31 mars 2008

L'année de la pensée magique ---- Joan Didion

Lanneedelapenseemagique

Joan Didion, auteure et figure intellectuelle marquante des années 1960 et 1970, a été mariée pendant presque 40 ans à l'auteur John Gregory Dunne. Ensemble, ils ont adopté à la naissance Quintana, née en 1966 et leur vie s'est déroulée entre le soleil de Californie et les gratte-ciels de New York, sans compter les nombreux voyages qu'ils ont fait pour le travail ou les loisirs. Mais ce soir de décembre 2003, alors que Joan et son mari s'apprêtent à dîner après avoir passé l'après-midi au chevet de leur fille hospitalisée et dans un coma forcé suite à une pneumonie qui a dégénéré en septicémie, John Gregory Dunne s'effondre, terrassé par une crise cardiaque fatale. Joan Didion va alors mettre plus d'un an avant d'accepter cette mort, avant de comprendre ce que veut dire faire son deuil, alors qu'elle est aussi soumise au stress créé par la maladie de leur fille unique …

Ce livre document ne prétend pas aider les gens qui doivent faire face au décès d'un proche mais je dois dire qu'il est quand même un excellent moyen de se sentir moins seul dans cette épreuve qui effraie beaucoup de monde. L'auteure raconte son parcours pendant toute cette année, essayant d'admettre la disparition définitive de son mari tout en se plongeant dans la maladie de leur fille, trouvant ainsi un moyen de masquer l'absence cruelle de l'homme avec qui elle a partagé pratiquement toutes les journées depuis les dernières 40 années. Elle essaie de mettre une distance entre ses sentiments et les évènements, essayant de comprendre comment cela a pu arriver aussi soudainement mais les questions que Joan Didion se pose sont universelles : aurais-je pu le sauver, comment fais-je pouvoir vivre sans lui, comment vais-je éviter tout ce qui peut me rappeler les jours heureux ensemble … en sachant malgré tout que la vie continue et que le souvenir de son mari tel qu'il était vivant finira par s'estomper légèrement dans sa mémoire, quoi qu'elle fasse. Un magnifique livre sur le deuil, sur l'amour, sur la vie, sur le mariage, un livre difficile, qui peut parfois paraître sec et détaché mais pourtant plein de courage et de justesse.

Les avis de Cathulu, Clarabel, Cathe et Sophie.

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29 mars 2008

Le dernier des fous ---- Timothy Findley

Ledernierdesfous

Hooker a bientôt 12 ans et c'est le début de l'été. L'école vient de se terminer et l'année prochaine, il devrait aller en pension dans une autre école, où personne ne le connaitra lui et sa famille. Il faut dire que Hooker est assez gêné par celle-ci : sa mère reste enfermée toute la journée dans sa chambre et refuse de voir ses enfants, son père ne parle presque jamais, sa tante, qui est venue s'occuper de la famille, ne sourit pas souvent et son grand frère Gilbert boit énormément, traine toute la journée sans travailler, à composer des poèmes. Hooker a heureusement ses chats et la servante noire Iris, avec qui il passe beaucoup de temps. Il ne comprend pas toujours ce qui se passe dans sa famille mais observe le comportement de ses membres en essayant de trouver des explications à l'enchaînement des évènements tragiques qui ont eu lieu ou qui se profilent à l'horizon …

Premier roman de cet auteur canadien que je lis, j'avoue que, même si je reconnais la qualité littéraire de ce livre, je n'ai que moyennement accroché à l'ensemble. L'histoire raconte la descente aux enfers d'une famille qui aurait du être heureuse mais pour qui certains évènements ont modifié le cours des choses. L'atmosphère est lourde et pesante : lourde de non-dits, de questions, de problèmes non résolus, de distance entre les êtres qui s'enferment à l'intérieur d'eux-mêmes, d'impuissance à comprendre et à partager. Même la météo, avec la canicule qui sévit pendant l'été, plombe un peu plus l'ambiance étouffante de cette maison. Mais à force de tout suggérer et de ne rien dire, je me suis un peu sentie comme Hooker … je n'ai pas compris grand chose à l'ensemble ! Est-ce voulu, suis-je passée à côté de quelque chose, je ne sais pas ! Mon cerveau tourne un peu au ralenti en ce moment alors cela se pourrait bien et comme j'ai quand même eu du mal à m'attacher aux personnages, je n'ai pas voulu faire l'effort d'aller au delà des mots et d'essayer d'appréhender leurs problèmes. La fin prévisible n'a rien changé à ma perception de ce roman sombre et trop psychologique à mon goût du moment.

