VoyageaupaysdelapeurProvidence, Rhode Island, mars 1934. L’écrivain de romans et de nouvelles fantastiques et d’horreur Howard Phillip Lovecraft fait régulièrement des cauchemars. Quelques mois auparavant, un groupe d’auteurs publiant leurs œuvres dans la revue Weird Tales, dont Lovecraft fait partie, ont décidé de se réunir une ou deux fois par an au Trevenor Club pour raconter, chacun son tour, une histoire effrayante de leur invention. Mais un soir, Robert Howard amène avec lui un homme étrange et nerveux, Grogan Masson, pharmacien et botaniste de formation. Ce sera lui qui racontera l’histoire du soir : il va parler de ce qu’il a vécu lors d’une expédition vers le Pôle Sud, les nombreuses disparitions sur le bateau, la présence d’un passager clandestin et surtout l’arrivée dans les glaces du Pôle …

C’est à cause de la référence à l’auteur H.P. Lovecraft que j’ai acheté cet album vu que c’était un de mes auteurs favoris quand j’étais adolescente. J’adorais les ambiances glauques de ses romans, la présence, toujours diffuse, de monstres et de dieux oubliés, d’un monde parallèle au notre et qui parfois domine. Je voyais donc cet album comme un hommage à tous ces auteurs de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème, qui écrivaient romans et nouvelles fantastiques, gothiques voire d’horreur et qui avaient su créer un tout nouveau genre. A travers un graphisme crayonné noir, gris et blanc, aux tendances réalistes et aux décors soignés, les auteurs ont effectivement lorgné du côté du Sphynx des glaces de Jules Verne et d’Edgar Allan Poe mais aussi de tous les autres écrivains de ce style. J’ai beaucoup apprécié le dessin qui donne une bonne ambiance pour servir l’histoire, à la fois surannée et un peu étouffante, et j’ai trouvé les personnages faciles à reconnaître malgré des similitudes de physionomie (mais les auteurs ont réussi à toujours trouver un petit détail différent pour chaque : couleur de cheveux, absence de barbe, coiffure ou autre). L’histoire n’est pas très nouvelle car il me semble avoir déjà lu d’autres albums allant dans le même sens (et eux aussi inspirés de Lovecraft). Mais j’ai trouvé qu’elle était bien menée, avec juste ce qu’il faut de mystère. Quant à la révélation soit-disant effrayante, elle ne l’est pas franchement mais elle colle bien à ce qu’on pouvait trouver dans ce genre de romans à cette époque. Ce n’est pas une lecture qui peut empêcher de dormir car l’histoire est « gentillette » mais j’ai néanmoins apprécié ce petit voyage, qui à défaut d’être vraiment au pays de la peur, a au moins le mérite d’être un hommage aux écrivains de littérature fantastique et permet de passer un petit moment de détente.