvre aussi une Evie adulte, qui ne se fait plus d'illusions et qui est finalement toujours aussi seule. J'ai trouvé l'ambiance assez plombante, assez lourde car je n'ai pas trouvé Evie très sympathique, même si elle m'a paru être assez représentative des adolescents et de l'époque de la fin des années 1960. En fait, en y réfléchissant bien, personne n'est sympathique dans ce roman ! On a la sensation que tous sont à la dérive, sans but, sans attache, sans amour et que les relations décrites n'existent pas vraiment, que tout est mensonge et apparence. Du coup, j'ai eu un peu de mal à avancer dans cette lecture car la motivation pour revenir au livre chaque matin n'était pas très forte (vu que je n'avais aucun attachement pour les protagonistes). Qui plus est, je n'ai pas vraiment trouvé qu'il y avait une montée en puissance du drame à venir, cela m'est apparu précipité et sans grand intérêt alors qu'il aurait pu y avoir une forte tension de ce côté-là et un certain nombre de questionnements. Mais non, l'auteure s'est limitée aux lamentations parfois infondées de la jeune Evie, qui ont fini par me lasser un peu. Qui plus est, j'ai parfois trouvé le style un peu ampoulé, voire même ridicule dans certaines expressions (du genre leur regard dégoulinait sur moi). J'espère que j'apprécierai mieux le titre français qui semble plutôt lorgner du côté du documentaire.

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Commentaires
M
Mince alors j'avais très envie de le lire et puis... ton avis vient semer le doute :)
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K
J'hésite, j'hésite... le thème m'interpelle mais j'ai peur de trouver ça over long.
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N
C'est ce côté psychologique que j'ai aimé dans ce texte, un très bon premier roman !
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A
J'ai préféré celui-ci au titre français. Mais je l'avais lu avant.
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S
il a beaucoup de succès dans la blogosphère, mais après avoir lu ton avis mitigé, je passe ;)
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