Là où chantent les écrevisses ---- Delia Owens
Un matin d’août 1952, la petite Kya, six ans, regarde Ma, sa mère, valise à la main, s’éloigner à pied de la maison familiale, une cabane délabrée perdue au milieu des marais de la Caroline du Nord, non loin de la petite ville de Barkley Cove. Benjamine d’une fratrie de cinq enfants, seul Jodie, son frère le plus proche d’elle en âge mais avec quand même sept ans de plus, est resté au domicile familial et Pa, leur père, n’est pas très présent. Mais quand il est là, il est souvent saoul et a tendance à être violent avec son entourage. Heureusement, Jodie apprend de nombreuses choses à Kya au sujet de la vie dans le marais : elle sait reconnaître de nombreux oiseaux et animaux, sait où se cacher, les plantes qui sont comestibles, comment se repérer dans les proches canaux autour de la cabane mais un beau jour, Jodie finit lui aussi par partir et Kya se retrouve seule avec un père absent. Seul Tate, un jeune garçon dont le père est pêcheur, semble s’intéresser à la petite fille et essaie de l’aider. Dix-sept ans plus tard, en 1969, le corps sans vie de Chase Andrews, un jeune homme de Barkley Cove dont la famille est bien connue et respectée, est découvert au pied d’une tour de guet abandonnée dans les marais …
Après avoir entendu beaucoup parlé de ce roman lors de mes clubs lecture (à l’époque où on se réunissait encore ... donc pré-virus), on a fini par le choisir comme lecture pour le club lecture de notre village et j’ai donc enfin fini par le lire. Le titre est déjà intrigant, même si l’histoire d’une enfant livrée à elle-même a déjà été exploitée en livres et en films (je pense, pour ne citer que les plus connus, à Mowgli et Tarzan), ce qui me faisait un peu peur. Mais l‘écriture de ce roman est très agréable et j’ai été vite happée par Kya et sa vie proche de la nature et des marais. Comme je peux être moi-même un peu sauvage sur les bords, appréciant la solitude et les animaux, j’ai été très intéressée par la façon dont elle se débrouillait pour survivre. Et puis, l’alternance entre l’histoire de Kya qui commence en 1952 et qui se développe au fil des années et l’enquête de 1969 sur la mort de Chase permet de ne jamais se lasser et de maintenir l’intérêt. On a forcément envie de savoir ce qui s’est passé et comment Chase est mort donc il y a aussi un petit côté « roman policier » à l’ensemble, même si ça n’en est pas un. J’ai particulièrement apprécié la description de la nature, des canaux, des marais, de la faune et de la flore, du respect de Kya pour des choses qui pourraient paraître insignifiantes pour beaucoup (de mon côté, j’ai tendance à moi aussi prêter attention aux petites bestioles ... si je trouve un moucheron ou une autre bébête chez moi, je les sors sans les tuer et si par hasard, je tue un insecte, je m’excuse !!!!!). Les relations humaines sont bien décrites, sans en faire trop et la psychologie des personnages n’est pas laissée de côté et le contexte social et historique joue aussi son rôle (la ségrégation en place à l’époque, le microcosme des petites villes, le mépris de la population pour les très pauvres, l’importance et l’influence des familles aisées ou anciennes dans un lieu). La fin peut paraître surprenante si on ne fait pas attention à certains détails (mais si on repère bien les choses, c’est moins inattendu !) mais l’émotion est bien présente au fil des pages et c’est avec la larme à l’oeil que j’ai quitté Kya et ses marais !
Les avis de Gambadou, Sylire, Enna, Keisha, Kathel, Mes échappées livresques, Aproposdelivres, Géraldine, Alex, Hélène, et probablement que j'en oublie vu le succès de ce titre sur la blogosphère !