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27 mars 2008

Shoe Addicts ---- Beth Harbison

ShoeaddictsLorna est une accro des chaussures mais pas de n'importe lesquelles : des chaussures de marque dont elle fait la collection en dépit de son compte en banque désastreux et des découverts qui s'accumulent sur ses cartes de crédit. Quant à Hélène, elle aussi grande amoureuse de chaussures de luxe, ce n'est pas l'argent qui pose problème, c'est son mariage. Elle est l'épouse d'un sénateur qui fonde de grands espoirs sur sa carrière politique mais elle ne supporte plus la vie qu'elle mène, ni son mari d'ailleurs ! Sandra, elle, est agoraphobe et son seul plaisir est d'acheter des chaussures par Internet, sans avoir à sortir de chez elle. En plus, elle travaille de chez elle en étant opératrice de téléphone rose mais elle est malheureuse et se sent seule. Jess, de son côté, travaille en tant que baby-sitter à tout faire chez les Oliver, une famille riche et tyrannique mais n'a pas d'attirance particulière pour les chaussures, à part le fait qu'il est quand même plus agréable de marcher munie d'une paire de chaussures ! La création du club Shoe Addicts Anonymes va les réunir autour des chaussures et des problèmes quotidiens …

Lu dans le cadre du programme Masse Critique, ce livre chick-lit n'est pas vraiment différent de tout ce qu'on peut trouver sur le marché actuel. D'accord, il s'appuie sur la passion commune de ces femmes très différentes pour les chaussures mais on y retrouve les clichés habituels du genre : amour, problèmes familiaux, un peu de mystère, des acheteuses compulsives, des problèmes d'argent, des célibataires en mal de relations … Lorna m'a fait penser à Becky, l'accro du shopping mais sans son côté amusant (elle n'a conservé que le côté crispant !), Hélène a peu de profondeur, Sandra aurait pu être intéressante avec son problème d'agoraphobie mais il semble que celui-ci n'ait été là que pour masquer son manque d'expérience dans les relations humaines (et sa phobie des foules est vraiment très vite éliminée) et Jess pourrait être attachante si elle osait un peu plus s'affirmer. Mais il semble que toutes ses femmes ratent à chaque fois d'un cheveu un possible attachement de la lectrice que je suis à leurs personnages, qui m'ont semblé assez creux alors qu'ils avaient matière à quelque chose de nettement plus réussi et plus profond. De plus, on a la sensation de parfois sauter du coq à l'âne dans la narration, avec certains problèmes posés toujours non résolus à la fin (et probablement oubliés par l'auteure au milieu des trop nombreux sujets qu'elle a voulu aborder). La fin ne surprend pas, on s'y attend très rapidement et elle semble un peu facile et bâclée. Côté style, cela se lit quand même facilement, hormis quelques coquilles d'impression (je crois qu'il est actuellement impossible de trouver des livres qui n'en ont pas au moins 3 ou 4 !) et quelques problèmes de concordance des temps dans la traduction. Au final, je ne peux pas dire que j'ai détesté car ce n'est quand même pas le cas (malgré une critique qui semble plutôt négative !). Cela a juste été une lecture de détente sans grande surprise et sans rien d'original.

