Le bonheur est au fond du couloir à gauche ---- J. M. Erre

Michel H. n’est pas un joyeux drille. A 25 ans, il vient de voir son couple éclater après le départ de Bérénice, une jeune femme avec qui il a filé le parfait amour pendant trois semaines de vie commune. La seule chose qu’elle lui laisse, ce sont ses livres de développement personnel et Michel, qui est lui, plutôt fan de Michel Houellebecq, décide de s’inspirer des lectures de Bérénice pour tenter de la reconquérir. Mais la recherche du bonheur n’est pas chose facile quand on a l’âme mélancolique et des voisins qui viennent interrompre les choses toutes les cinq minutes …
La parution d’un roman de cet auteur est pour moi toujours une petite fête (même si j’en conserve toujours un ou deux dans ma PAL en cas de panne de lecture). Cette fois, le sujet et le résumé m’attiraient particulièrement car j’adore l’humour absurde et avec ce titre, j’ai été servie ! Michel est encore un personnage haut en couleurs tel que l’auteur les affectionne : il est d’humeur mélancolique, voire déprimé, hypocondriaque, souvent angoissé, indécis et surtout, il ne voit les choses qu’à travers son propre filtre bricolé à son goût (et autant dire que la mauvaise fois y est bien développée avec un superbe déni de la réalité ... comme une façon de s’en protéger). Il y a des moments qui m’ont fait pleurer de rire (le coup des pauses pub sur les chaines d’info en continu par exemple car qui n’a pas vécu ces pauses publicitaires interminables en attente d’un sujet précis, genre la météo ou le début d’un programme). J’ai aussi adoré la création des titres de livres de développement personnel, où on voit que tout est prétexte au bonheur. Tous les défauts et les actions de Michel mettent en lumière les défauts de nos sociétés : l’injonction d’être heureux, de réussir sa vie, sa carrière, son couple, sa famile, de consommer, de rentrer dans un moule mais cela n’épargne pas non plus des sujets plus spécifiques comme les discours politiques de campagne électorale, le tout s’appuyant sur de nombreuses références littéraires et citations excellentes. L’humour noir est très présent et bien dosé et l’ensemble se lit tellement vite que j’ai presque été frustrée d’être déjà à la fin tellement cette lecture est jubilatoire dans la critique de notre société actuelle. En plus, la fin est étonnante et particulièrement bien trouvée. Un sans faute pour moi qui suis fan de cet auteur ! Je pense le relire dans quelque temps, juste pour le plaisir et pour encore mieux le savourer !
