MecaniquecelesteLa Terre a été ravagée par une succession de catastrophes. En février 2068, en forêt de Fontainebleau, la température et l’humidité sont tropicales et le taux de radioactivité est élevée mais la population qui vit là s’y est habituée. Pour Aster, qui vit isolée, la journée qui commence s’annonce sans surprise : elle va aller chercher des choses à échanger contre de la nourriture et Wallis, un habitant de la cité agricole de Pan, l’accompagne. Les deux jeunes gens sont amis et Wallis aide souvent Aster, qui ne fait pas partie de la communauté. Mais un jour, une délégation de la République de Fortuna débarque en plein milieu des élections devant renouveler le gouvernement de Pan et déclare que dorénavant, les villageois devront fournir à Fortuna plus de nourriture dans le cadre du projet Refondation. Eddy, le représentant en chef de Pan, refuse et demande à subir l’arbitrage par la Mécanique Céleste. Pan doit alors constituer une équipe de joueurs pour se battre contre Fortuna dans un jeu dont ils ne connaissent strictement rien …

Je n’avais aucune idée du sujet de cet album sauf qu’il allait parler de science-fiction vu la couverture. Du coup, je n’avais aucune attente particulière et après les quelques premières pages dont je ne parle pas dans mon résumé et que je trouve totalement inutiles, j’ai vite plongé dans ce monde post-apocalyptique, aux côtés d’Aster et Wallis. Le graphisme moderne est soigné et percutant visuellement (et en plus mis en valeur par la grande taille de l’album) : on croirait voir un film et comme il y a pas mal d’action dans le récit, c’est plutôt une bonne chose et on sent des inspirations américaines et japonaises dans le trait, ainsi que des touches plus classiques et plus européennes. Ce mélange convient bien à l’histoire et les couleurs douces contrastent avec la violence et le dynamisme du récit. Les personnages ont tous leur caractère et un physique bien reconnaissable et ils sont aussi expressifs. Les décors ne sont pas en reste : ils savent se faire oublier si nécessaire mais peuvent être aussi une part non négligeable de l’histoire, la nouvelle « Terre » étant représentée là, avec la nature omniprésente et les ruines d’origine humaine qui surgissent pour nous rappeler qu’il y a eu un bouleversement conséquent. Le récit montre des zones divisées en communautés et bien sûr, il faut qu’il y en ait une qui veut dominer toutes les autres et est prête à tout pour cela. Les gens de Pan, eux, ne sont pas d’accord et avec l’arbitrage par la Mécanique Céleste, c’est là que le récit commencer à bouger vraiment. Une très grande partie de l’histoire raconte donc les matches de Mécanique Céleste, une sorte de ballon prisonnier adapté à la sauce futuriste mais que j’ai trouvé sympa et original (finalement, on a tous joué au ballon prisonnier mais c’est rare qu’on en entende parler !) Bien sûr, je pense que tout lecteur sera comme moi et voudra voir l’équipe de Pan, les outsiders, gagner mais rien n’est simple, surtout qu’ils ne connaissent rien au jeu. En parallèle, mais peu évoqué, on voit les liens qui existent entre certains joueurs et joueuses mais ce n’est pas très développé, de même que les manipulations des hautes sphères pour prendre le pouvoir sur l’ensemble des communautés. Il semblerait que ce soit un album jeunesse (bien que ma médiathèque l’ait classé en rayon adultes), ce qui pourrait expliquer ce manque de détails sur des sujets qui auraient été intéressants à découvrir. A noter aussi qu’il y a des moments d’humour bien sympathiques et quelques instants plus intimes. J’ai pris énormément de plaisir à cette lecture qui pourtant ne creuse pas forcément ses personnages mais qui est dynamique et dont la philosophie dégagée par Aster m’a bien plu.