Massecritique

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26 mars 2008

Triptych (Triptyque) ---- Karin Slaughter

Triptych

Michael Ormewood est un inspecteur assigné sur le meurtre d'une prostituée dans les quartiers pauvres de la ville d'Atlanta. La jeune femme a été violée et on lui a arraché la langue, entraînant une hémorragie qui a provoqué son décès. Pour l'aider dans son enquête, un jeune agent fédéral, Will Trent, est affecté à son équipe et soupçonne cette attaque d'être la dernière d'une lignée de viols brutaux. Will n'apprécie pas particulièrement Michael et la réciproque est vraie mais quand la dernière victime est la voisine du policier, le mystère semble se resserrer autour des deux hommes …

Je ne vais pas vraiment être très impartiale sur ce livre car j'adore ce que fait Karin Slaughter et ce roman (qui ne fait pas partie de sa série Grant County) ne fait pas exception à la règle. J'avais pourtant un peu peur de ma réaction car je n'avais pas particulièrement été emballée par le recueil de nouvelles "Like a charm" qu'elle avait publié avec d'autres auteurs. Mais là, la "magie" a fonctionné (si on peut appeler cela magie !). Je ne sais pas pourquoi ni comment elle réussit à tous les coups à m'entraîner dans l'univers souvent glauque qu'elle décrit, me faisant oublier la vie réelle avec la seule idée de me replonger dans mon livre. Dans ce thriller, elle donne la parole à trois personnes : Michael l'inspecteur, Will, l'agent spécial criminologue et John l'ancien prisonnier (dont je n'ai pas vraiment parlé dans mon résumé) d'où le titre de "Triptyque". L'enquête est passionnante, même si on apprend assez vite qui est le meurtrier et que cela arrive comme un choc ! L'intérêt principal tient surtout au déroulement des évènements et on se demande comment justice sera faite. Bien sûr, comme tout bon thriller qui se respecte, les descriptions des scènes de meurtres sont assez détaillées mais l'auteure ne s'appesantit pas trop dessus. Les personnages principaux, même s'ils n'ont rien de très original, sont bien campés et j'avoue que je me suis très vite attachée à l'un d'entre eux (je ne dirai pas qui !). J'ai dévoré ce roman en essayant de ralentir quand même le rythme pour le faire durer un peu plus longtemps. Mes prochaines lectures de Karin Slaughter seront la suite des aventures de Sara le médecin légiste et Jeffrey le chef de la police de Grant County dont il me reste deux tomes à lire.

NB : j'ai hésité sur le fait de mettre un coup de cœur ou non sur ce livre. Mais comme je conserve une petite préférence pour sa série de Grant County, j'ai décidé de faire l'impasse sur les petits cœurs sautillants cette fois-ci (mais il obtient quand même un 5/5 dans mon petit carnet !)

*Lu en anglais*

TriptyqueEdit du 12 juin 2008 : Ce livre vient de paraitre chez Grasset (le 3 juin très exactement), dans la collection de thrillers Grand Format, que j'apprécie particulièrement car ils publient d'excellents auteurs et d'excellents titres (c'était d'ailleurs un must lors des achats quand j'étais bénévole dans la bibliothèque de mon entreprise ... les romans achetés dans cette collection étaient à coup sûr tout le temps empruntés ... un très bon investissement donc !).

KarinSlaughterEt puis, ils ont publié Karin Slaughter, que je désespérais de voir arriver en France ! Elle ne paie pas de mine quand on voit son visage angélique mais elle sait faire frissonner ses lecteurs et elle est une des mes auteures favorites :)

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24 mars 2008

Le rouge vous va si bien ---- Lucie Durbiano

LerougevousvasibienRecueil de sept histoires d'amour impossible, on va y retrouver un Chaperon Rouge amoureuse du loup, une Alice qui suit le lapin blanc et qui se retrouve livrée aux pirates, un mignon d'un roi qui veut être aimé pour ce qu'il est et non pour sa beauté, un jeune homme qui revient dans sa famille pour quelques jours de vacances et qui se sent attiré par la fiancée de son frère, …

Deuxième album de cette auteure que je lis, je dois avouer que même si j'aime bien ses dessins et le choix des couleurs assez vives, je ne suis toujours pas tombée sous le charme. Je dois dire que celui-ci est quand même meilleur que le premier que j'ai lu d'elle mais il reste quand même assez moyen. Si on pouvait penser que son précédent album s'adressait à des ados, celui-ci s'adresse sans équivoque à des adultes (vu les sujets traités et les dessins utilisés). Les différentes histoires sont très inégales : certaines m'ont paru très ridicules ou bien mal exploitées mais une m'a vraiment accrochée (celle de l'escargot amoureux d'une statue). Si tout l'album avait été au niveau de cette histoire, nul doute qu'il aurait réussi son pari. Mais là, je crois que je ne vais plus trop me soucier des autres parutions de l'auteure.

