TitusnaimaitpasbereniceDe nos jours, Bérénice aime Titus mais celui-ci est marié à Roma et refuse de quitter sa femme. Lors d'une rencontre dans un café, il quitte donc Bérénice, même s'il avait de forts sentiments pour elle et cette dernière, désespérée, se plonge dans la vie et l'oeuvre de Racine, dont les héroïnes lui paraissent si proches d'elles, en nom et en chagrin d'amour. On découvre un Jean Racine jeune, orphelin, mis en pension chez les Jansénites de Port-Royal pendant que sa tante, sa seule famille, rejoint le couvent voisin. Entouré de professeurs érudits, Jean apprend le grec et le latin, découvre les auteurs classiques et se passionne pour les mots et les tournures de phrases …

Avec un titre pareil, il y aurait eu fort peu de chances de me voir me diriger vers ce livre s'il n'avait pas été sélectionné pour un de mes clubs lecture. Donc, me voilà attelée à cette lecture, qui, au départ, m'a paru plutôt originale et intéressante. Retrouver des personnes actuelles avec des noms tirés de l'oeuvre de Racine et vivant les mêmes choses, c'était intriguant et cela donnait envie d'en savoir plus. On commence alors à découvrir la vie de Jean Racine, dont je ne connaissais strictement rien (ma seule connaissance se limitant à l'étude d'Andromaque à l'école et le titre de quelques-unes de ses oeuvres). J'ai trouvé intéressant de voir comment ce futur grand auteur a commencé à être fasciné par les mots, par la langue, par les écrivains grecs et romains mais au bout d'une bonne centaine de pages, quand Racine monte à Paris pour commencer sa vie d'auteur à succès et de protégé du roi de France, j'ai commencé à m'ennuyer ferme. Oh, le style d'écriture est très travaillé, il colle bien à l'époque, mais je trouvais que la vie de Racine ne devait pas franchement passionnante au fil des ans, malgré sa fréquentation des salons parisiens et de la cour de Louis XIV. Il m'a semblé trop obnubilé par lui-même, par son succès, par l'écriture et j'avais la sensation de tourner en rond et de lire plus ou moins toujours la même chose mais dite différemment. Ma concentration s'est émoussée et je dois avouer que j'ai parfois un peu survolé quelques paragraphes, voyant les jolis mots s'enchainer sans avoir envie de décrypter le sens de la phrase (oui, parce que le style oblige souvent à se concentrer pour comprendre ce que l'auteure a voulu dire). C'est donc avec soulagement (et une goutte de joie) que j'ai vu arriver les dernières pages !