LesraisinsdelacolereHEARTS2

 

 

 

 

Tom Joad vient de sortir de prison pour bonne conduite après avoir purgé partiellement sa peine. Il rejoint en stop puis à pied la ferme familiale située en Oklahoma, où les conditions météo venteuses et sèches ont détruit de nombreuses récoltes. Sur le chemin, il rencontre Jim Casy, qui était le révérend du coin mais qui a perdu la foi et ensemble, ils découvrent que de nombreux fermiers ont été chassés de leurs terres car la banque a saisi les propriétés. Quand ils arrivent chez les Joad, la maison est abandonnée et toute la famille a rejoint l’oncle John, qui tient une ferme voisine. L’apparition de Tom, en plein milieu des préparatifs du départ pour la Californie, ramène le sourire à Man et Pa, les parents de Tom, ainsi qu’aux grands-parents et à ses frères et à sa sœur, maintenant mariée et enceinte. Il faut dire que l’argent s’est fait rare depuis un bon moment, les champs ne produisant plus, les banques réclamant leur dû et saisissant ensuite les terres en compensation. Le seul espoir des Joad réside dans les tracts distribués aux alentours et promettant du travail dans les vergers de Californie alors toute la famille s’entasse dans le vieux tacot acheté pout l’occasion, emmenant avec eux toutes les affaires indispensables et laissant le reste derrière eux …

Qui ne connaît pas l’histoire des Raisins de la Colère ? Probablement peu de gens vu que le roman a été brillamment adapté en film au début des années 1940. Je pensais avoir lu le roman dans ma jeunesse mais en fait, je. Et comme le film m’attendait sur mon enregistreur numérique, ce fut donc l’occasion de m’y plonger dedans (sans oublier aussi le fait que Steinbeck avait été un choix de lecture dans un de mes clubs donc j’ai fait d’une pierre deux coups). Le début n’est pas très facile car cela commence par un chapitre général qui met en place le contexte : la météo n’a pas été clémente et les fermiers n’ont pas eu de récoltes. Ces chapitres généraux, à l’aspect historique, social et politique, alternent avec l’histoire de la famille Joad et certains ne sont pas forcément faciles à lire (surtout dans les premiers, le temps de s’habituer au style, où les descriptions peuvent être parfois un peu longues). J’avoue que j’ai été un peu inquiète car le roman est assez épais et j’ai eu peur de ne pas tenir sur la longueur ! Mais dès que j’ai entamé l’histoire des Joad, que j’ai bien repéré tous les personnages, j’ai été totalement happée par le récit. Je connaissais bien le contexte historique grâce à la lecture de BD ou d’autres livres se déroulant au même moment mais là, l’auteur nous plonge totalement dans cet exode douloureux et éprouvant. On ne peut pas rester de marbre devant ce qui vivent les Joad : le déracinement et l’exil, le deuil, la honte et la perte de leur honneur en se voyant traiter d’animaux ou de mendiants, les difficultés physiques, la faim, l’angoisse du lendemain, l’oppression des patrons et propriétaires terriens qui ne cherchent qu’à les exploiter et j’en oublie. C’est une misère difficilement supportable mais heureusement, le roman est émaillé de touches d’humanité avec la solidarité entre les familles sur la route, les petits coups de pouce d’inconnus rencontrés par hasard, l’espoir chevillé au corps qu’une vie meilleure est possible malgré tout et le rôle de Man, la mère de famille, qui tient tout son monde debout grâce à son courage. J’ai trouvé l’ensemble passionnant, émouvant, révoltant aussi dans l’attitude de certains, et très éducatif ! Le film m’a ensuite paru un peu moins puissant car il lui manque son côté social et politique mais en tout cas, c’est une histoire que je ne pourrai pas oublier car l'histoire n'a pas pris une ride et a des résonances actuelles.

L'avis de Karine.