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23 mars 2008

Quartier lointain, tomes 1 et 2 ---- Jirô Taniguchi

Quartierlointain1Quartierlointain2Hiroshi commence à s'approcher de la cinquantaine, il a une femme et deux filles et son travail l'amène parfois à se déplacer dans d'autres villes. C'est au retour d'un voyage d'affaires qu'il s'aperçoit qu'il n'est pas dans le bon train et il se retrouve dans la ville de son enfance. Profitant de l'occasion, il décide d'aller rendre visite à la tombe de sa mère mais s'endort dans le cimetière. A son réveil, il découvre, choqué, qu'il n'est plus l'homme qu'il devrait être mais qu'il est redevenu un garçon de 14 ans. A sa grande surprise, la ville aussi est revenue à l'époque de son adolescence. Après son choc initial, il ne peut résister à l'envie d'aller retrouver sa famille pour revoir encore une fois son père et sa mère …

Je suis complètement sous le charme des dessins de ce mangaka ! La précision du trait, le sens des détails, les décors magnifiques, le noir et blanc mettant en valeur les subtilités de l'histoire font des albums de cet auteur un plaisir de lecture riche en émotion. On ne peut s'empêcher de se demander comment on réagirait nous-même si on avait la chance de revenir dans notre enfance en conservant tout ce qu'on sait et tous nos souvenirs, en conservant notre cerveau d'adulte. On verrait sûrement la vie d'une autre manière, on essaierait sûrement de changer certaines choses, de corriger certaines erreurs et on savourerait tous ces moments précieux, qui nous paraissaient banals à l'époque. Histoire empreinte de nostalgie sur l'enfance et de tendresse pour la vie familiale, elle pose aussi les questions des choix qu'on fait et des conséquences qui en découlent. Une petite merveille !

Les avis de BelleSahi, Kalistina et de Keisha (j'aurais jurer l'avoir vu ailleurs mais je n'ai pas trouvé !)

RoaarrChallengeChallenge Roaarrr : Prix des Libraires 2003 (pour le tome 1) - Prix Japan Expo, Meilleure édition 2011 (pour l'édition spéciale).

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22 mars 2008

Journal d'une disparition ---- Hideo Azuma

JournaldunedisparitionHideo Azuma est surchargé de travail pour les différents magazines de mangas. Il en devient dépressif et alcoolique et, sous prétexte de repérages de décors, quitte le monde qu'il connaît pour vivre isolé dans une forêt, non loin de la ville. Il devient ainsi sans-abri, dormant sous une couverture miteuse, fouillant les poubelles pour trouver à manger et ramassant les mégots. Mais un beau jour, la police le trouve par hasard et le renvoie chez sa femme inquiète qui avait lancé un avis de recherche. Qu'à cela ne tienne, Hideo s'enfuit quelque temps plus tard et décide de devenir SDF dans la ville, passant ses journées à errer dans les rues, buvant copieusement de l'alcool, avant de trouver un travail pour une compagnie de gaz …

