QuandjavaistonageLili est étudiante en musique et chant à l’université de Dresde et elle joue régulièrement en concert dans des bars et des festivals avec son groupe Pigeon Attack. La jeune femme est satisfaite de sa vie de couple avec Jim, même si l’appartement où ils vivent est plutôt spartiate. Lors de la St Sylvestre, elle doit jouer dans une boite de nuit mais Jim, qui a passé une partie de la soirée chez un ami, ne vient pas assister au concert et ne rentre que le lendemain matin avec une explication peu crédible. La grand-mère de Lili, elle, vit seule depuis qu’elle est devenue veuve il y a plusieurs années et sa santé n’est pas excellente. Mais la vieille femme refuse toute aide, y compris celle de son gentil voisin, veuf lui aussi …

Vu le titre, je m’attendais principalement à un échange entre une grand-mère et sa petite-fille, expliquant les conditions de vie de l’une par rapport au style de vie de l’autre mais au final, cela n’a pas été vraiment ça. Le petit format carré est plutôt sympa mais il ne met pas vraiment le dessin en valeur et surtout, la police et la taille des caractères (fonction de la taille de l’album) n’a pas facilité ma lecture. Il a fallu que j’en lise une partie avec une loupe tellement j’avais des difficultés … en journée, ça allait mais le soir, la diminution de l’éclairage n’aidait pas (et bon, il faut aussi avouer que je dois aller chez l’ophtalmo pour de nouvelles lunettes !). Le graphisme noir et blanc m’a bien plu : il est moderne, dynamique, un peu anguleux et lorgne parfois vers le manga. Les personnages sont expressifs, bien typés, et les décors bien détaillés sans être étouffants. Le récit se focalise surtout sur Lili, avec quelques intermèdes sur sa grand-mère Rosalie, au caractère bien trempé. On découvre leur relation plutôt inexistante au début et qui s’améliore tout doucement (sans qu’on comprenne bien pourquoi d’ailleurs … j’ai trouvé que ça arrivait un peu comme un cheveu sur la soupe !). Forcément, avec Lili au centre de l’histoire, on retrouve les habituelles questions : que fais-je faire de ma vie, mon couple est-il solide et vrai, comment exister par soi-même sans couper les ponts avec sa famille et en acceptant l’histoire familiale, enfin bref, rien de vraiment neuf sous le soleil. Les difficultés de Rosalie à accepter son deuil m’ont paru bien plus intéressantes et originales mais trop peu fréquemment développées à mon goût : on a des petits flash-backs sur sa vie avec son mari mais ils sont trop peu nombreux pour se faire réellement une idée complète de sa relation avec lui. J’ai par contre aimé sa relation avec son voisin, que j’ai trouvé vraiment adorable et charmant, malgré le sale caractère que Rosalie lui oppose. On voit donc effectivement deux relations en parallèle, celle de Lili et Jim et celle de Rosalie et son voisin Bernd, voire même trois si on compte Rosalie et son mari décédé Siegmund. La seule liaison avec le titre, c’est que les deux femmes ont été éduquées différemment et abordent l’amour en fonction de ce qu’elles ont appris à attendre de celui-ci. Cela reste une lecture sympathique et pudique mais au final assez classique et j’aurais aimé une plus grande comparaison entre l’époque de Rosalie et celle de Lili.