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Tome 1 : Le géant et l'effeuilleuse

1927, quelque part en province. Célestin Noirt, grand gaillard toujours célibataire, vit chez ses parents et travaille comme secrétaire pour son père qui est notaire. Mais ses parents le trouvent peu dégourdi et se désespèrent de le voir se marier et s'imposer dans un métier quelconque. Du coup, Célestin part à Paris où il espère se lancer dans sa passion : le cinéma. Il retrouve une vieil ami, Anatole Fortevoix, qui possède un petit cinéma passant des films muets peu récents la journée et un film érotique le soir. Célestin est fortement impressionné par l'actrice dévoilant ses charmes car il trouve qu'elle a un vrai talent d'actrice. Il rêve alors de la trouver pour réaliser un film avec elle, un film sérieux dont il aurait peut-être écrit le scénario. Mais en attendant, pour gagner sa vie, il se fait embaucher comme apprenti décorateur aux studios Sulpice …

Premier tome d'un diptyque sur le cinéma à ses débuts, l'album est de facture assez classique. Que ce soit au niveau graphique, où le réalisme prime sans grande originalité mais avec des couleurs agréables et un dessin plutôt plaisant, ou au niveau de l'histoire en elle-même, où rien ne m'a paru bien nouveau. Célestin est un grand gaillard un peu pataud mais attachant et la jeune femme actrice qui le fascine tant est peut-être la seule chose un peu originale de l'ensemble car elle est spéciale (mais je ne dirais rien là-dessus). Je n'ai pas trouvé qu'on apprenait quelque chose de nouveau sur le milieu du cinéma de l'époque : on voit que cela fonctionne surtout par le bouche à oreille et par piston et que ceux qui sont au pouvoir ou en haut de l'affiche ne veulent pas céder leur place et considèrent tous les autres comme des moins que rien (mais on ne peut pas dire que ça ait beaucoup changé depuis !). Sur la quatrième de couverture, il est fait référence au fait que Célestin va « de rencontres inattendues en situations burlesques » mais j'avoue que je n'ai rien vu de tout cela dans cet album (à part peut-être une scène, quand un des décorateurs se fait critiquer par son supérieur et que Célestin le défend de façon amusante). Le moteur de l'histoire est aussi plutôt commun : il faut réaliser ses rêves dans la vie plutôt que passer à côté d'eux … rien de nouveau sous le soleil, ce thème ayant été mille fois utilisé. Peut-être que le tome 2 verra un développement du récit plus intéressant car finalement, ce tome 1 ressemble furieusement à une mise en place des personnages et juste à ça ! Cela me laisse perplexe sur le fait que les éditeurs aient opté pour la parution en deux tomes … j'aurais préféré un seul tome plus épais. Par contre, il y a un petit dossier en fin d'album concernant les frères Lumière qui est plutôt intéressant.

L'avis de Jacques.

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Edit du billet du 1er janvier 2017 - Risque de spoiler du tome 1

Laparoledumuet2Tome 2 : La bergère et le malfrat

Célestin Noirt continue, avec l’aide de ses amis, de tourner son film dans la plus grande clandestinité. Il utilise les studios Sulpice et les matériels disponibles sur place pendant la nuit, quand toutes les équipes sont rentrées chez elles. Les quelques scènes déjà tournées ont beaucoup de succès parmi l’équipe technique et laisse présager un beau succès commercial. Comme star principale, il a bien sûr choisi Constance, qui a donc fini de se déshabiller devant la caméra et qui a enfin un rôle à la dimension de son talent. C’est d’ailleurs elle qui a soufflé l’histoire à Célestin mais celui-ci va découvrir qu’il s’agit bien plus que d’une fiction …

 

En ce moment, j’essaie de trouver tous les tomes 2 des diptyques dont j’ai commencé la lecture, histoire de les terminer avant d’avoir tout oublié à leur propos. J’ai donc retrouvé un album classique dans la lignée du premier. Le dessin est réaliste mais sans touches reconnaissables, les couleurs sont douces et l’ensemble est bien homogène à défaut d’être original (et c’est vrai que, quand on prend l’habitude des albums plus « originaux », un album classique paraît toujours un peu fade). Célestin commence à prendre un peu confiance en lui en voyant que son film plait à ses amis mais le tournage dans la clandestinité lui pèse. Il y a toujours le risque de se faire prendre, sans compter le fait qu’il faut trouver des acteurs prêts à travailler gratuitement. Du coup, c’est dans un bordel et à l’usine qu’il va les trouver ! De ce côté-là, ça change un peu des habitudes ! Si le premier tome mettait en place les personnages et l’histoire, cette fois, nous allons en apprendre plus sur Constance et sur le scénario du film de Célestin. Le récit opte donc pour une narration plus sombre, avec des révélations, des rebondissements. Mais l’ensemble reste gentillet malgré tout, même s’il est un tout petit plus original. Les auteurs ont sans voulu montrer que le cinéma pouvait jouer un rôle dans le fonctionnement de la société mais cela paraît difficilement crédible. Il y a bien quelques clins au développement du cinéma (premier film documentaire en images réelles, arrivée du cinéma parlant) mais ça reste très limité et peu développé. Au final, c’est assez agréable à lire mais cela ne restera pas franchement dans ma mémoire !