Je crois que c'est la BD la plus bizarre que j'ai lu depuis un bon moment ! Le dessin noir et blanc jouant sur les arrondis est agréable à regarder, les décors (pour lesquels Azuma avoue n'avoir aucun don), se fondent parfaitement bien dans l'histoire. Cette autobiographie (édulcorée aux dires de l'auteur) essaie de rester assez légère avec la vision détachée et humoristique que porte Azuma sur ces aventures de vagabond. Mais personnellement, j'ai été plutôt mal à l'aise de voir un homme qui aurait du être équilibré et heureux sombrer par choix dans une vie pareille. On aura quand même un semblant d'explication sur les raisons qui l'ont poussé à ces fuites éperdues (qui ne m'a pas vraiment convaincue), ainsi qu'un bilan de sa carrière (que j'ai trouvé plutôt rasoir car je ne connaissais pas les ¾ des magazines qu'il citait. La dernière partie de l'album (qui est divisé en trois, la première étant sur sa vie dans les bois, surtout centrée sur la nuit et la deuxième sur ses errances dans la vie et son travail dans la compagnie du gaz) clôture l'ensemble en traitant de l'alcoolisme omniprésent dans l'album et du séjour de l'auteur à l'hôpital pour enfin sortir de cette dépendance qui menaçait sa vie. Je ne peux pas dire que j'ai détesté mais je n'ai pas été très emballée non plus. Mon impression finale reste plus une incompréhension de l'auteur et de la société japonaise (car il me semble que la société a été pour beaucoup dans cette descente aux enfers) et un sentiment de perplexité sur les raisons qui ont poussé l'auteur à écrire sur ce sujet alors qu'on sent dans l'interview jointe à la fin de l'album que le sujet est loin d'être considéré comme affaire classée de son côté !

RoaarrChallengeChallenge Roaarrr : Prix culturel Osamu Tezuka, Grand prix 2006.

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21 mars 2008

Orage et Désespoir ---- Lucie Durbiano

OrageetdesespoirOrage et Désespoir sont deux sœurs adolescentes qui partent en vacances avec leur père dans une petite ville bretonne de bord de mer. Elles y retrouvent leurs amis Martin, qui est du coin, et Pierre, qui est lui aussi en vacances dans la région. Ils décident tous d'aller passer l'après-midi à la plage mais Orage manque se noyer en voulant rejoindre à la nage l'Ile aux mortes, sur laquelle des légendes terrifiantes courent. Heureusement, elle est sauvée par un beau jeune homme ténébreux …

Ne connaissant pas du tout cette auteure/dessinatrice, j'ai surtout été attirée par la couverture lors d'une de mes visites à la biblio. Le dessin simple et les couleurs plutôt acidulées m'ont accrochée l'œil et le titre avait aussi un petit côté amusant et mystérieux piquant ma curiosité. Mais ma lecture fut plutôt décevante dans l'ensemble. Partant d'une histoire d'adolescents en quête d'aventure et de mystère, le récit finit par emprunter à d'autres œuvres bien plus connues, que ce soit des BD ou un roman particulier que je ne peux citer sans dévoiler l'histoire et la fin de l'album (mais disons que l'histoire tourne au fantastique). Certaines fois, l'auteure avoue la copie comme sur une vignette ressemblant à un album de Tintin. Cette référence ne m'a pas dérangée car c'est comme un clin d'œil à des choses qu'on a aimé mais il m'a quand même semblé lire une adaptation du fameux roman que je ne peux citer (il me semble que je viens de me retrouver plongée dans Harry Potter avec cette histoire de titre à ne pas dire ! mdr !) et je ne m'y attendais pas donc j'ai eu la sensation d'être flouée (je m'attendais à une histoire plus originale). La fin est un peu abrupte et n'a rien de surprenant, ni d'original et certaines scènes ont des méchants airs de déjà vu. J'ai un autre album de cette auteure et j'espère qu'il sera bien meilleur que celui-ci !

L'avis d'Elfe.

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20 mars 2008

Journal désespéré d'un écrivain raté ---- Mary Dollinger

JournaldesesperedunecrivainMary, écrivain rêvant d'être enfin publiée, plonge dans le milieu de l'édition après avoir été contactée par un homme charmant intéressé par ses écrits. Et c'est l'occasion de se poser la question : qu'en serait-il de nos grands écrivains nationaux, tels que Zola, Balzac, Sand et autres s'ils avaient affaire à des éditeurs à la sauce actuelle, qui ne voient que le profit et le public cible d'un roman …

