Anna ---- Niccolò Ammaniti
Sicile, 2020. Quatre ans auparavant, une maladie surnommée la Rouge, très contagieuse, a éclos en Belgique et a décimé la population adulte de l'Europe, voire peut-être des autres pays mais l'absence d'électricité ne permet plus de savoir ce qui se passe ailleurs dans le monde. Seuls les enfants non pubères ont été épargnés. Parmi eux, il y a Anna, qui avait neuf ans quand elle a perdu ses parents, et son jeune frère Astor, qui a quelques années de moins qu'elle. La petite fille a du s'occuper de trouver de la nourriture pour eux deux, d'éviter les bandes de gamins en maraude et de chiens redevenus sauvages mais la propriété familiale a la chance d'être un peu isolée, ce qui a évité jusque là l'arrivée de visiteurs mal intentionnés. La maman d'Anna, avant de mourir, lui a laissé un cahier qu'elle avait eu le temps de rédiger, sorte de guide de survie bourré de conseils et d'astuces. Mais Anna doit aller de plus en plus loin pour trouver à manger et le danger rôde partout …
Me revoilà encore avec un roman post-apocalyptique mais cette fois, la tentation est venue de mon club lecture sur la littérature italienne : une des participantes avait acheté ce livre dans ce cadre-là sans vraiment réaliser le thème de l'histoire. Du coup, elle a moyennement aimé et me l'a prêté pour savoir ce que j'en pensais, vu que j'aime bien ce genre. J'avais un peu peur car je n'ai pas trop d'atomes crochus avec les auteurs italiens (du moins, ceux que j'ai tentés ne m'ont pas franchement convenus ou alors je suis restée asse indifférente) mais là, j'ai tout de suite accroché. L'histoire commence avec Anna sur la route, poursuivie par une meute de chiens dont le leader semble particulièrement robuste et tenace donc on est tout de suite mis dans l'ambiance. On voit que la vie n'est pas facile pour ces enfants et pré-adolescents et on se demande même comment beaucoup ont réussi à survivre sans adultes et sans tout ce qui fait la vie moderne (plus de magasins approvisionnés, plus d'électricité, plus d'élevages ni de cultures, plus de système de santé, plus d'eau courante et j'en passe). J'ai particulièrement aimé la description des nouveaux modes de vie, de l'adaptation des enfants à un nouveau monde. Grâce à quelques flash-backs, on apprend comme la maladie s'est manifestée, quelle était la vie d'avant pour Anna et Astor, mais aussi pour d'autres personnages. Anna est très attachante : elle est à la fois forte et vulnérable, elle se sent responsable d'Astor, qui ne fait rien pour l'aider et se rappelle mieux du passé que lui, et elle se sent surtout très seule et a peur de l'avenir. Le roman nous permet de découvrir d'autres groupes d'enfants, certains à la dérive, certains organisés comme des sortes de sectes et cela m'a rappelé le livre de William Golding, Sa majesté des mouches. L'écriture est fluide, simple, comme le regard d'Anna sur ce qu'elle vit et j'ai trouvé que cela se lisait facilement. Bien sûr, l'histoire s'appuie sur un monde post-apocalyptique bien décrit et effrayant, avec quelques scènes choc, mais c'est aussi une histoire humaine, forte, émouvante et bouleversante. En tout cas, moi, j'ai été conquise et cela m'a réconciliée avec la littérature italienne !
L'avis de Melo.