FreedomhospitalEn mars 2012, en Syrie. Yasmine retrouve Sophie en Turquie, non loin de la frontière syrienne et les deux femmes rentrent discrètement dans ce pays en guerre. Sophie vient de France mais est d'origine syrienne et vient réaliser un film pour montrer au reste du monde ce qui se passe en Syrie. Yasmine, elle, est pharmacienne de formation mais s'est occupée à mettre sur pied le Freedom Hospital, un centre de soins pour rebelles, suivant ainsi la trace de son père et de son grand-père. A l'hôpital, certains blessés sont là depuis un moment, comme Elias, torturé en prison, ou viennent d'arriver, comme Salem, sur qui on a tiré et qui a perdu la mémoire …

Quand j'ai vu ce titre dans les nouveautés de la médiathèque, je n'ai pas hésité car je l'avais noté mais, n'étant pas très emballée par le dessin, j'attendais de voir si une des médiathèques que je fréquente aller l'acheter. Puisque j'ai déjà abordé le sujet du graphisme, je dois avouer que j'ai eu bien du mal avec. Tout d'abord, c'est souvent très sombre, avec un fond noir et des personnages à peine esquissés en blanc sur ce fond (comme si l'auteur les avait fait apparaître en grattant le noir). Sinon, c'est des fonds blancs avec des personnages en noir mais sans délimitation, comme au pinceau trempé dans l'encre noir. Du coup, j'ai eu énormément de mal à reconnaître les personnage et heureusement qu'il y a une liste de ces derniers en début d'album, récapitulant leur parcours et avec un petit portrait dessiné. Je me suis souvent reportée vers ce trombinoscope pour les identifier dans le récit. Quant à l'histoire, je m'attendais à découvrir la mise en place de l'hôpital, les difficultés pour soigner les malades vu le manque de moyens, les problèmes pour amener les blessés jusqu'au centre de soins mais au final, j'ai trouvé que l'auteur parlait très peu de l'hôpital en lui-même. Il aborde surtout l'histoire (partielle) des gens qui ont un lien avec cet hôpital, soit parce qu'ils y travaillent soit parce qu'ils y ont été soignés. Le récit se déroule sur plus d'une année, les périodes étant décomptées par jours, semaines et nombres de morts. L'ensemble se focalise sur les évènements touchant les protagonistes : manifestations, destruction de quartiers, arrestations, montée en puissance de certaines factions. Mais rien n'est vraiment expliqué, pas même par un petit lexique ou un dossier en fin d'album, qui aurait pu être rajouté par les éditeurs. Forcément, l'auteur étant syrien (et ayant été obligé de fuir son pays en 2011), il y a plein de choses qui lui paraissent évidentes mais qui, pour nous Européens, paraissent floues ou sont méconnues. L'auteur a mélangé fiction et faits réels, rendant ainsi son récit plus ancré dans l'actualité mais en conservant une certaine émotion. J'ai trouvé qu'il restait assez neutre dans le portrait qu'il brosse de son pays, on n'a pas la sensation qu'il prêche pour un côté ou un autre, bien qu'on se doute de là où vont ses sympathies. J'ai donc été un peu déçue par cette lecture qui ne m'a pas appris grand chose par manque de détails et d'explications plus poussées mais j'ai trouvé intéressant de voir la vision d'un Syrien sur cette guerre.