Voilà un court roman (ou bien est-ce un essai ?) bien tourné, plein d'humour et de justesse. On ne peut s'empêcher de comparer les réactions des éditeurs à notre propre perception des livres devenus à présent des classiques de la littérature française. Il est aussi amusant de deviner quel auteur classique se retrouve sur la sellette car Mary Dollinger ne fait apparaître son nom que dans le déroulement logique de la conversation auteur/éditeur. L'auteure pose aussi la question de la compétence littéraire des éditeurs actuels, qui apparemment raisonnent plus en termes de marketing et de ventes qu'en termes de qualité d'écriture et de richesse du roman. Mais ce n'est pas non plus une diatribe éreintant les maisons d'édition et ceux qui y travaillent: l'ensemble se veut léger et sans jugement. Un petit livre qui mérite d'être lu (en plus, l'auteure est d'origine anglaise mais écrit en français, alors là, je dis chapeau bas !), mais je pense que l'on éprouvera plus de plaisir à cette lecture si on connaît les classiques de la littérature française du XIXème siècle.

Les avis de BelleSahi, Cathulu, Valdebaz, Saxaoul, Antigone.

Merci à BelleSahi qui a fait de ce sympathique petit livre un livre_voyageur

L'excellent blog de l'auteure est ici.

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19 mars 2008

Monster, tomes 1 à 18 ---- Naoki Urasawa

Monster1Monster2Monster3Monster4 Tome 1 : Herr Doktor Tenma
Tome 2 : Surprise party
Tome 3 : 511 Kinderheim
Tome 4 : L'amie d'Ayse

En 1986, le docteur Tenma est japonais mais effectue son internat en Allemagne de l'Ouest. Il a un avenir brillant devant lui : il est très apprécié du directeur de l'hôpital dont il est fiancé avec la fille et il est un chirurgien très doué. Allant contre les ordres de son supérieur, il opère et sauve un enfant de 10 ans, Johann, dont les parents, récents réfugiés d'Allemagne de l'Est ont été assassinés et dont la sœur jumelle est la seule rescapée du massacre. Mais la vie du docteur va changer radicalement quand les 2 enfants disparaissent et qu'il découvre au fil des années que Johann est devenu un tueur sans pitié. Il décide de partir à sa recherche …

Cette série est un grand classique des mangas qui continue à avoir du succès car c'est la première fois que j'arrive à mettre ma main dessus à la biblio ! Les dessins sont typiquement japonais mais très agréables à regarder. La chose qui m'agace toujours dans les mangas (mais qui leur est étroitement liée), ce sont les exclamations, les onomatopées et les bruits souvent peu réalistes mais bon, on finit par ne plus y faire trop attention. J'ai trouvé l'histoire très prenante et bien tournée et elle pose aussi des questions sur l'accès aux soins dans les pays civilisés, les conditions de vie dans les pays de l'ancien bloc de l'Est ou la montée des bandes d'extrême droite par exemple. En complément, on a droit à quelques cas médicaux pour faire bonne mesure et certains des méchants vraiment pas sympathiques. Mais l'intérêt réside surtout dans le suspense qui se crée avec l'émergence d'un tueur sans pitié et des raisons qui l'ont poussé à devenir ainsi. Les rebondissements s'enchaînent, on apprend certaines choses mais de nouvelles questions apparaissent, relançant habilement l'histoire. Vivement que je lise la suite !

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11 mars 2008 : Edit du billet du 14 février 2008 :


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Tome 5 : Après la fête
Tome 6 : La forêt des secrets
Tome 7 : Richard
Tome 8 : Mon héros sans nom
Tome 9 : Un monstre sans nom
Tome 10 : Pique-nique
Tome 11 : L'angle mort

Le docteur Tenma est toujours à la recherche de Johann. Mais les nombreux meurtres qui émaillent le parcours du jeune homme font du docteur un suspect potentiel, recherché par la police. Son portrait est affiché partout dans les journaux et Tenma ne sait plus vraiment à qui il doit faire confiance et sa quête du monstre va l'amener à rencontrer des personnages divers et plonger dans les milieux de la finance et de l'ancien bloc de l'Est …

