LemobileÁlvaro est un célibataire à la vie bien rôdée : son réveil sonne toujours à 8 heures, suivi d’une douche glacée et d’un tour au supermarché puis de son petit-déjeuner en lisant le journal. Sa journée de travail commence à 9 heures par l’écriture du roman parfait et son après-midi est dédié à son emploi de conseiller juridique dans un petit cabinet d’affaires. Álvaro a une idée très précise du livre qu’il veut écrire mais pour ancrer celui-ci dans la réalité, il a besoin de prendre pour modèles des gens qui l’entourent et d’observer leurs réactions et leurs comportements. Il a dans l’idée d’imaginer qu’un couple habitant dans un immeuble comme le sien et en difficulté financière pourrait être tenté d’assassiner un de leurs voisins, de préférence vieux, célibataire et riche, comme par exemple, le vieux Montero qui vit au dernier étage et qui ne parle à personne …

J’avais besoin d’un petit livre facile à lire après m’être trainée sur le roman de Philippa Gregory et donc, j’ai opté pour ce titre qui est plus une nouvelle qu’un roman. Ayant eu de bons échos via mes clubs lecture, je savais que je n’allais pas passer trop longtemps dessus et ce fut le cas. On découvre donc un homme célibataire, pas très jeune, relativement imbu de sa personne, pompeux (les premières pages, où il discourt sur sa vision de la littérature sont très représentatives et peu agréables à lire) et qui a l’idée de s’inspirer de son entourage pour écrire un roman qu’on pourrait qualifier de roman policier puisqu’il implique un meurtre dans un but purement vénal. Mais entre s’inspirer de ce qu’il voit autour de lui et tenter d’influer sur le cours de la vie quotidienne de ses voisins, il n’y a qu’un pas allègrement (et inconsciemment !) franchi. Le narrateur, qui est donc Álvaro, n’est pas quelqu’un de sympathique et c’est justement grâce à cela qu’on continue à tourner les pages : on veut savoir comment tout ça va tourner et éventuellement, si cela va lui revenir dans les dents, à notre plus grand plaisir. Comme à mes yeux, c’est une nouvelle, il fallait forcément que la fin soit mémorable, percutante, amusante et inattendue. Bon, côté inattendu, c’est un peu râpé car depuis que ce récit a été écrit (sa première publication date de 1987), on a eu maintes fois l’occasion de découvrir des histoires fonctionnant sur le même principe narratif et donc, il devient difficile à présent d’être surpris et de ne pas voir venir le final. Cela n’enlève heureusement rien de sa saveur ironique ! Voilà donc une lecture rapide mais sympathique qu’on peut caser à tout moment ! Par contre, si on achète le livre en version papier neuve, ça fait cher l’heure de lecture … de mon côté, c’était la médiathèque qui me l’a fourni !