Deaf sentence ---- David Lodge
Desmond Bates est un professeur de linguistique à la retraite. Membre éminent de l’université d’une ville du nord de l’Angleterre, il a dû quitter son poste de façon anticipée à cause de son ouïe défaillante, le problème étant apparu vers ses quarante ans et ne cessant de s’amplifier depuis. Même les prothèses auditives ne sont pas toujours efficaces et c’est lors d’une soirée de vernissage où l’a entrainé son épouse qu’il fait la connaissance d’Alex, une jeune femme d’origine américaine avec qui il a eu une conversation étrange. N’ayant rien entendu de leur échange et n’osant pas avouer son problème d’audition, il se retrouve devoir aider la jeune femme dans la rédaction de son mémoire mais celle-ci le met mal à l’aise …
Cela faisait vraiment très longtemps que je n’avais pas lu cet auteur (bien avant la création de ce blog, c’est dire !) et mon impression générale reste mitigée. Si j'ai apprécié l'idée de départ et les premiers chapitres, j'ai assez vite commencé à me lasser mais surtout j'ai commencé à trouver le narrateur un peu trop imbu de lui-même, surtout quand on voit certains de ses comportements dignes d'un adolescent pas très futé (alors qu'il a plus de 60 ans et qu'il est professeur d'université !). Par contre, c'est bien écrit et je me demande comment les traducteurs se sont dépatouillés des "jeux de mots" inhérents aux problèmes d'audition. J'ai aussi beaucoup apprécié les passages parlant du langage de façon un peu plus universitaire et/ou technique car j'ai appris différentes choses, ce qui fait qu'ensuite, on perçoit différemment comment les choses dites s'articulent et on fait attention aux petits détails. Même si je n'ai pas beaucoup aimé le héros de l'histoire, j'ai retrouvé beaucoup de mon expérience dans son récit : sa relation avec son père et le comportement de celui-ci qui m'a rappelé le mien (l'éloignement physique qui rend la possibilité de s’occuper de lui difficile et compliquée, le fait qu'il soit veuf et ne s'occupe pas beaucoup du ménage chez lui mais qu'il refuse toute aide extérieure, son refus de porter des prothèses auditives alors qu’il est plus qu’évident qu’il en a besoin ...) et ce, jusqu'à la fin du roman (qui est plus ou moins ce que j'ai vécu en début d'année et qui m'a donc fait verser quelques larmes). Il y a donc beaucoup de points intéressants dans ce livre mais il m'a manqué un lien fort avec le narrateur qui m'a souvent énervée par son attitude et qui a gâché une partie de ma lecture !
*Lu en anglais*
Titre française : La vie en sourdine.