Je continue ma lecture de cette série qui ne perd pas en rythme et en intérêt. Les nombreux rebondissements maintiennent mon attention et ne paraissent pas forcés ou artificiels et les sujets variés traités sont intéressants : le milieu de la finance, l'adoption d'enfants, la vie des immigrés sans papiers, la corruption et la manipulation de certains milieux tels que la police ou la presse … L'ensemble ne manque pas de diversité et il est toujours intéressant de découvrir la perception de l'Europe qu'a un japonais (qui d'ailleurs s'est particulièrement bien documenté et qui donne un réalisme aux dessins grâce aux détails précis). L'intrigue policière reste toujours aussi passionnante et on a bien sûr envie d'en savoir plus ! Je suis toujours autant enchantée de cette lecture … plus que 6 tomes pour connaître la fin !!!!

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19 mars 2008 : Edit du billet original du 14 février 2008 :

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Tome 12 : La villa des roses
Tome 13 : Evasion
Tome 14 : Cette nuit-là
Tome 15 : La porte de la mémoire
Tome 16 : Je t'attendais
Tome 17 : C'est moi
Tome 18 : Scène d'apocalypse

La traque de Johann touche à sa fin et les mailles du filet se resserrent. Le docteur Tenma , après des recherches dangereuses qui vont l'amener en République Tchèque, espère enfin trouver le jeune homme et arrêter les meurtres qui ont émaillé leurs parcours. Heureusement, le docteur n'est pas seul, ses pérégrinations l'ont amené à rencontrer des personnes qui veulent elles aussi arrêter le monstre et obtenir des réponses à leurs questions. Mais Johann a l'air d'avoir lui aussi des appuis solides de son côté …

Et voilà, j'ai fini la lecture de cette série et j'avoue que j'ai quand même été un peu déçue par la fin, qui ne m'a pas paru franchement très claire, qui me fait penser à d'autres histoires (je ne vais pas dire lesquelles pour ne rien dévoiler) et qui m'a semblé ainsi plus banale que ce à quoi je m'attendais. De plus, cette fin reste ouverte sur certains points (certains ne me gênent pas, au contraire, mais d'autres paraissent tirés par les cheveux). Apparemment, ce mystère qui continue de planer à la fin semble voulu par l'auteur mais compte tenu de la complexité de l'histoire et du nombre de personnages, je me demande plutôt si Urasawa ne s'est pas retrouvé emberlificoté dans une histoire qu'il ne savait plus vraiment clôturer ! Les questions identitaires posées par cette série sont très intéressantes, les différents sujets traités (plus ou moins en détail) sont actuels et bien menés, les personnages sont attachants (sauf les méchants … mais bon, qui est vraiment méchant et qui a été poussé à la méchanceté … mystère !), le dessin agréable mais je conseillerai à quiconque veut se lancer dans cette lecture de lire les différents volumes dans la foulée sous peine de se perdre dans les méandres de l'histoire qui se révèle très touffue. Comme cette série paraissait sous forme de feuilleton au Japon, l'auteur, pour accrocher ses lecteurs et les tenir en haleine, a créé un mystère compliqué, avec des nombreux personnages plus ou moins liés entre eux, qui apparaissent et disparaissent au gré des besoins de l'histoire, et j'ai quand même peur qu'à force d'essayer de maintenir ce "feuilleton" dans la durée, Urasawa ait poussé le bouchon un peu trop loin pour donner un final cohérent, compréhensible et plausible à sa quête du monstre. Mais une bonne lecture quand même qui mériterait sûrement une relecture à tête reposée, pour mieux assimiler toutes les infos et comprendre un peu mieux les tenants et les aboutissants de la fin.

Les avis de Hilde, Caroline, Essel et Tamara.

RoaarrChallengeChallenge Roaarrr : Prix culturel Osamu Tezuka, grand prix 1999 - Prix Japan Expo, catégorie manga, prix Seinen 2006 - Prix Japan Expo, catégorie manga, prix scénario 2006 - Prix Japan Expo, prix public/catégorie manga, prix Seinen 2007. 


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